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 L'approbation d'une mère. || Ciaran

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Western Highlands and islands

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« Une belle vie fait mépriser la mort, et une belle mort fait mépriser la vie. »


MessageSujet: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Dim 7 Avr - 21:51

L'approbation d'une mère.
Eanna & Ciaran


L’événement qui à eut lieu chez les Dunbroch était encore très présent dans l'esprit d'Eanna qui s’efforçait de ne pas y penser. La femme gardait pour elle ses craintes, ses peurs et préférait se concentrer sur son travail de dentellière que de penser à la peur qu'elle avait ressentit en sentant l'ours près d'elle. A cet simple pensée, un frisson parcourut son échine et elle dût arrêter temporairement son travail. C'est la voix d'un jeune homme qui la fit réagir, elle l'écouta tout en piquant le morceau de tissus :

« Lady Dunegan ? Ciaran Weir demande Seigneur Esras, savez-vous où il est ? »

Eanna releva la tête de son ouvrage, regarda le jeune valet avant de se remettre au travail :

« Oui, il est absent et ne sera de retour qu'à la fin de la journée, que veut-il ?
-Il à un paquet à délivrer mais n'a pas voulut m'en dire plus. »

Lady Dunegan soupira, se leva pour suivre le jeune homme vers le visiteur qui demandait à voir son mari. Elle avait entendu parler de cet excellent forgeron, elle savait également qu'il aimait la présence de sa fille étant donné qu'ils se voyaient assez fréquemment. Une chance pour que sa Eireen se marie ? Eanna n'attendait plus de miracle à ce niveau-la. Néanmoins, en suivant le jeune homme, elle ne pouvait s'empêcher d’espérer. Sa fille était en âge de se marier, Esras et Eanna avaient été trop patient avec leur fille. Viendrait un jour où Eireen se marierait même si cela effrayait la mère Dunegan car elle savait que cela pouvait rendre sa fille malheureuse. Après ce qu'ils avaient vécut, la dernière chose qu'elle voulait c'était de revoir le visage triste et fermé de sa chère et tendre fille. Dans sa robe blanche, avec ses cheveux blonds qui tombaient en cascade sur son dos, Eanna comme à son habitude voulait faire bonne impression bien que son visage un peu fermé ne donnait guère l'envie de la connaître. Néanmoins, aux dernières nouvelles, elle n'avait jamais mangé personne.
Lady Dunegan arriva devant ce très belle homme à la fleur de l'âge, ses mains abîmées étaient le témoin de son travail. Ciaran et elle ne s'étaient jamais rencontré. Elle était la dernière Dunegan qu'il ne connaissait pas. Elle s'inclina légèrement mais respectueusement devant lui :

« Bonjour, vous devez être Ciaran Weir ? Le forgeron dont on me vante le travail ? »

Eanna sa voix douce et chaleureuse n'avait en rien quelque chose d'intimidant. Son visage hermétique à tout sentiment, son regard quelque que peu froid pouvait intimider aux premiers abords.

« Je suis Eanna Dunegan, femme d'Esras, mère d'Eremon et d'Eireen. On m'a dit que vous veniez pour délivrer un paquet à mon mari ? Donnez-le moi et je vous promet que je lui remettrai. »

C'était également l'occasion pour la mère poule qu'elle était d'en savoir plus sur ce jeune homme. Si jamais Esras et Eanna venaient à proposer à Ciaran la main de leur fille : elle voulait tout savoir. Il était hors de question qu'elle donne sa fille à n'importe qui. Il en était de même pour Eremon quand il devrait se marier. Ses enfants qu'elle chérissait tant ne se marieraient pas à n'importe qui.

« Allons marcher. »

Eanna avait besoin de se changer les idées, elle demanda gentiment à ce qu'on lui apporte son manteau de fourrure avant de l'enfiler tout en laissant s'installer le silence.

« Suivez-moi. »

Un petit sourire accompagna ses paroles tandis qu'elle s'avançait vers la lourde porte pour prendre la route des jardins complètement enneigée.

« Il semblerait que je sois la seule Dunegan que vous ne connaissiez pas. »

Un petit pique pour annoncer la couleur ? Rien de bien méchant, elle voulait juste dire à haute-voix cette remarque qu'elle s'était faite à elle-même.



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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Mar 9 Avr - 12:34




« A mother who is really a mother is never free. »

Le travail du fer n’était pas nécessairement dans mes gênes, ce n’était pas une vocation ou un rêve. Ce métier s’était présenté à moi comme un cadeau et j’avais appris sur le tas. Bien sûr, j’avais eu une certaine formation grâce au maître d’armes qui s’était chargé de mon éducation mais c’est l’ancien forgeron du clan qui m’avait réellement apprit cet art... Et j’avoue m’être prit au jeu: Je n’ai jamais rien eu contre la solitude et la chaleur des flammes était presque rassurante. Il fallait être précis, patient, fort; des compétences que j’avais acquises depuis un petit moment déjà et que je m’étais à profit du mieux que je pouvais. Il m’avait fallut plusieurs semaines pour parvenir à maîtriser parfaitement les instruments de la forge, pour comprendre le feu, le dresser.  

Mais mes efforts semblaient payer aujourd’hui car ma réputation était passée de celle de bâtard trouvé dans un champ de dryas à celui de Forgeron. Et ce n’était pas rien. Mon maître était fier de moi, ou du moins il l’était avant de décédé il y a peu. Sa mort ne m’avait pas touché, nous n’avions pas eu le temps d’apprendre à nous connaître et... Je crains qu'il ne me soit plus réellement possible de souffrir de la mort, même de la mienne: j’en ai connu tellement, provoqué tellement, comme une malédiction qui tournait inlassablement au dessus de ma tête. Fataliste? Oui, c’est une façon de voir les choses. Pourtant j’espérais ardemment que cela cesse car j’avais aujourd’hui au moins une personne à qui tenir, une seule et unique personne qui pouvait faire de ma vie un paradis aussi bien qu’un enfer: Eireen.

