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 elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)

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Western Highlands and islands

▷ ÂGE IRL : 23
▷ MESSAGES : 1005
▷ INSCRIPTION : 14/09/2012
▷ LOCALISATION : dans un champs de dryas.
▷ ÂGE : 28 ans.
▷ HUMEUR : perplexe.

THA GAOL AGAM ORT.
Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux. Car alors pour toujours à l'horloge de ton coeur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique de ton coeur sera brisée de nouveau.

MessageSujet: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Mer 6 Fév - 20:48

Il faut que nous parlions, avait-elle murmurée derrière sa longue chevelure de jais. Mais pas ici, avait-elle rajoutée, quelque part, loin du domaine. Je suppose que c'est parce qu'il est des choses que les autres ne doivent à savoir, et même si au départ, je tenais à l'entendre dans un des couleurs sinueux du château, j'ai laissé Eireen gagner à ce combat que je ne pouvais que perdre d'avance. J'ai remarqué sa voix froide, rude, et son regard aussi gelé que des dryas en hiver. Ce n'est, sans une certaine appréhension que je reste planté dans ce champs à regarder l'horizon qui se dresse devant moi. Mon coeur, tangue, claque, comme un danseur effréné dans son art, il ne peut s'arrêter avant d'avoir totalement époustouflé ceux qui regardent, ceux qui s'intéressent. Je ne vois ni grande lumière, ni sombre nuit qui s'approche. C'est un automne vide qui s'amuse de nos pauvres personnes, si certains meurent de froid, j'avoue être heureux de me contenter de mes vêtements et de cette cape qui me protège des vents vicieux. Pourquoi ici, pourquoi maintenant, pourquoi moi ? Qu'ais-je fais de mal ? Comme si, son très cher frère ne faisait pas assez de dégâts comme ceci. Cette pensée m'arrache un violent frisson, comme un haut-le-coeur. Un dégoût divin, qui ne peut que me prendre directement aux entrailles et une vague nerveuse m’envahis. Réfléchir, supposer des hypothèses dingues, sans jamais arriver à trouver bonne solution. Que vais-je faire, que vais-je devenir ? Je ne puis me résigner à mettre sa vie en danger, et pourtant, je ne veux me priver de ses sourires, de son regard clair et sa voix agissant comme une mélodie. Est-ce si ignoble d'aimer quelqu'un, d'avoir droit à de telles paroles parce que je donnerais ma vie pour sauver la sienne ? Je crois qu'il en est ainsi, que de toute façon, nous sommes nés pour cela. Souffrir un instant, un moment bien distinct, et la fin ne sera que trop douloureuse. Un peu plus vite, toujours plus d'ailleurs, j'ai mal. Je pourrais tout avouer, lui dire que si je préfère la distance, c'est pour cette flamme que je tiens à préserver chez lui. Qui sait de quoi Eremon serait capable, je ne veux qu'il soit au courant, qu'il sache que j'ai pu lui dire. Je reste un pauvre muet à qui l'on a arraché la langue, et celui qui tenait le couteau n'était que ce cher ami d'armes. Qui ne peut faire mieux que lui après tout, j'en viens à remettre en questions nos années passées. Ses rires étaient-ils faux, ses parades, ses paroles sensées ? Mes prunelles se baissent sur le sol, je croise les fleurs qui perdent de leurs couleurs, de leurs existences. Je veux me dire que ce n'est qu'une mascarade, que je suis en ce moment même dans mon lit en train de dormir, que les paroles murmurées, hurlées, ne sont que des bêtises. Je veux oui, mais je ne le peux. Si les ours maudits existent, les monstres humains aussi. C'est un fait indéniable qui m'arrive dans la figure de plein fouet, il est difficile de se dire qu'une confiance à pu être bafouée, brisée pour des idées que je considère à ces jours comme stupides. Ce n'est pas bien, c'est Deoridh que tu dois à aimer, et non pas lui. Tu n'as pas le droit, et tu dois vivre avec ce fardeau sur le dos, jusqu'à ce que j'en décide autrement. Si je regarde le sol, je ne vois malheureusement rien, trop perdu dans mes pensées pour me permettre de voir le reflet des dryas sous ce peu de soleil. Quand l'hiver viendra, le soleil ne sera plus là, et seul le gris pourra mettre en avant ce blanc qui qualifie tant ces fleurs. Je ne devrais être ici, pourquoi un tel endroit pour voir Eireen d'ailleurs ? J'aurais pu simplement dire la forêt, ou bien un quelconque lieu éloigné. Pourtant, contre toute attente, j'ai préféré le champs. Un endroit dans mes souvenirs, dans mon passé comme dans mon présent, quant à mon futur je ne saurais dire si le destin sera à mes côtés pour que je puisse continuer à les effleurer du bout des doigts. Ce n'est seulement qu'un sourire morne que j'arrive à offrir au monde.

Plus de réelles couleurs qui me paraissent belles à voir, quand le bourreau vient pour vous couper la tête, l'on fini par voir les choses d'une différente façon. Parait-il même que toute notre vie défile sous nos deux prunelles, pour nous rappeler nos bons comme nos mauvais souvenirs, nos exploits comme nos méfaits. Je n'arrive à les voir, et pourtant, une partie de moi se met à défaillir, sans que les personnes qui m'entourent ne le remarquent. Slàine veut à croire que mon mariage est idyllique, Deoridh est habituée à s'enfermer dans sa pièce de souffrance, et quant au reste ? Ils ne se posent plus réellement la question. Personne ne le sait, personne ne doit le savoir. Quand bien même l'on se demanderait pourquoi j'ai les yeux attristés, je répondrais de la guerre, de la fatigue et non pas de cette flèche lancée. Déglutissant alors, j'entends des bruits de pas. C'est sans réelle surprise, que de loin, je peux y voir sa chevelure foncée. Elle volette doucement au vent, ses yeux, sa mine sur le visage ne présage rien de réellement bon, et pour tout dire, j'ai cette étrange impression dans mon estomac. Parait-elle énervée ? Même le mot ne serait pas assez fort. Je devrais pourtant, avoir cette habitude de la voir avec cette mine mécontente, après tout, Eireen reste fidèle à son caractère digne des Dunegan. Mais, cette fois-ci, je ne saurais l'expliquer, ni répondre à ma propre question. Même si la curiosité s'en mêle, j'en fronce seulement les sourcils. Laissant le vent siffler à mes oreilles, après quelques pas, la voilà face à moi, dans toute sa grandeur, sa splendeur. C'est une âme de noble que je vois, dans un corps de femme. Eireen est cette exception à la règle posée sur papier, elle est cette fragilité que personne ne peut atteindre. « Que me veux-tu ? » Seuls ces quatre mots me viennent à l'esprit, et ma bouche vient à trahir ma pensée. Ne pas s'arrêter sur de simples présentations et les politesses, non, je n'en ai guère besoin avec Eireen, après tout, à quoi bon ? Elle n'est pas de ceux qui attachent de l'importance à l'apparence, pas de ceux qui baissent les yeux quand on les regard de haut. Plus vous voudrez la mettre bas, plus elle grandira jusqu'à briser vos os sous ses mains. Si Eremon est d'un caractère animal, sa soeur n'en est pas moins de la même graine. Si tu tombes, tu dois te relever, Esras le disait bien souvent et je suppose qu'elle en a retenu la leçon. Une femme ne doit se comporter ainsi, mais, ce n'est pas une jouvencelle au rire cristallin, c'est Eireen Dunegan.

_________________
Mo brèagha bruadar.
Si parfois il t'arrive d'y penser, ne regrette ni les bonheurs, ni les souffrances que nous avons partagés, car ils sont ce qui me raccroche encore à toi, malgré nos chemins séparés. Je sais qu'un jour, ta route finira par de nouveau croiser la mienne.


Dernière édition par Aindreas MacNeil le Sam 11 Mai - 14:24, édité 2 fois
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Western Highlands and islands

▷ MESSAGES : 1277
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▷ LOCALISATION : Probablement en train de traumatiser un homme de plus quelque part dans les Western Highlands
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« I am a lion-hearted girl »
Woman ? Is that meant to insult me ? I would return the slap,
if I took you for a man.


I want to weep. I want to be comforted. I'm so tired of being strong. I want to be foolish and frightened for once. Just for a small while, that's all. A day. An hour.

MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Mar 12 Fév - 17:39


« The most terrible things men do,
They do in the name of love. »


J'avais toujours été une créature sauvage. Je n'avais jamais réellement compris pourquoi j'étais ainsi. Je n'avais pourtant pas été élevée dans un milieu qui favorisait ce genre de comportement. Peut-être était-ce justement parce que de tout temps, on avait essayé tellement fort de faire de moi une femme vertueuse et admirable que j'avais ressenti le besoin de me rebeller. Je ne voulais pas passer ma vie enchainée à des principes qui me paraissaient absurdes. Parce qu'une vie, je n'en aurais qu'une, et que quelque chose me disait qu'elle ne serait probablement pas très longue. Alors je n'avais pas envie de la gâcher, ou plutôt de laisser mon entourage se charger de la gâcher. C'était dur, de penser de cette façon. Je savais que ce n'était pas ainsi que j'étais censée parler, me comporter. Pour une simple et bonne raison : je me comportais comme un homme, et non pas comme une femme. Si j'étais née homme, personne n'aurais seulement songé à essayer de me faire changer. Était-ce vraiment de ma faute ? J'avais grandi dans un monde d'hommes, un monde où les femmes étaient effacées. J'avais passé mon enfance dans les jambes de mon frère. Longtemps, on m'avait laissée faire. Et puis un jour, sans que je m'y sois attendue, on m'avait demandé de porter des robes et d'apprendre à broder. Pourquoi n'avais-je pas le droit d'apprendre à me battre ? Pourquoi devais-je me plier à la volonté des hommes ? Je n'avais jamais compris. La réponse parce que tu es une femme ne m'avais jamais satisfaite. C'était pire, jour après jour. Il me semblait que j'étais en train de me noyer dans un monde que je ne comprenais pas, que je ne comprendrais jamais. J'avais l'impression de me tenir au milieu d'un champ de bataille en permanence. Autour de moi, tout était tellement bruyant, tellement chaotique. J'étais perdue. Je ne parvenais plus à contrôler cette créature sauvage. Depuis que je savais pour Eremon, pour Aindreas, pour Cailean, je n'avais qu'une envie, la laisser s'exprimer. La laisser gronder, hurler, frapper. Je ne comprenais pas comment les choses avaient pu dégénérer ainsi. J'avais pourtant l'impression qu'il n'y avait pas si longtemps que cela, nous étions encore tous heureux. Je me souvenais des regards qu'Eremon et moi échangions lorsque Père tentait désespérément de nous faire la morale. Je me souvenais d'avoir passé des heures avec Cailean, le nez plongé dans de vieux ouvrages. Je me souvenais du temps passé dans les champs de dryas avec Aidreas, à parler de tout, de rien. Je me souvenais... Je ne me souvenais pas du moment où tout cela avait cessé. C'était comme si tout à coup, j'avais ouvert les yeux et je m'étais rendue compte que tout avait changé. C'était terrifiant.

J'étais davantage terrifiée à l'idée de perdre mon frère. J'aurais dû savoir que les choses n'étaient pas telles qu'elles semblaient être. Naïve que j'étais, tout ce que je voyais, c'était mon frère, en train de dépérir peu à peu. Je ne songeais pas que peut-être, Aindreas et Cailean souffraient le martyr eux aussi. Parce qu'en dépit de tout ce que nous avions pu partager, ils n'étaient pas mon frère. De façon tout à fait inexplicable, je m'étais mise à détester Aindreas. Ou plutôt, je faisais de mon mieux pour m'en convaincre. Je ne pensais plus avoir le droit de l'aimer. Il faisait souffrir mon frère terriblement et pour cette simple raison, je devais cesser de penser à lui comme à un ami, comme à un frère. Il y avait pourtant une petite voix dans le fond de ma tête qui me hurlait que tout ceci était injuste et insensé. À chaque fois que je croisais Aindreas, j'avais une terrible envie de le violenter. Si je me retenais, ce n'était pas parce que je n'en avais pas le droit. C'était simplement parce que les choses que je risquerais de lui dire, il valait mieux que personne ne les entende. J'avais encore assez d'esprit pour avoir en avoir conscience. Mes mots pourraient les perdre tous les trois. Et si j'avais envie de hurler ma haine au visage d'Aindreas, je n'avais pourtant nul envie de le voir pendu au bout d'une corde ou sur un bucher. Parce que malgré tout, si je le détestais... eh bien, je l'aimais aussi. Quel dommage que j'ai envie de le gifler à chaque fois que je posais les yeux sur lui ou croisais son regard.

Je l'avais rencontré dans un couloir et cela avait été plus fort que moi. Il faut que nous parlions, avais-je murmuré. J'avais rajouté qu'il fallait que ce soit ailleurs, loin. Là où personne ne pourrait nous entendre. Là où nous pourrions nous dire tous les mots qui blessent sans nous soucier des autres. À dire vrai, j'ignorais à quoi m'attendre. J'avais tellement, tellement de peine pour Eremon, que j'avais envie de cracher toutes les horreurs du monde au visage d'Aindreas. Je réalisais, avec effroi, que je voulais le blesser. Je voulais lui faire autant de mal qu'il en avait fait à mon frère adoré. Je me haïssais pour en avoir simplement envie. Comme la nature humaine est étrange... Les poings serrés, je m'étais mise en route. Nous n'avions pas convenu d'un endroit où nous retrouver, mais je supposais qu'il serait au champ de dryas. Si nos places avaient été échangées, je m'y serais rendue d'instinct. C'était l'endroit où nous passions... avions passé le plus de temps ensemble.

C'est drôle, comme mon cœur se serra lorsque je le vis, se tenant droit au milieu du champ. Je secouai doucement la tête. Ce n'était pas le moment d'être sentimentale. Arrivée à sa hauteur je me plantai devant lui, les bras croisés sous ma poitrine. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Si je n'avais pas eu les yeux voilés par la colère, j'aurais vu à quel point il avait l'air misérable et fatiguée. Mais j'étais aveugle, je ne voyais rien. Les dents serrées, je soutenais son regard, faisant fi de toutes les conventions. Faisant fi de tous ces souvenirs heureux que nous partagions. Je n'entendis pas ce qu'il me dit. J'étais sourde en plus d'être aveugle. Je serrais mes poings si forts que mes phalanges prirent la couleur de l'ivoire et mes ongles mordirent ma peau. Je fis taire la douleur. Il devait y avoir tant de haine dans mon regard que ce devait être effrayant. Et blessant. Jamais, ô grand jamais, je n'avais regardé Aindreas de cette façon. Je n'aurais jamais osé. Et puis j'avais su, et tout avais changé. Il y eut comme un bruit sourd, une douleur traversa mon bras droit, et du sang coula. Je ne me rendis pas compte tout de suite que je l'avais frappé. Et puis, je vis son visage. Il y avait du sang, là où je l'avais frappé. J'aurais pu ne pas m'en vouloir, si je n'avais pas croisé son regard. Ce fut comme si en le frappant, je m'étais frappée moi-même. Je sentais la brulure sur mon propre visage. Je suis désolée, eus-je envie de murmurer. Je fis un pas en avant, je tendis les bras... Et puis le regard désespéré de mon frère me revint en mémoire. Mes bras retombèrent le long de mon corps, mon air se durcit. « Libre à toi de me faire pendre pour cela une fois cette conversation terminée. » Pendant un long moment, je restai silencieuse. Et puis, je le frappai de nouveau. Avec les mots. « Je sais tout, Aindreas. Pour Eremon, pour toi, pour Cailean. Je sais ce que tu as fait à mon frère. Tu l'as tué, Aindreas. Je ne te le pardonnerai jamais. Jamais. »

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MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Lun 18 Fév - 23:39

Attendre son bourreau en souriant, le voir arriver et ne lâcher qu'un rire minable et surtout nerveux à souhait. Ses yeux cachent cette rancoeur que je n'ai jamais aimé à regarder, et je me souviens que quand nous étions enfants, un regard d'une telle grandeur n'était jamais bon, si ce n'est dire presque mauvais. Il en était ainsi quand une mauvaise blague tournait au désastre, quand quelque chose se brisait par ma faute ou celle d'Eremon. Eireen avait beau être plus jeune - et l'être toujours -, elle avait cette maturité que personne ne pouvait briser ou même contrecarrer. Eremon a beau avoir le caractère de son très cher père, Eireen est un beau mélange entre Eanna et Esras. Une folie animale l'habite et contrairement à bien des femmes, elle est indomptable, ou du moins, avec très peu de facilité. Je me souviens avoir eu droit à des moments calmes, où je l'entendais se plaindre de son aîné car il ne vivait que pour manier l'épée, et moi geindre de mes cadets parce qu'ils étaient bien difficiles à gérer. Pourtant, elle a été là le jour du décès de mon père, elle a posé sa main sur mon épaule, ce regard compatissant que je n'ai jamais oublié. Il parlait à la place de ses lèvres, et je pouvais y lire : je serais toujours là, quoi qu'il puisse arriver. Les Dunegan ont toujours été fidèles à notre famille et la jeune demoiselle ne fait guère exception à la règle. Eireen ne fait qu'adoucir les douceurs internes par des sourires, des phrases avec des sens qu'autrefois je n'arrivais à voir. Cette intelligence un peu fourbe et cette franchise vous mordant directement au cou. Je me souviens de la petite fille avec qui je parlais durant des heures, lui déblatérant mes croyances les plus profondes alors qu'elle ne voulait en entendre parler. Malgré ma bonne volonté, à ces jours, elle ne veut toujours y croire, ou du moins, pas que je le sache. Un oiseau libre oui, mais mêlé à sa force d'ours. Elle reste mon seul espoir en cette famille qui vient de lourdement tomber dans mon estime, ce petit scintillement au loin, telle une étoile vers qui je peux me tourner. Ce point chez moi causera ma perte, je le sais, j'en suis conscient, mais tant que les mots ne sont tombés, tant que j'y croirais, je resterais ainsi. Aveugle mais voyant, sourd mais entendant, muet mais parlant malgré tout. Je redoute comme je veux à l'approcher, après tout, il en est ainsi avec ceux qui sont sauvages. Apprivoiser un petit peu, avoir des yeux confiants, pourtant, je ne peux que redouter une morsure de sa part, et je sais qu'elle sera surement décisive. Même devant la colère les miséreux ne sont pas épargnés. Qu'importe le visage, la famille ou même la couleur de peau, la mort, la vie et la colère ne laissent derrière eux que des traces rouges, dégoulinantes sur les murs. Sauf que je ne m'attendais guère à une telle bataille, à tant de violence de sa part. Une remontrance certes, mais, à peine ais-je eu le temps de lever les yeux que sa main s'abattait sur ma figure. Impuissant, j'ai seulement fermé les yeux.

Mes pensées se mélangent, tombent au sol pour s'y briser avec une nonchalance telle, que seul le bruit de son poing - ou de sa gifle, je ne saurais le dire -, résonne, faisant presque voler les oiseaux qui ont assistés au spectacle tout sauf heureux de l'homme désespéré et la femme enragée. Un liquide chaud, non pas des larmes, mais celui qui m'est vitale, et pour nous tous d'ailleurs. Vermillon, brillant au soleil, ma main se glisse alors sur ma joue, chaude, blessée. J'entends même mon pauvre coeur claquer contre elle, la peau pulser et le sang ne faire que son maigre travail, afficher sans vergogne cette haine lancée dans ma pauvre figure. Papillonnant seulement des yeux par la suite, je sens cette petite goutte glisser sur mes lèvres, dégringolant même le long de mon cou. Doucement. Quelques secondes, même quelques minutes finissent par passer, sans qu'aucun son ne sorte de ma pauvre bouche, ma gorge coince mes mots, ma rancoeur, ce goût ignoble que je peux avoir dans la bouche. C'est le goût de la faucheuse qui vient de me trancher gentiment la peau, faisant de manière malhabile son hideuse vergogne. Ma main vient à se poser sur mes lèvres, dégageant cette chose qui hante mes nuits, comme mes jours, qui fait place dans mes rêves et mes cauchemars. Saigner même hors d'une guerre, hors des hurlements, est-ce possible ? Eireen vient de me donner cette preuve que j'attendais tant. Même avec la paix, il faut savoir préparer les armes, et il faut savoir se méfier plus de ses proches que de parfaits inconnus. « Libre à toi de me faire pendre pour cela une fois cette conversation terminée. » Je ne veux la regarder, pas tout de suite. Pour tout dire, sa phrase même me parait sans aucun sens. Le coup éclaté sur ma joue, a un petit peu touché mon oreille, ne laissant qu'un sifflement désagréable en tout points. Me serais-je douté qu'une telle force pouvait vivre en elle ? Que même un homme ne pourrait rien contre ses mains castratrices ? Jamais, ô grand jamais. Si Eireen est une femme à parler, à laisser sa bouche s'ouvrir trop souvent, je ne l'ai jamais vu lever la main sur quiconque. Après tout, son statut de guérisseuse laisse à penser qu'elle est douce, tendre avec son prochain. C'est une blague oui, salace, dont je viens seulement de comprendre la chute. Fronçant les sourcils, ma main maintenant dans les airs, du sang coulant un peu entre les doigts, ce n'est rien comparé aux cicatrices oui. Mais, la douleur quant à elle, restera toujours ancrée dans mon âme. « Je sais tout, Aindreas. Pour Eremon, pour toi, pour Cailean. Je sais ce que tu as fait à mon frère. Tu l'as tué, Aindreas. Je ne te le pardonnerai jamais. Jamais. » Son venin commence à me toucher, et même le sang coulant ne pourra rien y faire. Non, là, elle s'attaque à un terrain qu'elle ne devait guère connaitre et à cette idée, mon coeur éclate, explose, implose contre mon torse. Mon estomac se veut douloureux, et mes mains se crispent. Je sais tout, Aindreas. La gentille petite fille n'existe plus, laissant place à une femme Dunegan oui. Si le frère tient à faire de ma vie un tas de cendres, brûlant encore, Eireen n'arrange en aucun cas les choses et j'en suis dégouté. Au plus haut point. De la panique, de la peur, de la rage, et cette tristesse que personne ne pourra réellement combler. De la confiance bafouée jusqu'au bout des doigts, de la tête aux pieds, touchant même le moindre petit cheveu. Un rire fourbe, faux, fou. Je laisse mon nez saigner, après tout, qu'importe ce qu'elle me fera, qu'elle laisse ses mains parler, que sa bouche crache, que ses pieds écrasent mes os, elle ne pourra pas faire pire que ce que son cadet a fait. Jamais. Les yeux baissés, fixant avec intensité ma main, j'ajoute, comme perdu dans un vide constant. Je l'ai tué, parait-il, qu'elle me raconte. Je me suis douté lui avoir fait du mal, pour avoir monté un tel stratagème, pour en venir à me menacer. Pour mon bien être, oui, il en est de ma santé mentale, de Deoridh, de tout le clan MacNeil. « Serais-tu comme ton frère Eireen ? Quand rien ne semble aller comme tu le voudrais, tu utilises la force ? » Mon visage dévoré par la colère, si je suis déçu ? Oui, et je pourrais même à le hurler. Si cette demoiselle peut manier les mots et les phrases, je peux à mon tour faire du mal. Moi sans ma défense, sans cette répartie, je ne suis qu'un pauvre agneau offert au loup. Me retournant d'un coup sec, dans mes yeux, je n'y sens que l'ombre s'installer, lourdement, sans aucune finesse et pour tout dire, je craindrais même à me transformer en bête. Un sourire s'accroche à mon visage, tout comme mon rire entendu il y a quelques secondes, il ne veut rien signifier. Parce qu'après tout, il ne veut rien dire. « Alors fais donc ma chère, frappe si l'envie vient te prendre ! Arrache moi la peau, enlève mes yeux, ne fait de mon visage que des cendres, et amuse toi à faire la ménestrelle avec mes os ! Qu'attends-tu ? » Les plaintes d'un homme fatigué, d'un homme au bout de sa vie qui n'en veut plus, qui n'arrête plus de se prendre épée sur épée. La voix forte, le sang coule encore, et encore. Cette brèche qu'elle vient à ouvrir par sa propre puissance, le dos de ma main passe alors sur ces quelques gouttes, les faisant s'étaler sur ma joue opposée. La dénoncer ? Même si j'aimerais à fermer les yeux, même si le nom Dunegan ne vient plus rien dire maintenant à mes oreilles, je ne peux la dénoncer, la faire pendre, ne faire de son corps qu'un tas de viande brûlé. Même si aimer peut faire faire des choses, changer votre opinion, les souvenirs prennent le dessus, et que même si le mal peut venir à grande dose, le bien aussi est parmi nous. Même Dieu ne peut agir, ne peut rien y faire ou y dire. Parce que de toute façon, il n'y a rien à ajouter de plus.

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Dernière édition par Aindreas MacNeil le Sam 11 Mai - 14:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Lun 25 Fév - 10:14


« The most terrible things men do,
They do in the name of love. »


Je regrettais de l'avoir frappé, très sincèrement. Mais j'étais impulsive. Je l'avais frappé sans même m'en rendre compte. Mère me disait souvent que j'agissais avant de penser. Elle avait tellement raison. Hélas, je n'y pouvais rien. Je n'aurais jamais pensé frapper Aindreas un jour. Et même après l'avoir fait, je n'osais le croire. Si je ne le montrais pas, j'étais choquée. La main avec laquelle je l'avait frappé était douloureuse. Il saignait, mais il me semblait que moi aussi. Mon cœur battait à toute vitesse dans ma poitrine. Une petite part de moi aurait voulu s'excuser et faire demi tour. Mais ce n'était qu'une toute petite part, qui bien vite fut écrasée par la plus grosse, celle qui avait envie d'en découdre avec Aindreas. Aindreas, Aindreas, Aindreas. À chaque fois que je songeais à lui, à chaque fois que je prononçais son nom, il me semblait que c'était avec plus de haine que la fois précédente. Cela ne me plaisait pas. Parce que si je détestais ce qu'il avait fait, ce qu'il faisait, c'était la situation que je voulais détester, pas lui. Pourtant il semblait que je cessais peu à peu d'aimer Aindreas pour me mettre à le haïr. Pendant tellement longtemps, je l'avais considéré comme mon propre frère. Jamais je n'aurais songé un jour le traiter différemment d'Eremon. Et cependant... J'avais découvert que les liens du sang étaient plus forts. J'avais choisi d'en faire un frère, mais jamais il ne me serait cher comme Eremon pouvait l'être. Ce n'était pas dans mes habitudes de montrer ce que je ressentais. Pas parce que c'était malséant, mais parce que cela m'insupportait. Je faisais tellement d'efforts pour ne pas être traitée comme une idiote sentimentale que je faisais de mon mieux pour ne rien laisser paraître. Cela ne voulait pas dire que je ne ressentais rien. C'était même le contraire. Combien de fois m'étais-je réveillée au beau milieu de la nuit, en sueur, après un mauvais rêve ? Combien de fois m'étais-je enfermée dans ma chambre pour pleurer, pleurer et encore pleurer ? Tous s'imaginaient que j'étais forte, indomptable... Aucun ne savait que jour après jour, moi aussi, je me brisais. Seulement, personne ne le voyait.