Une jeune femme extraordinaire que j’avais la chance de pouvoir compter dans mes très rares amis. Nous avions fait connaissance le jour même de mon réveil et il ne m’a fallut que quelques secondes pour succomber à son charme. Une femme forte, différente, la première (voire la seule) à avoir prit ma défense, à être passé outre la réputation qui m’avait suivit par delà les frontières... Vous pouvez penser qu’il m’en faut peu mais elle est bien plus que cela, elle est drôle, spontanée, et elle me faisait confiance (chose que je ne pensais clairement pas mériter). Nous parlions beaucoup ensembles, nous étions libres mais plus le temps passait plus sa présence me rendait mal à l’aise... Je n’avais jamais nourrit de pareils sentiment envers une femme, j’avais toujours réussit à les fuir. Pas cette fois.  

Ce qui explique sûrement pourquoi je n’aimais pas vraiment faire des livraisons ''chez'' les Dunegan. Son père ne faisait que me rappeler à quel point je ne la méritais pas et j’avais une peur inouïe qu’il découvre mes sentiments pour sa fille... Je n’étais qu’un forgeron, un étranger, un bâtard et surtout, un menteur. Hors de question d’imaginer le moindre avenir avec elle, sans compter que je connaissais particulièrement bien ses vues sur le mariage... Je secouais la tête alors que j’attendais Esras à l’entrée de la demeure, ma commande coincée sous le bras. J’étais nerveux mais tentais de garder une expression neutre, professionnelle... M’en voudra-t-il d’avoir évité quelques peu sa fille ces derniers temps? Comment faire autrement?! Je ne devais pas me focaliser trop la dessus, je n’étais pas là pour la fille mais pour le père, pour lui remettre son épée que j’avais réparé avec soin.

Le valet venait de quitter la pièce pour allé quérir son maître, me laissant seul dans cette endroit magnifique. J’admirais les tapisseries d’un air rêveur, tentant de sortir toutes ces sombres pensées de mon esprit déjà bien torturé au départ... Finalement, les doigts de ma main libre prirent l’étrange décision de se balader sur le bois joliment décoré d’une torche. Une chance qu’elle fut éteinte en vue du fait que ma maladresse (ou une accroche défectueuse) la fasse tomber dans ma main... Gêné, je tentais en vain de la replacer sur le mur avant de finalement la laisser tomber derrière la chaise placée juste dessous... Juste à temps puisque des bruits de pas se firent entendre, des pas légers que je ne reconnaissais pas, ceux d’une femme. Mon cœur se serra à l’idée de voir Eireen apparaître et il se retourna littéralement quand je vis sa mère entrer dans mon champ de vision.  

Je n’avais jamais rencontré Eanna en personne mais ses deux enfants ne tarissaient jamais déloges à son sujet: Une femme douce, délicate et une mère sans pareille. Sans compter que le couple qu’elle formait avec le maître des lieux était tout aussi exemplaire, l’amour sincère n’allant malheureusement pas toujours de paire avec les mariages arrangés... J’étais donc tout aussi impressionné de me retrouver face à elle que je ne l’aurais été face à son époux, m’inclinant avec grand respect pour cacher le mélange de surprise et d’étrange gêne qui s’étaient emparés de mon visage. C’est elle qui prit la parole en premier, sa voix envoûtante résonnant comme une douce mélodie contre les murs de pierres; ma réputation me précédait aussi, ma bonne réputation, je lui lançais un sourire plein de reconnaissance, inclinant de nouveau légèrement ma tête.

    « En personne, mais je ne fais que mon travail... »

Dis-je humblement avant qu’elle ne se présente à son tour. Il n’était pas dur de deviner qui elle était: sa beauté s’était transférée sur ses enfants au même titre que son regard captivant. Difficile à présent de ne pas penser à Eireen mais, par chance, Lady Dunegan me rappela ma mission. Toute cette histoire avait faillit me faire oublier l’objet que je portais: l’épée du grand chevalier Esras à laquelle j’avais du apporter quelques minces réparations. Il faut dire que les derniers événements n’avaient pas vraiment été très cléments envers les armes... Je frissonnais aux souvenirs de cette histoire à laquelle je n’avais assisté qu’au travers des ouïs dires: Je n’étais plus censé porter d’armes, je ne voulais plus, mais si j’avais su que la vie d’Eireen était en jeu j’aurais donné la mienne sans hésiter une seule seconde...

    « Enchanté de faire enfin votre connaissance Lady Dunegan. » Toujours avec un sourire poli et bienveillant, j’ouvrais la boite en bois dans laquelle trônait l’arme qu’il m’avait confié. « Seigneur Esras m’a demandé de réparer sa lame, je n’étais censé la livrer que demain mais j’ai pu terminer mon ouvrage plus tôt. »

Expliquais-je alors qu’elle s’emparait délicatement du précieux écrin pour le poser sur la table toute proche. Ce geste n’était pas réellement une surprise dans la mesure où les femmes n’étaient pas censées porter une grande attention aux armes (Eireen étant la seule de ma connaissance à savoir en manier avec autant de talents)... Ce qui était très surprenant, en revanche, était la proposition qui suivit: marcher un peu en la compagnie de Lady Dunegan. Non pas que l’idée soit répugnante mais... Qui étais-je pour être une compagnie agréable à une dame de son rang? Mon cœur se serra étrangement, comme si je me sentais pris dans un étrange piège mortel. Savait-elle? Mais savoir quoi au juste?! Il ne s’était rien passé entre Eireen et moi et je n’avais parlé à personne des doutes qui entouraient mes sentiments pour elle!  

Je lui lançais un nouveau sourire, cachant assez mal ma surprise, avant de la suivre docilement vers les jardins enneigés. J’avais sur moi une veste assez chaude pour supporter le froid extérieur bien que je n’aie jamais vraiment été frileux (au grand désespoir de la vieille femme qui m’avait recueilli quand je n’étais qu’un nourrisson). Silencieusement, je marchais à ses côtés, évitant son regard en fixant mes pieds d’un air gêné. Depuis mon plus jeune âge, j’avais plus ou moins fui la compagnie des femmes, peut-être par peur de reproduire le même schéma que mon père, par peur que ces atrocités soient dans les gênes... Puis je suis devenu chevalier et c’est l’idée de ‘faire’ une veuve qui a pris le relais... Sans compter que cette femme n’était pas n’importe laquelle et sa présence était nettement plus impressionnante que celle de sa fille; ou du moins étrangement différente.  