Le sang avait coulé. Sur son visage, sur ma main. Comment peut-on oser dire que le rouge est la couleur de l'amour quand il est aussi celle de la douleur ? Peut-être parce que l'on ne peut les dissocier. Aimer, c'est souffrir, toujours. Tout ce qui se passait autour de moi ne me donnait pas envie de tomber amoureuse à mon tour. Rien ne m'effrayait davantage que d'offrir à un homme le moyen de me détruire. Il ne s'agissait que de cela. Donner à quelqu'un le moyen de vous ruiner et espérer qu'il ne le fera pas. Il était absolument hors de question que cela m'arrive. Non, je ne voulais pas... Est-ce qu'Aindreas et Eremon l'avaient voulu ? Sans doute que non. Aucune personne saine d'esprit ne le voudrait. Le problème avec la passion, c'est qu'elle s'impose. On ne choisit pas ce que l'on ressent. En revanche, on peut choisir la façon dont on se comporte. C'était ce que je reprochais à Aindreas. Son comportement. Il me donnait l'impression d'agir comme si il était le seul à souffrir, et cela me donnait envie de lui arracher les yeux. C'était idiot, mais je ne supportais pas son regard. Il avait le même regard qu'un homme condamné à mourir. Pourquoi fallait-il qu'il ait ce regard ? Cela rendait tout encore plus dur. Il fut pourtant bien vite oublié, ce regard perdu, lorsqu'il m'accusa d'utiliser la force comme mon frère. Je fronçai les sourcils, serrai les poings. Je me forçai à les rouvrir. Non, je ne le frapperais pas de nouveau. Une fois, c'était déjà bien assez. Je ne devais pas laisser l'impulsivité qui me caractérisait prendre le dessus une fois encore. Ce conflit ne pouvait se régler avec les coups. Je ne pensais pas que la violence physique puisse arranger quoi que ce soit. Frapper soulageait, oui, mais après ? Ensuite, c'était pire. Car une fois que le sang a coulé, il n'y a plus aucun retour possible. Mais, les mots ne font-ils pas plus mal ? Si l'on vous frappe, vous saignez, vous avez mal, mais vous guérissez et bientôt il n'y a plus nulle douleur pour vous rappeler cette blessure. Les mots eux, s'appliquent à infecter les plaies qu'ils ont ouvertes. Les mots vous tournent dans la tête, vous piquent et vous mordent sans vous donner le moindre répit. Les mots blessent et le temps lui même ne saurait guérir ces blessures. Il est aussi facile de tuer avec des mots qu'avec une épée. Cela prend seulement plus de temps.

« Arrête, tais-toi donc ! » Si mes mots le blessaient, il en était de même pour le sien. Peut-être aurais-je préféré qu'il me gifle à son tour. Hélas, Aindreas ne frappait pas les femmes... « Il faut que tu arrêtes, Aindreas. Tu te comportes comme un martyr, comme si tu étais le seul à souffrir. As-tu seulement regardé autour de toi ? » Moi, j'avais regardé. Je voyais mon frère dépérir de jour en jour, je voyais Deoridh perdre sa lumière... Je n'avais pas encore osé m'aventurer auprès de Cailean. C'était étrange, je ne parvenais pas à le détester. Peut-être parce que ce n'était pas de lui, que mon frère était amoureux. La haine, c'était un sentiment très étrange. « Tout autour de toi tombe en ruines, mais tu ne t'en rends pas compte, tu es beaucoup trop occupé à être désolé pour ta propre personne. Pour l'amour du ciel, ouvre les yeux et comporte toi en homme ! Nous ne sommes plus des enfants. » Hélas, mille fois hélas, nous n'étions plus des enfants... Était-ce parce que nous avions grandi que le monde ne semblait plus attirant, ou avait-il simplement perdu toute sa beauté ? Où étaient passés les rires, les sourires, les plaisanteries lancées dans les couloirs, les secrets murmurés aux oreilles ? Les rires ne résonnaient plus, les sourires avaient disparu, on ne plaisantait plus et les secrets étaient devenu poison. J'aurais voulu être une petite fille de nouveau. Quand nous étions enfants, Aindreas et moi passions tellement de temps dans les champs... Et ce n'était ni pour nous frapper, ni pour nous lancer des horreurs aux visages. Dans mes souvenirs, le soleil brillait toujours, les dryas en fleurs. Alors que le présent était si terne... Le monde paraissait fait de nuances de gris et de noir, et rien d'autre. Il n'y avait guère que l'écarlate du sang pour éclairer ce tableau un peu trop sombre. Et ce n'était que pour y ajouter une note tragique et sinistre. Qu'aurait-il pu y ajouter d'autre ?

« Il y a une part de moi qui te déteste, Aindreas. Qui te déteste pour ce que tu as fait à mon frère. Tu n'as rien vu, n'est-ce pas ? Non, bien sûr que non, tu n'as rien vu. Il est en miettes, et j'ai songé à t'arracher le cœur pour le réduire en miettes lui aussi. Seulement vois-tu, il me semble qu'il l'est déjà, alors à quoi bon ? » Oui, à quoi bon ? Il n'y avait plus rien à casser ! Tout, tout le monde était brisé ! J'avais l'impression d'évoluer dans un univers de pantins désarticulés, de poupées de porcelaines au visage craquelé. Et comme j'étais une femme têtue, je m'étais mis en tête de réparer tout le monde, de panser toutes les plaies patiemment. Je voulais soigner les corps et les esprits. Tâche ardue que celle-ci. Je n'en pouvais plus de toute cette douleur autour de moi, je n'en pouvais plus. Elle me rendait folle, me donnait envie de hurler, m'arracher les cheveux et me jeter dans le premier lac venu. « Seigneur, Aindreas, tu ressembles à un chiot dont on aurait marché sur la queue. » Je soupirai, passai une main dans mes cheveux emmêlés. « Tu tends le bâton pour te faire battre, mais je ne vais pas le prendre, non, je ne te ferai pas ce plaisir. Je voulais te parler parce que j'étais en colère, parce que je suis en colère. Je m'imaginais que m'en prendre à toi me ferait tu bien, et qu'en même temps je pourrais te faire comprendre à quel point tu blesses mon frère. Mais comment pourrais-tu comprendre quand tu es toi-même à terre... » Et si... et si finalement, le sang ne faisait pas tout ? Le sang ne fait pas l'amour. Il y a la famille dans laquelle on nait, celle qui nous est imposée. Et puis, il y a celle que l'on choisit. Brusquement, peut-être même un peu violemment, j'attrapai Aindreas par le col et je le tirai d'un coup vers moi. J'étais plus petite que lui, mais cela ne m'empêchait pas de le regarder droit dans les yeux. « Tu n'es qu'un sombre idiot, mais tu es aussi le frère que j'ai choisi. Alors je vais te sortir la tête hors de l'eau avant que tu ne te noies et que tu n'emmènes tous ceux qui auront essayé de te sauver. Et je ne te laisse pas le choix. »

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Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux. Car alors pour toujours à l'horloge de ton coeur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique de ton coeur sera brisée de nouveau.

MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Jeu 28 Mar - 10:10

Une claque, du sang, de la rage et puis quoi ? S'arrêter ici ? Avoir la tête aussi basse que terre ? Se battre reste la seule solution. Le problème qui s'impose sous mes yeux, et que la fille de ce cher Esras Dunegan, n'est pas si facile à faire tomber à terre. Je sais les entraînements dont elle à droit, grâce à son frère aîné, cette témérité qui ne peut que la qualifier, et surtout cette façon de manier une épée. Sur des terres ravagées, elle serait cette seule survivante, à tout s'imaginer, elle devrait même prendre ma place de chevalier, mériter ce titre. Mais, elle ne le peut. Parce que notre créateur a voulu qu'elle naisse femme, et elle ne pourra l'être que jusqu'à sa mort. Les sourcils froncés, ce liquide vital me coulant sur le visage, rien de grave comme rien à oublier. J'ai eu la chance qu'il ne finisse pas totalement broyé sous un poing. Dans les mauvais temps, autant à remarquer les bons comme les mauvais points. Une seule gifle, une seule, et non pas un gant de fer s'écrasant sur ma peau. Qui sait ? Peut-être qu'elle pourrait se mettre, sans crier gare à m'arracher la peau, vouloir ramener ma tête au domaine en disant, voilà ce qu'il méritait à force de faire souffrir son entourage, à force de propager le mal autour des personnes qu'il aime. Devrais-je donc cesser d'apprécier quelqu'un ? De même parfois, vouloir lui offrir mon coeur ? Au bout du compte, cette situation plus que catastrophique, me pousse à croire que oui, je devrais. Je ne suis qu'un pauvre homme malgré tout, qui s'attache à ses proches pour tenir debout, pour oublier ses cauchemars, ses hurlements qui arrivent parfois dans la nuit. On se réveille, les yeux écarquillés, on répète les prénoms des défunts, on regarde la nuit et puis tout à coup, on vient à se rendormir. C'est un cercle à suivre, dont on ne peut se détacher. Le reste est une question de liberté, je ne l'ai pas, je ne l'aurais jamais. Si mes instants avec Cailean me refont un tant soit peu vivre, me faire penser que derrière les horreurs se cache un ciel infini, une liberté sans égale, le retour sur la terre ferme s'avère plus difficile, plus énervante qu'autre chose. Mal. Ce mot, seulement celui-là, présent en chacun de nous. En moi, en Slàine, en Cailean, en Eremon, et même en Eireen. On n'échappe pas à la fatalité, encore moins à son devoir et ses responsabilités. Devenir un homme n'est-il pas ? Grandir, saigner, laisser les brownies de côté pour s'attaquer aux problèmes du coeur, aux hurlements familiaux, à cette envie de conquérir. Toujours plus. Ma chère et tendre amie, prenez ma main, disparaissons loin de la bêtise qui nous consume, loin de l'amour. Parce que tout est de sa faute, sans lui, rien ne serait présent, pas de guerres, pas de sentiments, pas de sang coulant. Tout serait au plus calme, avec pourtant ce vide digne d'un creux dans le sol qui ne s'arrêtera jamais de se creuser, toujours plus profond et plus indomptable. Les forces de la nature brûlent, et nous faisons tout pour la ravager de nos flammes. Laissant les cadavres pourrir, des têtes rouler le long d'un sol qui jadis était le témoin de bien heureux évènements. C'est un poison, que nous avalons, il commence dès la naissance, arrivé à l'âge adulte il se met à agir de façon violente. Des spasmes, des flaques, des odeurs répugnantes. On en crève tous, et du jour au lendemain, on peut à se retrouver au fond d'une tombe, à se décomposer, lentement, mais surement, à cause de l'amour. Il brise l'honneur, les principes inculqués depuis que l'enfant peut comprendre les choses. Cassure, fissure, une ruine. Eireen bouge ses lèvres, des sons en sortent, mais pour la plupart, je ne veux pas entendre sa morale. Qu'ils peuvent être bornés dans cette famille, et qu'importe les circonstances, ils osent encore à dire qu'ils ont raison. Tout le temps, sans prendre en compte dans sa totalité l'avis d'autrui, même si des preuves peuvent faire pencher cette balance lourde d'existence, ils resteront sourds. Quitte à haïr, autant bien la faire, c'est ce que mon défunt père m'a toujours inculqué. Ne jamais faire les choses à moitié, sans quoi, tout se veut inutile et sans goût particulier. Conquérir ou mourir, la phrase de tout un clan, de toute une histoire, la mienne, celle de mes soeurs, de mon frère cadet, de ce domaine au loin qui pourrait à faire frissonner le plus courageux, surtout quand le ciel est gris. Fade. Ses murmures, sa presque insulte. Suis-je donc qu'un égoïste à ses yeux ? Seulement bon à se plaindre sur ma personne ? Il est vrai que je le suis à un point tel, que je ne pense pas à l'avenir de la personne que j'aime, ni à celui du clan. Je le suis tant que je me prépare à partir au loin, à la conquête de nouvelles terres, de nouveaux horizons qui pourront me permettre d'y croire encore un peu. Vrai, si vrai. Oh Eireen, mon coeur en est tout chamboulé, de tes paroles hurlant à la vérité.
Faussement cruelle.
Dois-je prendre en considération ses dires ? Changer du jour au lendemain, me transformant en homme aimant qui après des mois de colère, deviendra le plus heureux, aura des enfants l'année d'après et après le décès de sa soeur, se devra de diriger le clan ? Peut-être que je l'aurais voulu, il fut un temps bien lointain, que j'aurais su aimer Deoridh à sa juste valeur. Mais, il en fallut que le destin en décide autrement. Je n'ai pas eu le temps de choisir, de poser mon dévolu sur lui, c'est arrivé ainsi, sans crier gare. Si je me faisais violence bien des lunes auparavant, à ces jours, je n'en vois plus la complète utilité. Et quoi ? Renoncer à mes propres envies pour la santé de ceux que j'aime ? Oui, c'est peut-être ceci qu'Eireen veut me faire parvenir. Que tout comme Eremon le voulait, et le veut toujours, arrêter cette mascarade, sans quoi, nous n'existerons plus. Reniflant l'espace d'un instant, le goût désopilant du sang me glisse le long de la gorge. Froid, toujours plus, et d'ici quelques temps, le champs de dryas ne sera plus qu'un lointain souvenir. L'hiver viendra, déposera ses flocons opalins, sans prévenir. Le matin nous nous lèverons, et nos vêtements ne seront que des peaux, seuls nos visages seront visibles au loin. Un long hiver, qui glissera paresseusement le long des murs. « Me noyer ? » Murmure arraché par le vent glacial qui me fait grimacer. Me noyer. Mais, croit-elle pouvoir me sauver, mais me sauver de quoi ? De l'emprise que Cailean peut avoir sur moi ? Que mon coeur ne cesse de battre pour lui, et seulement pour sa personne ? Je ne suis pas la personne la plus mauvaise que la terre ai jamais eu, je ne veux pas le croire. Un semblant égoïste, surement, mais pas au point de vouloir partir loin d'ici, de mettre en péril la vie de tous. Ma faute ? Surement de la leur aussi. A trop vouloir s'intéresser à mon cas, ils ont finis par poser un doigt sur quelque chose de mauvais, de noir à l'apparence, et pourtant, lumineux en son intérieur. L'on ne peut comprendre, et de toute les façons possibles, personne ne daignera vouloir regarder en face cet affront que je fais à ce Dieu tout puissant. « Et de quoi veux-tu me sauver, ma chère Eireen ? De cet amour dévorant qui me donne ce que je n'ai jamais eu ? Es-tu seulement capable de voir ce que je vois, moi ? » Jouer un double-jeu, ne pas savoir ce que je dis. Elles ne doivent pas avoir de sens, et après tout, qu'importe réellement. Je n'ai plus envie de monter la voix, de hurler encore à en avoir la gorge en feu. Non, pas encore une fois. Intérieurement, je ne peux m'empêcher de rire sarcastiquement. Elle ne sait pas ce que cela est, la passion. Est-ce que la fille Dunegan a seulement jamais aimé, une fois dans sa vie, outre que son père, son frère ou sa mère ? J'ai bien des doutes. « Quant à Eremon, plus le temps file entre mes doigts, plus je me rends compte qu'il n'est pas l'enfant que j'ai connu, encore moins l'homme avec qui j'ai pu combattre. Si je tends le bâton pour que l'on puisse faire rougir ma peau, il est le premier à avoir donné le coup. Sans cela ? Rien n'aurait eu lieu. Mais, après tout, l'existence n'est pas valable sans ses coups durs, sans ses décès et ses larmes. » Arborant un sourire mélancolique en coin de lèvres, je pose mes yeux sur ce ciel gris. Fut un temps où je pouvais passer des heures à l'admirer, à discerner quel animal parcourait les nuages. Oui, mais, maintenant, il se trouve être révolu. « Tu peux me traiter, m'insulter, vouloir m'aider, ou me rabaisser encore plus. Malgré tout, avant toute chose, tu devrais toi aussi apprendre à regarder autour de toi, ouvrir tes deux prunelles, ne pas t'illusionner devant ce si beau mot qu'est la famille. » Je me doute qu'elle ne doit pas être au courant de ce vilain chantage, qui a fait de mon point de vu sur Eremon, des poussières. Je suis né ainsi, je le redeviendrais, et l'ombre retombera dans l'ombre. Tout continuera comme il se devra de continuer, mais, si je dois ouvrir les paupières de cette jeune femme au tempérament d'un dragon, alors je le ferais. Le pire serait qu'elle découvre seule qu'elle est témoin d'un jeu dangereux, d'un amusement d'enfant qui se veut mortel. Et qu'importe la gifle qu'elle se prendra en apprenant le reste de cette belle histoire.