    « Il semblerait oui et j’en suis vraiment désolé, j’aurais dû venir me présenter mais... Je ne suis qu’un humble forgeron, je ne voulais pas vous imposer ma présence alors qu’elle n’était pas justifiée. »

En effet je n’étais que le forgeron du village; pas un noble, pas un chevalier, pas dans cette vie... Bien sûr j’étais proche de ses enfants, de sa fille surtout, mais ça ne me donnais pas le droit de venir à sa porte, ça ne m’autorisait pas la prétention de venir me présenter en bonne et due forme. Que pouvait-elle avoir à faire de moi?! À moins que ma réputation ne dépasse celle de simple forgeron dans la famille? Peut-être savait-elle quelque chose que j’ignorais? Mon cœur manqua un bond à l’idée qu’Eireen ait pu parler en bien de moi, à l’idée qu’elle ait pu sous-entendre un certain attachement... Quelle idée?! Sans m’en rendre compte, je secouais légèrement la tête, reposant mes yeux vers le sol. La lumière qu’il reflétait me brûlait quelque peu la rétine mais c’était toujours moins gênant que de risquer de croiser le regard d’Eanna...

    « Et je ne suis pas quelqu’un de très intéressant... »

Ajoutais-je à demi-mot, presque honteux. Que lui dire de plus? J’avais l’impression d’être dans un interrogatoire et je préférais donc lui laisser la parole. Sans compter qu’elle m’était supérieure alors je devais me plier à sa volonté, la laisser nous guider aussi bien dans nos pas que dans nos paroles. Je laissais donc le silence retomber, resserrant doucement le col de ma veste contre mon cou, pas vraiment par nécessité d’ailleurs, plus pour... Faire un geste et l’inciter subtilement à reprendre la parole. Au fond de moi, j’étais à la fois très curieux et terrifié, un mélange de sentiments qui n’était pas du tout agréable et que je n’ai jamais réellement connu avant ce jour...

Spoiler:
 




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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Mar 9 Avr - 15:05

L'approbation d'une mère.
Eanna & Ciaran


Le château des MacNeil était magnifique, leur jardin en hiver avait tout autant de charme qu'en été si ce n'est plus. On ne pouvait pas vraiment comparer à vrai dire. Ciaran. Elle avait entendu de ce jeune damoiseau le plus grand bien. Elle avait tenté d'en savoir plus mais personne ne semblait savoir d'où venait ce jeune homme. Raison de plus pour mieux le connaître. L'occasion faisait le larron, Eanna n'allait pas laisser cette chance s'échapper. On ne pouvait pas dire qu'elle était du genre à ne pas saisir l'instant présent et de le tourner à son avantage. Modeste, le jeune homme s'était de nouveau incliner pour la remercier de ce compliment qui était sincère. Elle ne faisait jamais cela si elle ne pensait pas ce qu'elle disait. Eanna regardait l'épée dans l'écrin de bois, elle n'aimait pas vraiment les armes mais la finesse de certaines lames étaient sans pareil. Ciaran avait finit plus tôt son travail, cela était une preuve qu'il était un bon travailleur. Un point en plus pour ce jeune homme. La femme prit dans ses mains l'écrin pour le garder dans ses mains. Comme elle n'était pas très porté sur les armes, elle dévia la conversation à son avantage pour proposer une marche au forgeron. Elle venait de la classe paysanne après tout, discuter avec les gens qui n'ont pas de rang ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle avait sût garder son côté simple, elle n'a jamais oublié d'où elle venait. Eanna confia l'épée en échange de sa fourrure et prit la porte. Le faite que Ciaran soit surpris amusait la dentellière mais elle se garda bien de le dire ou bien de le montrer. Ce n'était pas digne d'elle de montrer une telle émotion en public préférant garder son masque cordial et un peu froid.

« Détendez-vous Ciaran. »


Eanna regardait droit devant elle, sa voix monotone n'était ni agacée, ni exaspérée. Apparemment, pour changer, elle troublait le jeune homme qui semblait être le plus proche de sa fille. Ce dernier, se rabaissa. La femme ne releva pas et continua de marcher, ne laissant que le bruit de leur pas dans la neige briser le silence. Finalement, elle prit la parole :

« Ceux qui disent ceci sont généralement les personnes les plus intéressantes. »

Elle tourna cette fois-ci sa tête vers Ciaran :

« Ne vous rabaisser pas. Tellement de gens doivent le faire dans votre dos, si vous aussi vous vous y mettez, vous leur donner raison. »

Eanna regarda de nouveau droit devant elle avant de s'arrêter sous un arbre qui avait protéger un banc en pierre. Elle s'installa sur ce dernier après avoir vérifié que ce dernier ne tâcherait pas sa fourrure et invita le forgeron à faire de même. Elle savoura encore un peu le silence que l'hiver amenait avec lui.

« Dites-moi forgeron, que pensez-vous de ma fille ? »

Puisqu'il semblait proche de sa perle, de sa chère fille, peut-être avait-il un avis à donner. A vrai dire, Eanna cherchait à savoir ce que pensait les hommes d'Eireen. Ciaran était tombé au mauvais endroit, au mauvais moment. La question du mariage revenait bien trop souvent et était un sujet à conflit entre Esras et sa fille. Comme la mère ne supportait pas voir sa famille se déchirer, elle se permit de jouer franc jeu avec le forgeron.

« Vous ne subirez pas la question si vous ne répondez pas, je vous rassure. »

Eanna tourna sa tête, un peu d'humour noir ne faisait pas de mal. Pourtant, cette fois-ci, elle ne laissa pas entrevoir à Ciaran le fond de ses pensées. Était-ce du lard ou du cochon ?