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Dernière édition par Aindreas MacNeil le Sam 11 Mai - 14:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Ven 12 Avr - 20:18


« The most terrible things men do,
They do in the name of love. »


Les choses étaient toujours tellement compliquées avec Aindreas... Il me semblait que peu importaient les mots que j'employais, il ne réagirait pas différemment. Que fallait-il faire ? Le gifler de nouveau ? Non, une claque était déjà de trop, je regrettais mon geste. Il était cependant douloureux de remarquer qu'il ne réagissait pas à cet affront. Bien des hommes m'auraient rendu le coup au centuple. J'aurais presque préféré qu'Aindreas se mette en colère. Qu'il réagisse, qu'il fasse quelque chose ! Cet regard triste était pire que tout. Je ne savais pas comment y faire face. De toute évidence la violence n'était pas la solution. Hélas, les mots que je choisissais ne semblaient pas avoir davantage d'impact. Était-ce voué à l'échec ? Aurais-je mieux fait de m'abstenir de lui parler ? Je ne savais plus... Je ne pouvais pas rester là à regarder tout le monde autour de moi souffrir. Mais je ne pouvais pas tous les sauver non plus de toute évidence. Je semblais être tout à fait inutile, et cela me rendait malade. Nous nagions tous dans un océan de malheur, et nous aurions tôt fait de tous nous noyer. Peut-être que j'aurais mieux fait de ne me mêler de rien, cela m'aurait évité bien des tracas. Vraiment ? Tant que mon frère souffrait, je souffrirais aussi. Et puis, voir Aindreas souffrir me faisait beaucoup de peine. Je savais ce que mon frère avait fait, je savais tout de cet odieux chantage. Pourtant je ne parvenais pas à lui en vouloir. Le désespoir peut faire faire de vilaines choses. Je ne savais pas ce que j'aurais fait à sa place, car – Dieu merci – je n'étais pas amoureuse. J'imaginais néanmoins à quel point il devait souffrir de voir l'homme qu'il aimait dans les bras d'un autre. Cela devait rendre les choses plus difficiles encore... Ah, l'amour, quel beau poison. C'était un de ces poisons au goût sucré, un de ces poisons que l'on prenait plaisir à avaler jusqu'à ce que l'on se rende compte de l'erreur qui était la nôtre. Ils devaient tous tellement regretter... Je n'osais imaginer à quel point cela devait être dur pour Aindreas. Il était coincé entre Eremon et Cailean, et à cela s'ajoutait une épouse. Pauvre Deoridh. C'était une jeune femme si douce, si discrète. Elle méritait un homme qui l'aimait, un homme qui fasse attention à elle. Ce n'était pas sa faute si Aindreas ne l'aimait pas. Et ce n'était pas la faute d'Aindreas si il ne l'aimait pas. Ce n'était qu'un malheureux concours de circonstances. Comme si cela ne suffisait pas, Aindreas ne savait pas pourquoi Eremon lui faisait cet odieux chantage. Il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait... Cela rendait ma tâche plus difficile encore. Il était hors de question que je trahisse le secret de mon frère. Mais alors, comment faire comprendre les choses à Aindreas ? J'avais peut-être mis les pieds dans un nid de vipères sans même m'en rendre compte. Je n'avais pas le droit de faire le moindre faux pas. Et cela me rendait nerveuse.

« Ne rejette pas toute la faute sur mon frère, Aindreas. Il n'est pas le seul à avoir changé, et cela tu le sais. » Il avait changé lui aussi. Nous avions tous changé. Et pas seulement en bien, hélas. Nous n'avions pas fait que grandir non plus. Je savais que ce qu'Eremon faisait était mal, mais il ne fallait pas faire de lui le seul coupable. Il souffrait, c'était tout. Ce devait pourtant être bien difficile à comprendre pour Aindreas... S'il ne savait pas tout, comment pouvait-il comprendre ? Ce n'était pas lui qui avait eu cette conversation longue et douloureuse avec Eremon, ce n'était pas lui qui avait eu à l'apaiser, à sécher ses larmes. Rien qu'y repensait me serrait le cœur. J'aurais voulu ne jamais le voir si abattu. Mais d'un autre côté, j'étais contente qu'il se soit confié à moi. Enfin, j'avais appris la raison de tous ses tracas. Cette raison avait un nom, et le propriétaire de ce nom se trouvait juste devant moi, le visage encore en sang. Je me demandais ce que mon frère pourrait penser s'il apprenait que j'avais frappé Aindreas. Je n'aurais pas pensé faire cela un jour et à vrai dire mon geste me surprenait encore. Ce n'était pas bon, d'être aussi impulsif que moi. Cela pouvait être dangereux. J'étais chanceuse d'avoir dérapé en présence d'Aindreas. Je savais qu'un dépit de tout, il ne me ferait pas de mal pour me faire regretter d'avoir levé la main sur lui. En revanche, cela ne m'aiderait pas à me faire écouter. Une gifle n'était jamais un très bon moyen de commencer une conversation. Une fois de plus, je soupirai. Je ne savais plus quoi lui dire. Je n'étais plus seulement impuissante, j'étais inutile. À quoi bon essayer de parlera avec un homme qui ne veut pas vous écouter ? Aindreas était aussi têtu que moi. Il campait sur ses positions, je campais sur les miennes. « Je ne vais pas te rabaisser davantage Aindreas, je trouve que tu le fais bien assez toi-même. Et rassure toi. Je sais parfaitement que le mot famille n'est pas aussi joli qu'il n'en a l'air. » Je ne le savais que trop bien, même. Mes querelles incessantes avec mon père suffisaient à me prouver que la famille n'était pas toujours idéale. Mais la famille restait la famille. Quoi qu'on puisse en dire, il n'y avait rien de plus fort que les liens familiaux, qu'il s'agisse de ceux du sang ou ceux du cœur. Ces liens étaient toujours les plus forts. On pouvait les tordre, les emmêler, les déchirer même, il y avait toujours un moyen de les raccommoder. Il suffisait de le vouloir.

« Tu ne peux pas rester comme cela, Aindreas. Vous ne pouvez pas rester comme cela. Cela vaut pour toi, pour Eremon, pour Cailean aussi. Croyez vous pouvoir vous cacher encore longtemps ? Si j'ai été en mesure de voir les choses, d'autres le pourront aussi. Et tous ne seront pas aussi compréhensifs que moi. Tu le sais bien. » Je ne les dénoncerais pas, parce que je les aimais, ces trois idiots. Je me moquais que leur amour puisse paraître ignoble aux yeux de certains. J'avais bien compris que cela les pesait. Nul besoin d'en rajouter. On ne choisissait pas qui l'on aimait. La vie serait tellement plus facile autrement ! Personne ne subirait les affronts de son cœur, personne ne serait rendu fou de douleur par un amour impossible. Mais là encore, j'étais peut-être plus ouverte d'esprit que beaucoup. Sur ce point, Aindreas ne pourrait pas me contredire. Il y avait bien des personnes au domaine qui n'auraient pas hésité à les dénoncer. Et pour leur "crime" ils paieraient de leur vie... C'était une chose qui ne devait pas arriver, jamais. Tout ceci devait rester secret. Et le secret aurait bien du mal à perdurer si ils continuaient à se montrer aussi malheureux. Je secouai doucement la tête et croisai mes bras sous ma poitrine. « Je n'aurais pas dû te frapper. Je ne suis pas venu pour t'affliger davantage. Je suis venue pour te prévenir, pour te demander de faire attention. Vous jouez un jeu dangereux. Tu le sais mieux que personne, nul besoin de me le rappeler. Mais tu ne sais pas à quel point vous avez changés, tous. Je refuse de voir un seul d'entre vous mourir. Tu sais que c'est ce que vous risquez... Je ne peux pas te perdre plus que je ne peux perdre Eremon, Aindreas. Je te l'ai dit, tu es comme un frère pour moi. Peut-être ne suis-je pas ta sœur, mais peu importe. » C'était tout, finalement. J'avais tout simplement peur de les perdre tous les trois d'un coup. Aindreas pensait qu'ils n'étaient que deux à être coupables d'aimer. Je savais qu'ils étaient trop. Si un tombait, tous tombaient, et je n'aurais pas la force de tous les retenir, aussi forte puisse être ma volonté.

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MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Ven 19 Avr - 20:09

Les voies du destin
Les lumières bleues

Le souffle d'un vent doux, des bruits venant de cette forêt. Ils sont là, témoins d'une dispute qui aux yeux de bien des hommes peut paraitre stupide, et qui pourtant à sa façon s'avère bien triste. Ils sont là, ils attendent ce moment précis pour que des yeux se posent sur eux. Les feux follets, les lumières bleues guidant quiconque le voudra vers son destin, vers une destination qui le poussera à avoir une autre idée, un autre point de vue. Leurs petits bras sont tendus, le son fluet d'une voix cristalline, c'est un long chemin qui se glisse devant eux, entre les branches, les racines et les bruits plaintifs des animaux. Tout au bout se trouve un lieu mystique, les pierres soulevées, un calme que personne ne pourra briser. Pas même un coeur blessé.

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Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux. Car alors pour toujours à l'horloge de ton coeur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique de ton coeur sera brisée de nouveau.

MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Sam 11 Mai - 15:27

Peut-être qu'il n'y a pas de réelle leçon à tirer de cette gifle, peut-être que la morale de l'histoire s'arrête à quelque chose de stupide. Que la douleur est partout, qu'elle touche au plus profond de l'âme, et peut détruire. Avec douceur, ou avec violence. Le coup d'une épée dans le dos, dans le coeur, voir les yeux devenir vitreux et l'âme disparaitre. En paix. Un jour ou l'autre, tout arrive par s'écrouler sur nos frêles épaules, un jour ou l'autre, le ciel tombe sur notre pauvre tête en raison de quelques fioritures - qui dans ce cas présent, prennent beaucoup trop d'importance. Père m'avait appris plus jeune, qu'il ne fallait jamais briser les règles inculquées par nos proches, et surtout ce bienveillant qui nous regarde de là-haut. Sans quoi, du jour au lendemain, tout nous sera enlevé, et nous aurons beau vouloir hurler, pleurer à l'agonie, il ne sera qu'un paysage obscur. Naître poussière et le redevenir un beau matin, se lever et ne voir du soleil qu'un rêve lointain. Tout parait si fragile, si faux, si froid. L'hiver arrivant n'arrangera rien à nos coeurs griffés. C'est un démon à l'intérieur, son cri malfaisant demande à sortir. Suis-je l'instrument du diable ? Son fils sous une forme que moi-même je ne comprends que trop peu ? Eremon, Eireen, Cailean. Un jour viendra où tout trois auront mal par ma faute, si l'erreur n'est pas déjà faite. Peut-être que je suis seulement prédestiné à regarder d'un oeil vide ma femme que je suis censé chérir, que tout mon entourage doit me vouer haine et désespoir. Il me vient souvent à envier ceux qui peuvent se passer de ces obligations, qui vivent dans les forêts, qui voyagent à travers notre belle Écosse ou qui, dans certains cas, préfèrent naviguer à travers la mer. Que peut-il y avoir au loin ? Outre les vikings, c'est un horizon mystérieux et plein d'espoir qui s'impose sous nos yeux. Mais parce que l'honneur m'en empêche, parce que la peur me tiraille les entrailles, un seul pas pourra me coûter la vie, lui enlever la sienne et ceux des autres. Slàine à diriger notre clan, tout qui se veut différent et son sang bien trop chaud risque de causer plus de dégâts que voulu. Tout est voulu, la chance ou le hasard n'existent pas. C'est un coup du destin. Des fils mêlés entre eux, c'est un chemin à choisir, un bout à prendre et suivre aveuglément ce chemin, arriver parfois à faire un choix. Le bon ou le mauvais, les possibilités s'allongent jusqu'à un miasme dégoulinant. La fin est la même pour tous. Même pour moi. Même pour Cailean. Même pour la famille Dunegan. Ne soyons pas dupes, tout le monde dans l'histoire est fautif. Lui, moi, eux, nous sommes des instruments mal utilisés, non pas dans les mains d'un ménestrel, mais ceux d'un enfant qui commence tout juste à marcher, qui apprend à parler. Nous sommes cassés, jetés, réduits en copeaux de bois contre les murs. Il ne reste que nos mots, que nos motivations, notre aide à tendre. Il n'y en a plus. L'un veut aider l'autre, pourtant, quelque chose tremble, ni le corps, mais la rage, l'incompréhension et la défensive qui peut s'avérer castratrice à un point tel, que le sang peut couler. Sec, odeur ferreuse que je ne connais que trop bien, mes poings se serrent un peu plus. La frapper serait inutile, malgré ses phrases qui coulent d'une vérité que je ne veux pas entendre. Enfant, il était plus simple de se demander où était le brownie de la chambre. Le garçon laisse place à l'homme, vient l'horreur d'une vie qui nous montre ses noirs tableaux. Affronter ses défauts, affronter ce monstre se cachant sous le lit, le cheval fait d'eau et ne plus jamais fermer les yeux devant le fait accomplis. Assumer en toute sincérité nos actes. Il y en a, pourtant, certains qui ne peuvent se dire. Les arbres ont des oreilles, les chevaux entendent, et les murs se veulent plus que bavards. Les murmures font places à des sons à peine audibles. Se cacher n'est qu'un simple jeu, un jour ou l'autre, quelqu'un viendra à nous trouver. Terrés dans un coin sombre du château, la lumière du feu au loin. Tout peut se terminer sur une seule note, un seul chant. Il en réside du choix de qui voudra bien écouter, s'intéresser, et surtout, ouvrir son âme à de nouvelles idées. Impossible ? A ne pas en douter. C'est le chantage qui laisse place au doute, au poids difficile des années qui commencent à s'incruster dans les pores de ma peau. Bien sûr Eireen que nous mourrons tous, quoi que tu fasses, quoi que tu veuilles. Si ce n'est pas durant une bataille, il en sera du choix d'une femme touchée par des désillusions. C'est une famille qui tombe et regarde en suppliant le ciel. Jamais il ne répondra, jamais il ne voudra, parce que les interdictions ont été entravées, parce qu'il n'en sera jamais autrement. C'est une soeur, c'est un frère. Tous reliés entre eux, qui pourtant ne sont que des différences flagrantes. Le sang ne triomphe pas. Les regards quant à eux sont plus révélateurs. Dans le sien, j'y vois un feu dansant, des ombres qui tournent en une ronde folle.

Regarder dans ce fond, y voir une lumière si pure qu'elle apaise. Pour cet instant, même si le calme rabat ses atouts les plus logiques, le sang continue malgré tout de pulser contre les tempes, contre la peau. L'un dans l'autre, c'est un cas presque comique à vu d'oeil, qui pourtant dans son fond, se veut plus d'une tragédie odieuse que de rires. Je veux à la prendre dans mes bras, peut-être lui demander pardon, mais au bout du compte, ce serait revenir au départ. Il n'y a plus réellement d'issue, et même la croyance la plus profonde ne pourra rien y changer. Si je pouvais à donner ma vie pour ces trois personnes, pour les faire sourire ne serait-ce qu'un bref instant, je le ferais. Malheureusement impuissant devant les êtres que nous sommes, je n'ai ni le pouvoir de calmer les maux, ni la force de pouvoir tous les satisfaire. Fixant durant un long instant l'herbe, et les dryas presque mortes, je pince ma lèvre inférieure. La colère laisse place à la fatigue, l'égoïsme un peu plus doux, les paroles qui ne se disent pas, et qui pourtant un jour, finissent par sortir. « Qu'importe ce que tu peux croire, ce que tu peux me faire. Tu es, et resteras une soeur à mes yeux. Et si je pouvais à calmer les peines de tout ce qui m'entourent, de ceux que j'aime, je le ferais. » Petit à petit, les ténèbres laissent place à une autre sensation. Un peu d'effroi, un peu de perplexité. Après Eremon, est-ce qu'il en sera de même pour Eireen ? Décidera t-elle de me regarder de la même manière qu'il le fait ? De me haïr du plus profond d'elle ? Plus j'y pense, et plus je commence à songer que, chaque jour est une nouvelle perte, un nouveau poignard planté dans le bout de mes doigts. Piquant, mordant, un peu de tout à la fois, sans pour autant m'achever dans ma totalité. « Je n'ai malheureusement pas de quelconque pouvoir divin et - » Coupé dans ma phrase par un frisson sec me traversant l'échine, c'est en fronçant les sourcils que porté par le vent, un son me vient à l'oreille. Il parait étrange, inconnu, et pourtant, bien au contraire, que trop demandé par les enfants qui, rêvant d'aventures essaient de les voir dans les bois. De plus en plus tendu, c'est en me retournant que tout me parait plus clair. Si la gifle d'Eireen n'avait pas été présente, peut-être que me pincer aurait été une bonne idée. Ils sont là, irréels, tendant leurs mains translucides à travers les buissons. Mon coeur a cessé de battre, plus jeune, j'aurais sûrement hurlé, je me serais jeté sur un eux comme un ours cherchant son poisson. Là ? Tout me parait comme une douce rêvasserie, qui enfin vient à nous tendre les bras. En quelle raison ? En quel grand honneur viennent-ils à nous souffler le destin ? Je ne le sais guère. M'approchant de quelques pas, je m'arrête alors. Seul ? Ou accompagné de ma chère soeur ? Qui saurait le dire. Ils ne voudront peut-être pas de moi, qu'ils désirent à réparer cette chose cassée, au fond de nous deux, que nous ne pouvons contrôler. Prenant une inspiration, je jette un coup d'oeil sur son visage amoché par un semblant d'incompréhension. « Nous devons les suivre. » Qu'importe ce qu'elle dira, si un non se jette dans les airs, j'irais seul, face à ce que m'imposent ces lumières bleues. Les toucher ? Il n'en serait qu'une impossibilité, et alors que mes jambes me mènent un peu plus vers l'un d'eux, il disparait. C'est éphémère, c'est incroyable, impossible. Mon coeur claque avec la douceur d'une mer calme, j'aimerais à fermer les yeux, m'endormir et retrouver cette sensation lointaine. Celle d'un feu s'allumant, d'une lumière naissante au fond du ventre, de la tête, un bourdonnement presque doux. Le rêve d'un enfant. Les histoires sont pour les autres, il suffit de chercher. Et qui sait, peut-être que par leur présence, la dernière page de ma vie se tournera.

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Si parfois il t'arrive d'y penser, ne regrette ni les bonheurs, ni les souffrances que nous avons partagés, car ils sont ce qui me raccroche encore à toi, malgré nos chemins séparés. Je sais qu'un jour, ta route finira par de nouveau croiser la mienne.
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Western Highlands and islands

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MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Dim 26 Mai - 20:14


« The most terrible things men do,
They do in the name of love. »


N'oublie jamais, il y a toujours deux côtés à une histoire. Si je ne m'étais pas retrouvée face à Aindreas, j'aurais continué à le considérer comme le vilain du conte, le personnage possédant tous les torts du monde, celui responsable de la ruine du héros. Les choses étaient en réalité bien plus compliquées que dans les légendes que ma mère avait bien pu me raconter. Le vrai monde n'avait rien de manichéen. Rien n'était noir, rien n'était blanc, nous évoluons dans des nuances de gris. Eremon n'était pas le héros d'une histoire, pas plus qu'Aindreas n'en était l'antagoniste. Ils étaient tous les deux les victimes d'un sentiment aussi incontrôlable qu'impitoyable, contre lequel ils ne pouvaient malheureusement rien faire. Comme j'avais été idiote ! Comme j'avais été cruelle ! Il fallait l'être, pour accuser Aindreas de tous nos maux. Sa souffrance crevait les yeux, j'avais simplement choisi de l'ignorer. À présent, je me sentais comme prise entre le marteau et l'enclume. Si j'aimais Eremon plus que tout au monde, Aindreas avait une place presque tout aussi importante dans mon cœur, je ne pouvais le condamner aussi facilement que je l'avais cru. Non, je ne pouvais que craindre pour sa vie tout comme je craignais pour celle de mon frère. Mon frère, mes frères. Aindreas faisait partie de ma vie au même titre qu'Eremon. Il était présent dans chacun de mes souvenirs. Nous avions grandi et joué ensemble, nous nous étions chamaillés, nous avions trainé dans les pattes de nos paternels au point de les rendre fous. Comme un ainé, il m'avait défendue quand j'en avais eu besoin, avais séché mes larmes... Soudainement, je me souvenais de tout, comme pour me culpabiliser davantage. Je regrettais les mots, la gifle. Hélas, il m'était impossible de revenir en arrière et cela à tout jamais. Il me faudrait trouver le moyen de me faire pardonner, si toutefois il pouvait trouver en son cœur meurtri l'envie de m'absoudre. J'ignorais comment il considérait mon frère, à présent. Mais Eremon semblait avoir chuté dans son estime, et je ne voulais faire de même. Non, je voulais... Je voulais qu'ils soient tous les deux heureux, que nous le soyons tous. Las ! Cela ne semblait pas être sur le point d'arriver. Existait-il quoi que ce soit de plus volatile que le bonheur ? Il vous glisse toujours entre les doigts, à la manière d'une anguille. Qu'importe que vous croyiez l'avoir enfin attrapé, il vous échappera encore et encore et encore. Les plus têtus s'acharneront, les plus malins utiliseront un filet, les autres resteront plantés comme des imbéciles au milieu de la rivière. Et puis il y avait les autres, ceux qui même avec un filet n'arriveront jamais à attraper ce maudit poisson, parce que la vie n'est tout simplement pas juste.

Tout ceci ne mènera à rien. Avais-je vraiment été naïve au point de penser que je pourrais tout arranger en venant hurler sur Aindreas ? Je ne possédais pas le pouvoir de changer les choses... Pas plus qu'Aindreas, hélas, mille fois hélas. Je ne compris pas tout de suite pourquoi il s'était interrompu au milieu de sa phrase. Un instant, je crus qu'il s'agissait de l'émotion. Puis je me rendis compte qu'il semblait fixer quelque chose derrière. Je me retournai, alors même que le vent portait à mes oreilles une mélodie fluette, une mélodie que j'avais rêvé d'entendre depuis ma plus tendre enfance. Elles sont là, les petites boules de lumière bleues, tendant leur bras vers nous. Les feux follets. Je clignai des yeux, plusieurs fois, pour me convaincre que je n'étais pas en train de rêver, que je ne suis pas victime d'une quelconque hallucination. Toute ma vie, j'avais rêvé de voir des feux follets. Mais maintenant qu'ils étaient là, je ne savais quoi penser. Pourquoi venir à nous en cet instant. Étaient-il là pour lui, pour moi, pour nous deux ? Les feux follets n'apparaissaient jamais par hasard. La dernière fois qu'ils étaient apparus... Se pourrait-il que nous soyons les premiers auxquels ils apparaissaient depuis la Reine ? Qu'avions nous bien pu faire pour mériter cet honneur ? Aindreas s'avance vers eux, plus confiant que je ne le suis. Les feux follets n'apparaissaient pas sans raison. Ils se montraient pour changer le destin, ou pour conduire ceux qui en ont besoin vers leur destin... Parfois ils conduisent les âmes égarées jusqu'à un précipice. Suivre ces créatures de légende s'avèrerait peut-être dangereux... Il faut les suivre, me dit-il. Il le faut... Sans doute ne peut-on pas ignorer son destin. Et puis, quelque chose me disait que peu importe pas réponse, Aindreas les suivrait. Je ne voulais pas le voir disparaître dans la forêt avec les lumières bleues. Je décidai alors que je les suivrais, avec lui. Prenant une profonde inspiration, je fis un pas, puis deux, trois... Je rejoignis Aindreas, à la lisière de la forêt. Devant nous, les feux follets nous montraient le chemin. Ils semblaient faits d'une brume bleutée, je ne pouvais m'empêcher de tendre la main vers eux, comme si je pouvais les toucher. Mais à chaque fois que nous nous approchions trop d'un feu follet, il disparaissait et réapparaissait plus loin. Très vite je compris que je ne pourrais en toucher un seul. Si j'avais été enfant, j'aurais sans doute essayé de leur courir après, et je me serais probablement perdue dans la forêt. Fort heureusement, j'étais à présent une adulte et j'étais, je crois, en mesure de comprendre les enjeux de la situation.

Sans m'en rendre compte, j'avais glissé ma main dans celle d'Aindreas, car j'étais peut-être un peu plus nerveuse que je ne voulais bien l'avouer. Je ne pouvais m'empêcher de me demander s'ils n'allaient pas nous conduire à notre perte. « Est-ce bien raisonnable ? », ai-je seulement demandé, à voix basse, comme par peur de faire fuir les feux follets. Je craignais de lâcher la main d'Aindreas. Ses mots raisonnaient encore dans mon esprit. J'étais sa sœur. Qu'il me considère comme l'une de ses sœurs me faisait chaud au cœur et me faisait regretter davantage mon comportement à son égard. Cela n'arriverait plus. Il me faudrait à présent le considérer au même titre qu'Eremon. Je ne devrais plus faire de différences entre eux, aussi difficile que cela puisse être. Comme c'était étrange, savoir mon frère amoureux de mon autre frère. Comme c'était douloureux, de les voir se détruire ainsi. D'être prise entre le marteau et l'enclume de cette façon. C'était à s'en arracher les cheveux. Je mourrais d'envie de faire quelque chose, mais je me retrouvais impuissante. Alors une toute petite partie de moi, celle qui avait encore la naïveté des enfants, espérait que les petites lumières bleues nous conduiraient à la solution que je ne parvenais pas à trouver. Ou devrais-je dire, que nous ne parvenions pas à trouver. Je ne doutais pas que tous les trois avaient dû passer des nuits blanches à essayer de trouver une solution, à essayer de tuer les sentiments qu'ils éprouvaient... Peut-on se débarrasser d'un sentiment ? Sans doute pas, et c'était bien dommage... Ce fut plus fort que moi, je plantai les talons dans la terre et tirai Aindreas par le bras. « Attends, Aindreas, une minute... Où crois-tu qu'ils nous conduisent ? Pourquoi nous ? À quel point nos destins peuvent-ils se mêler pour qu'ils nous apparaissent à tous les deux ? » Que partagions nous, si ce n'était, d'une drôle de façon, Eremon ? « Et si... et si ils ne nous conduisaient pas à notre destin, mais au précipice le plus proche ? » Ce serait certainement un très bon moyen d'abréger nos souffrances, mais je n'étais pas d'humeur à tomber d'une falaise. « Nous devons être prudents. La dernière fois qu'ils sont apparus, le royaume entier a été ruiné. » C'était, il me semble, un avertissement bien suffisant. Nous n'étions ni un roi ni une reine, mais il suffit parfois de bien peu de choses pour pour changer la face du monde.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: elle a un sourire triste, toujours cet étrange faux-contact. (eireen)   Mer 3 Juil - 16:20

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