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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Ven 12 Avr - 18:47




« A mother who is really a mother is never free. »


Me détendre? S’il était aussi simple de le faire que de le dire! Je prenais une lente inspiration, tentant -en vain- de calmer mon rythme cardiaque effréné, de le faire redescendre dans ma cage thoracique alors qu’il remontait doucement dans ma gorge... Mon malaise était visiblement un peu trop flagrant et ça n’arrangeait rien à mon état de détresse profond. Eanna, de son côté, semblait parfaitement sereine, son visage pâle presque dépourvu d’expressions; presque effrayant. Ou était-ce simplement mes sens qui me jouaient des tours? Ce n’était pas impossible, le sang battait fort à mes tempes, presque plus que pendant une bataille... Sentais-je inconsciemment où cette conversation allait nous mener? Avais-je donc si peur que cela de perdre Eireen ou, au contraire, de me retrouver un peu trop proche d’elle? Ce fut au tour de mon cerveau de bouillir alors que je lançais un vague sourire à mon interlocutrice. Ce geste ne suffirait sûrement pas à la convaincre de mon bien être profond mais je n’avais pas d’autres ‘actions’ à l’esprit pour le moment.
 
Une chance pour moi, la conversation reprit doucement son cours, tournant dangereusement autour de ma petite personne... Je n’aimais pas parler de moi, de mon passé, ce n’était pas intéressant et c’était aussi un peu trop dangereux à mon goût. Malheureusement pour moi, avoir des amis signifiait devoir se confier un peu, assez pour qu’ils nous accordent leur confiance. Eireen n’avait pourtant rien demandé, elle avait rapidement comprit que j’avais traversé des choses un peu trop douloureuses pour pouvoir les étaler joyeusement au premier venu. Seulement je n’étais plus face à la fille courageuse mais face à sa mère protectrice, une femme qui voulait apprendre à me connaitre pour mieux savoir si j’étais digne ou non de la compagnie de son enfant. Ou peut être pour autre chose que sa simple compagnie? L’idée de mariage tournait très souvent dans la famille, le problème pesait lourd sur les épaules de tous le monde, et surtout sur celles de la jeune Dunegan... Mais moi? Non, ce n’était pas possible, je n’étais rien, et ce n’était pas me sous-estimer que de le penser.

    « Comme j'aimerai que vous ayez raison! » Souriais-je, cette fois un peu plus franchement et en lui jetant un regard en coin. Ça s’était le vrai moi, pas cet étrange personne complètement bloquée... Non pas que je sois un grand enjoué non plus mais... Je n’étais pas aussi ‘dramatique’ que j’en avais l’air en présence d’Eanna qui reprit d’ailleurs rapidement la parole. « Oh oui, j’imagine que beaucoup s’en chargent déjà parfaitement bien sans mon aide... Seulement je dois admettre qu’ajouter mon grain de sel est souvent bien trop tentant et mon passé m’a apprit à ne pas trop me soucier de l’avis des autres. »

Je me sentais un peu plus confiant, ou du moins j’avais réussit à étaler un léger voile pour me protéger un peu de cette gêne atroce. Malheureusement pour moi, cette petite parenthèse un peu plus détendue ne pouvait pas durer trop longtemps et le nouveau tournant de la conversation me fit directement descendre six pieds sous terre... Qu’est ce que je pensais de sa fille? Pour le coup, mon cœur s’arrêta net avant de tomber comme une pierre au fin-fond de mon estomac. Eanna s’était tranquillement installée sur un banc à l’abri d’un arbre; je n’avais pas encore eu le temps de la rejoindre, mes jambes à présent verrouillées et m’interdisant de faire le moindre geste... Comment répondre à une telle question? Y avait-il une bonne réponse qui me permettrait de continuer à vois Eireen sans avoir à changer notre relation? Je ne voulais pas la perdre et devenir autre chose qu’un ami était sans doute le meilleur moyen de faire le contraire... Ma gorge se serra, les mots se bloquant dans une pile incompréhensible au bout de mes lèvres. J’étais vraiment prit au piège à présent, un piège mortel.

Face à mon incompétence flagrante, Lady Dunegan reprit la parole. Elle se voulait rassurante, une légère pointe d’humour noir, subtile, mais j’étais déjà au tréfonds de la terreur, paralysé. Pourtant mon visage restait relativement neutre, mes traits s’étant aussi figés dans une expression vide. Mon regard s’était posé légèrement au dessus de ceux de mon interlocutrice, assez près pour qu’elle pense que je la regardais mais assez loin pour m’éviter d’être encore plus gêné. Mon sourcil droit s’était soulevé de façon presque imperceptible, autre preuve de mon incompréhension la plus totale. Le temps semblait se rallonger dangereusement, s’étirer sans fin et surtout sans que je puisse rien y changer... Pourtant il ne me fallut que quelques secondes pour parvenir enfin à trouver mes mots. Il ne m’était pas difficile  de savoir ce que je pensais de la jeune femme, c’était même beaucoup trop simple à vrai dire... Mais je devais peser mes paroles, ne pas marcher dans le piège plus ou moins évident qu’elle venait de me tendre. Je n’étais pas vraiment maître de tout ce qui se passait, comme hors de mon propre corps.

    « Et bien... Je pense que votre fille est une personne extraordinaire bien qu’elle puisse aussi être impressionnante. Jamais il ne m’est arrivé de rencontrer quelqu’un comme elle mais j’aimerai vraiment pouvoir vous dire le contraire. J’ai beaucoup de chance de pouvoir la compter dans mes amis et je lui serai éternellement reconnaissant de m’accepter comme je suis. »

Franc, clair. Inutile d’ajouter que je me sentais aussi de plus en plus attirer par la jeune femme, une attirance qui allait bien au-delà de l’amitié malheureusement... Les choses avaient commencées après une étrange séance de combat dans la forge, rien de bien extraordinaire au départ mais quand nos visages se sont retrouvés proches, j’ai ressentis cette atroce envie de rompre la distance... Ça ne m’était jamais arrivé avant ce jour (bien que je ne puisse pas nier l’avoir toujours trouvé très belle), jamais aussi douloureusement. Depuis, j’évitais au possible de la voir, de l’approcher de trop, je ne voulais pas céder à cette instinct, pas avec elle, je la respectais beaucoup trop... Je n’étais pas fait pour elle de toute façon: je n’étais que son ami, son confident, le seul à l’accepter aveuglement comme elle le faisait avec moi; rien de plus, jamais. Jamais elle n’avait laissé entendre une quelconque attirance envers moi, ou étais-je trop aveugle pour le voir? Trop pessimiste pour laisser entrer la lumière? Ce n’était pas impossible, surtout maintenant que cette étrange interrogatoire s’était présenté...

Après tout, pourquoi Eanna s’intéresserait-elle à moi sinon? Je n’étais qu’un ami, en quoi mon avis sur sa fille pouvait-il être d’un quelconque intérêt? Pendant quelques brèves secondes, je me pris à rêver qu’Eireen avait ordonné toute l’affaire pour s’enquérir sur mes sentiments... Si seulement elle pouvait lire dans mon cœur! Mais pour voir quoi? Je n’étais pas capable de me comprendre moi-même, sûrement parce que j’avais toujours évité ce genre de situation, les femmes, les sentiments, et même les plaisirs de la chair... Je n’étais pas un jeune puceau mais mon expérience en la matière n’était pas vraiment plus poussée... Trop de respect, de peur de devenir comme mon père, de je ne sais quoi encore. Quoi qu’il en soit, j’avais répondu à la question de Lady Dunegan et il ne me restait à présent plus qu’à attendre le verdict... Assis de préférence, maintenant que mes jambes avait reprit leur fonction première. Mes yeux étaient toujours sur le visage de mon interlocutrice, prétendant à merveille une aise toute nouvelle et surtout atrocement fausse. Je ne devais pas faire de faux pas, au nom de notre amitié.




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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Mar 16 Avr - 20:55

L'approbation d'une mère.
Eanna & Ciaran


Eanna prenait presque un malin plaisir à voir Ciaran être aussi anxieux en sa présence. Elle aurait probablement dût lui dire qu'il n'était pas le seul, mais elle préféra garder son visage de porcelaine. Il était étonnant qu'Eireen ou bien Eremon ne l'aient pas mis en garde sur leur maman qui pouvait paraître tellement froide aux premiers abords qu'on avait guère en envie de s'attarder à ses côtés. Pour Lady Dunegan, il n'y avait rien de mieux comme protection, elle pouvait prendre ses distances et ainsi analyser la situation avant de prendre une quelconque décision. C'était un garçon tout à fait étonnant, alors que d'autres ne perdaient pas une occasion de valoriser leur patrimoine -même quand ils n'en avaient pas- le forgeron restait presque muet sur ses origines, sur sa vie, sur ce qu'il était. Un élément qui mit la puce à l'oreille d'Eanna tout en piquant sa curiosité à vif. C'est pourquoi, elle le rassura immédiatement et donna rapidement le ton de la conversation. Il fallait être franc, jouer cartes sur table s'il ne voulait pas perdre une chance auprès de la mère d'Eireen. La dentellière n'était pas du genre à pardonner, encore moins à oublier. Le sourire que Ciaran lui adressa était de cet ordre, un sourire qui montrait une autre facette de son visage.

« Je crois avoir trouver en ce sourire le vrai Ciaran, je me trompe ? »

Un sourire doux, un regard maternel, qui aujourd'hui ne cachait pas son jeu ? Qui ne voulait pas garder farouchement son jardin secret ? Ce n'était pas Eanna qui allait critiquer cette protection puisqu'elle le faisait sciemment. Seul Esras pouvait y pénétrer et ainsi savoir les démons qui pouvaient parfois ronger sa femme. Le forgeron confirma les dires de la Lady aux cheveux dorée, le tempérament de cet homme commençait à plaire à la dentellière. Néanmoins, elle était consciente qu'il fallait qu'elle se méfie de l'eau qui dors. Elle n'allait pas crier victoire trop vite et comptait bien continuer à mener son petit interrogatoire. Mieux valait que cela soit avec elle qu'avec son mari, il faut appeler un chat, un chat.

« C'est une bonne chose. »

Eanna n'était pas le genre de femme à parler énormément, parfois le silence était la meilleure des réponses, la meilleure arme pour être indifférent. Pour savoir vraiment ce que pensait l'homme qui marchait à ses côtés, elle devait le mettre en confiance. Personne ne parlerait à quelqu'un dont l'on se méfie comme de la peste. L'hiver était arrivé bien vite, le paysage avait revêtit son manteau blanc et aucune trace de vert ne venait trahir la neige immaculée. Elle s'installa sur un banc qui avait échappé aux intempéries grâce à l'arbre qui avait poussé juste à côté de lui. Eanna n'invita pas Ciaran à faire de même : il était libre de ses mouvements et même de partir. Malheureusement, partir alors que la conversation n'était pas finit, surtout en présence d'une Lady, n'était pas vraiment quelque chose qui se faisait. Elle laissa le silence s'installer pour laisser au forgeron le temps de remettre ses idées en place car il était évident que ces simples mots avaient causés beaucoup de dégâts. Eanna pouvait clairement le lire sur le visage du jeune homme ce qui était touchant finalement. Cela montrait qu'il tenait vraiment à Eireen. Ciaran ne comprenait pas pourquoi pourquoi la mère Dunegan posait cette question, ou plutôt, il ne voulait pas comprendre. C'est cette hypothèse qui resta la plus plausible au final. Les compliments sur sa fille firent sourire sincèrement Eanna, elle était presque amusée. Après tout, vrai ou pas, ces compliments touchaient toujours une mère, Eireen était sa petite fille, sa seule et unique fille qu'elle chérissait plus que tout.

« Et qui êtes vous si je puis me permettre ? »

Un léger plissement de ses yeux appuya ses paroles comme si elle essayait de percer cette coquille. Après tout, elle savait que des ténèbres pouvaient se cacher sous cette armure or il était évident qu'Eanna ne laisserait pas sa fille goûter aux funestes ténèbres que pouvaient avoir un homme. Il n' avait qu'à voir Esras quand ils étaient dans leur cocon. A son âge, le forgeron avait au moins dût se battre, ne serait-ce qu'une seule fois. Malheureusement, une fois suffit pour traumatisé à vie une personne. L'air faux de Ciaran irrita Eanna qui le fit savoir immédiatement :

« Je sais, de sources sûr, que vous et ma fille vous entendez à merveille. Vous ne semblez nullement choqué par son comportement masculin alors que d'autres ont fuit depuis longtemps. C'est justement ce détail qui à piqué ma curiosité. Personne ne sait rien de vous, vous êtes arrivé presque comme par magie dans un champs de Dryas. J'aimerai que vous éclairiez ma lanterne sur ce point, ce qui n'est pas intéressant pour vous l'est pour moi. Après tout, il paraîtrait que vous vous battez à merveille et ne dites pas que c'est votre métier qui vous oblige à manier parfaitement les lames. »

Eanna n'avait pas oscillé son regard un seul instant tandis que ces mots sortaient de sa bouche. Sa voix n'avait rien d’agressive, elle était seulement neutre.

« Vous étiez chevalier n'est-ce pas ? »

La blonde les regardait depuis qu'elle était une enfant, elle savait reconnaître ces derniers. Son mari en étant un, Eanna en avait côtoyer beaucoup. Peut-être qu'elle se trompait, mais si elle avait vu juste alors Ciaran n'aurait d'autre choix que de se confier à elle.



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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Ven 3 Mai - 9:50




« A mother who is really a mother is never free. »


Mes sentiments envers la mère d’Eireen étaient assez partagés : D’un côté, son calme et sa douceur faisaient qu’on pouvait aisément lui donner le bon Dieu sans confessions ; de l’autre, ce même calme et cette même douceur laissaient penser à un poison mortel qui s’insinuait délicatement dans vos veines avant de prendre votre vie sans la moindre douleur. Quoique ça risquait tout de même d’être assez douloureux si je ne faisais pas attention... Car une chose était sûre, Lady Dunegan était entrain de me tester, sans doute pour être sûre que sa fille unique ne traîne pas avec un moins que rien. Mauvaise pioche ! J’étais un moins que rien depuis ma plus tendre enfance et les choses avaient  même empiré avec le temps. J’étais passé du statut de bâtard à celui de chevalier (bel effort) avant de tomber dans celui de traître, de déserteur puis de forgeron (bien que ce dernier reste assez positif comparé aux autres...). Un véritable échec de la nature même s’il faut bien avouer qu’elle ne m’a pas vraiment épargné au départ. Mais, comme je l’ai dit, je ne suis pas aussi ‘dramatique’ que j’en ai l’air et cette nouvelle vie m’offre quand même de belles opportunités que je serais idiot de gâcher en mettant, pour la énième fois, les pieds dans le plat. Ainsi donc je lui lançais un sourire en laissant mes muscles se détendre un peu.

    « Qui sait... »

Dis-je d’un ton léger alors qu’elle pensait avoir trouvé en ce sourire le vrai moi. Étais-je tombé sur la tête ? Elle n’était pas une amie ou une personne de mon rang, je ne devais pas me permettre ce genre de petite plaisanterie gentillette ! Même avec Eireen elles étaient à éviter... Bien que mon cœur ait entamé un rush très désagréable dans ma poitrine, mon visage ne laissait rien paraître et ce fut un soulagement que d’entendre cette petite phrase : « C’est une bonne chose », sortir de sa bouche. Je devais passer pour un imbécile de première mais je n’étais tellement pas loin de cette description que ce n’était pas très grave... Puis n’était-il pas mieux de passer pour un benêt que pour un homme agressif et machiste ? Pourtant ce côté un peu niais s’effaça aussitôt que le sujet d’Eireen arriva sur le tapis. Elle n’était pas un sujet à prendre à la légère, très loin de la même, trop loin. Et pas uniquement parce que j’en parlais avec sa mère mais aussi parce qu’elle comptait énormément pour moi. Bien sûr, il n’était pas question de parler de sentiments, mais je ne pouvais pas parler d’elle comme si elle n’était rien pour moi, je n’en étais pas capable. Presque à bout de souffle, je terminais enfin mon éloge, un peu inquiet et pourtant étrangement fier de ne pas avoir fait de faux pas... J’étais resté neutre, ou du moins assez à mon goût.

Malheureusement, la réaction de Lady Dunegan ne fut pas du tout celle que j’attendais... Je ne m’attendais certes pas à la voir émue par tout cela mais je ne pensais pas qu’elle enchaînerait directement sur ma personne, sur qui j’étais vraiment... Mon cœur s’était à nouveau arrêté net, tombant lourdement dans mon estomac qui, lui, commençait un charmant tour de manège. Ce n’était que la xième fois depuis mon arrivée après tout, je finirai peut-être par m’y faire ! Je déglutis difficilement, tentant tant bien que mal de ne pas trop faire bouger ma pomme d’adam. Qui  j’étais ? Si seulement elle s’était arrêtée là ! Mais non, voilà qu’elle me soupçonne d’être un chevalier ! Tout ça parce que je ne suis pas choqué par le comportement de sa fille et parce que je sais manier les épées que je fabrique !? Comment je vais me sortir de là moi ? Impossible de laisser planer le moindre petit silence mais hors de question de répondre trop précipitamment... Prendre un air calme, posé et, tient, garder ce petit sourire aussi. Léger. Il est normal de parler de son passé non ? Après tout c’est dans l’ordre des choses ! Logique... Au tour de mon cerveau de tourner à cent à l’heure afin de trouver une bonne variante de ma vraie vie, une légère déformation qui pourra me sauver la mise. Je m’étais préparé il y a longtemps...

    « J’aimerais en être un afin de défendre le bon peuple mais je n’ai pas le rang nécessaire pour accéder à cet honneur. Comme vous le savez sûrement je suis un bâtard et cette simple distinction est largement suffisante pour me rayer de l’ordre. Néanmoins j’ai grandi autour de jeunes chevaliers car l’homme qui a pris mon éducation en charge à partir de mes dix ans était maître d’armes. Je réparais les armes, aidais à préparer les chevaux et il m’arrivait parfois de me battre avec eux lors de leurs entraînements. Cet homme a tout fait pour que j’ai la grandeur d’âme de ces hommes mais mes origines ne m’ont jamais permis d’entrer dans l’ordre de façon officielle. Et je n’ai aucuns réels regrets, je ne cautionne pas cette guerre... En ce qui concerne mon arrivée ici, j’aimerais que mes souvenirs soient plus clairs mais je crains que l’épuisement ait très gravement amoindri mes capacités... Je sais que mon village a été attaqué, j’ai tenté de sauver les habitants, je me suis battu ce jour là mais... Il me semble que tout cela était vain... Ils étaient nombreux et fortement armés... Je me souviens des flammes, des cris... Puis je me souviens d’avoir couru vers le nord sans savoir où j’allais. » Je marquais une petite pause, plongeant enfin mon regard dans le sien. Pas de mensonge, juste quelques omissions. Mon regard était donc sincère, et les souvenirs du village me retournaient toujours autant... Pas de fausse tristesse, juste la pure vérité. « Et si je ne crains pas le comportement de votre fille madame, ce n’est que parce que nous sommes tous deux différents à notre manière. Elle n’a jamais porté de jugement sur moi, sur ma nature, et elle m’apprécie tel que je suis alors que j’ai été présenté à elle comme « le bâtard sorti de nulle part ». Ce n’était pas très honorable mais elle a pris ma défense. Au départ, je lui en étais juste reconnaissant mais à présent je sais ce qui lui en coûte et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour la protéger. Et même si je ne la pousserai jamais à en faire davantage, je crois comme elle que les femmes ont une place à tenir dans notre société et qu’elle n’est pas nécessairement en intérieur. »

Un peu chamboulé par mon propre discours, je soupirais légèrement, fixant de nouveau le sol comme si j’étais désolé de ce que je venais de dire. Mon visage n’était plus neutre mais il ne laissait transparaître que des sentiments réels. J’avais préparé ce discours dès mon réveil, je ne voulais pas avoir à me battre encore, je voulais une nouvelle vie loin de toutes ces folies. Ce n’était pas un mensonge, je n’en étais pas capable et mon honneur me l’interdisait, ce n’était qu’une vérité légèrement embellie. Dans tous les cas, je restais un fuyard, un lâche et surtout, le fils de personne, élevé dans la tradition des chevaliers, comme l’un des leurs. Théoriquement d’ailleurs, je n’aurais jamais dû devenir l’un d’eux, la loi ne le permet pas... Une exception qu’il était donc très largement préférable d’oublier et dont je n’étais plus du tout fier aujourd’hui. Reprenant un sourire un peu triste, je reposais mes yeux sur le visage de mon interlocutrice. Il n’y avait pas de doutes, Eireen avait pris la beauté de sa mère : troublante, grandiose. J’espérais du plus profond de mon cœur que cette version de ma vie convienne à Lady Dunegan. Je ne voulais pas la décevoir et, pour cela, je ne pouvais pas lui dévoiler toute la vérité. C’était égoïste, j’en étais conscient, mais je n’avais plus le choix à présent.


    « Rien de bien intéressant donc, comme je vous l’avais dit... »

Concluais-je, tentant de remettre un peu de bonne humeur dans ce récit morbide. Pourquoi morbide d’ailleurs ? Pourquoi avais-je toujours cette sensation de tristesse en parlant de mon passé, en y pensant ? Ma vie n’avait peut-être pas été des plus simples mais je ne pouvais pas non plus m’en plaindre... Peut-être est-ce simplement à cause de cette ‘incompatibilité’, le fait que je ne sois pas né dans ce clan, que je vienne du clan ennemi... J’ai lutté contre ces gens, j’ai obéi bêtement aux ordres parce que je ne savais pas qui j’étais ni où j’allais. Il n’en va plus de même aujourd’hui, j’ai un but, une vie que j’aime et surtout... Eireen... C’est peut-être à cause d’elle que je revois mon passé avec autant de noirceur, trop conscient qu’il pourrait bien être la cause de notre séparation... Même si je ne suis plus ce Ciaran là, même si je ne l’ai jamais vraiment été... C’était donc cela n’est-ce pas ? C’était ça être amoureux ? Ce sentiment dont je m’étais toujours protégé pour ne pas faire souffrir les autres ? Si j’avais su qu’il pouvait être aussi compliqué et douloureux... Peut-être que je n’aurai jamais dû fuir ma sentence, j’aurai peut-être la conscience plus légère... Mon esprit était toujours troublé, réalisant à quel point les choses étaient confuses maintenant qu’elles refaisaient surface... Il fallait très sérieusement que je fasse le point sur tout cela rapidement avant de devenir fou. Si je ne l’étais pas déjà....





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Dernière édition par Ciaran Weir le Mer 14 Aoû - 9:34, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Mer 8 Mai - 21:26

L'approbation d'une mère.
Eanna & Ciaran


Eanna était la contradiction même. Elle gardait une ligne de conduite mais le reste était imprévisible. Chacune de ses actions étaient à la fois calculés mais elle laissait toujours une part au hasard car ne dit-on pas que le hasard fait bien les choses ? Elle n'avait pas prévu de discuter avec ce charmant jeune homme, à vrai dire, elle ne savait même pas à quoi il ressemblait jusqu'à ce qu'il apporte l'épée pour son mari. Dans tous les cas, cacher ses sentiments, en montrer d'autres si cela était nécessaire rentrait tout à fait dans ses plans. Non pas qu'elle ne voulait pas que Ciaran puisse savoir ce qui ce passait dans la tête de la dentellière mais s'il pouvait l'ignorer cela l'arrangerait bien. Si ce jeune homme voulait rester proche de sa fille, il devait passer devant Lady Dunegan qui avait tendance à être une mère non pas poule mais plutôt louve. Le premier ou première qui touchait, faisait du mal à un de ses enfants pouvait dire adieu à sa vie car Eanna était une redoutable ennemie aussi certainement qu'elle était une mère aimante. Elle voulait en savoir plus sur cet homme qui n'avait pas les manières d'un simple forgeron. Il y avait quelque chose d'autre, quelque chose que la femme ne pourrait expliquer mais qui était bel et bien là. La dentellière était bien décidée à creuser même si cela n'allait pas plaire à Ciaran. Elle n'avait pas la réputation d'abandonner au moindre obstacle. Son sourire était une bonne augure pour elle. Il semblait être franc. Mais ce n'était pas suffisant. Pas encore. Eanna en attendait plus et elle comptait faire sentir au jeune homme qu'il allait devoir utiliser l'art de la parole. C'est alors que le forgeron posa son regard dans celui d'Eanna et ouvrit son cœur : ce qui eut le don de surprendre la dentellière.
Tranquillement, sans osciller du regard comme si cela pouvait aider Ciaran à continuer son récit, elle écoutait ce dernier avec une grande attention. Pas une expression sur son visage calme et impassible même quand ce dernier parla de l'attaque de son village. Le difficile retour à la réalité, Eanna avait eut la chance d'échapper à toutes ces atrocités mais elle savait que beaucoup n'étaient pas dans son cas. La guerre avait prit Isran et la jambe de son fils, elle menaçait de prendre son mari dès que ce dernier mettait son armure : elle n'était pas pour cette guerre. Néanmoins, elle savait qu'il faudrait plus que des paroles pour calmer les ardeurs des quatre chefs de Clan. La conclusion de Ciaran fit doucement sourire la mère qui était en elle. Au moins, Eireen aurait un protecteur en plus de son père et de son frère ce qui rassura inévitablement Lady Dunegan. Le forgeron affirma que ce n'était pas intéressant, ce qui n'était pas le cas de la dentellière.

« Rien d'intéressant dites-vous ? Je suis au regret de vous annoncer que votre vie est intéressante. » Son regard toujours dans le sien, ce faisait moins dur, plus doux. « Je pense au contraire qu'elle l'est car vous êtes encore en vie pour témoigner. Je suis navrée pour votre village, la guerre est malheureusement partout et les victimes sont bien trop souvent des innocents. » Eanna fit une petite pause avant de reprendre : « Je reviens sur le faite que votre condition ne vous permet pas d'être chevalier, la chevalerie à mes yeux n'est pas un titre à proprement parler. Bon nombres de chevaliers sont des incapables, n'ont rien de valeureux et pourtant ils ont le titre car ils ont de l'influence, de l'argent, des ascendants importants. Si vous voulez mon avis, les hommes sont des chevaliers dans l'esprit, dans les actes avant d'avoir le titre. » Un léger sourire se dessina sur son visage : « Vous m'avez l'air d'un homme humble, protecteur, vous savez le prix de la vie car justement vous avez vécu toutes ces choses aussi horrible soient-elles. Vous vous dites « bâtard », votre sang n'est pas peut-être pas pur mais vous restez un homme d'honneur qui vient presque de jurer de défendre ma fille coûte que coûte. Je suis dans le regret de vous dire qu'il n'y à rien de plus noble à mes yeux et pour avoir rencontrer beaucoup de chevaliers dans ma vie : je peux affirmer sans hésiter que vous avez tout pour en être un. »

Comme une mère, elle posa sa main sur celle de Ciaran pour la serrer doucement et attrapa son regard :

« Ne laissez personne dire que vous n'avez pas l'étoffe d'un chevalier car vous n'en avez pas le titre. Si ma fille à prit votre défense, sachez que c'est car vous en valez la peine. »


Eanna coupa le contact avec le jeune homme pour venir replacer sa main sur sa consoeur. Comme ça il partageait les idées de sa fille sur le fait que les femmes ne devaient pas nécessairement être à l'intérieur. Pas étonnant qu'Eireen ne veuille pas rentrer dans les rangs si on lui dit qu'elle à raison. Un soupire sortit de la bouche de Lady Dunegan :

« Je comprends maintenant pourquoi elle est si réticente à l'idée d'apprendre les bases pour être une Lady. Comprenez Ciaran qu'une femme qui porte une arme, sait ce battre est très mal vu pas notre société. Je ne dis pas que c'est une bonne chose mais en attendant que cela change, il faut qu'Eireen apprenne à rester à sa place et garder son côté masculin, rebelle pour les intimes. J'ai bien peur que cela ne lui apporte des ennuis et la dernière chose que j'ai envie c'est que ma fille ait des problèmes avec la justice pour son caractère Dunegan. »



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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Dim 26 Mai - 9:41




« A mother who is really a mother is never free. »

Je m’étais répété ce discours presque tous les jours, changeant quelques détails à l’occasion, tentant de le rapprocher le plus possible de la réalité en prenant bien garde de ne rien laisser au hasard. Ce nouveau passé était parfaitement plausible et aussi relativement proche de ma véritable histoire. Je ne devais pas faire le moindre faux pas ici, personne ne devait savoir qui j’étais vraiment, ce que j’étais vraiment. Tout était donc calculé au millimètre : Mon éducation auprès de chevaliers expliquait mon attitude et mes talents, ma naissance justifiait le fait que je ne puisse pas appartenir à ce rang de façon officielle et l’attaque du village donnait un sens à ma fuite et à mes blessures... Parfait, et facile à retenir ! Alors pourquoi étais-je aussi nerveux malgré les apparences ? Le fait que je sois entrain de parler à la mère d’Eireen y était pour beaucoup bien sûr mais je devais sûrement ce malaise au fait que je n’avais que très rarement conté cette histoire. Je préférais de très loin que les gens pensent que je n’étais qu’un mystérieux forgeron venu de nulle part, qu’un pauvre bâtard égaré dans un champ de Dryas. Au moins ils n’avaient pas besoin de chercher plus loin, et personne n’avait vraiment tenté de le faire d’ailleurs...

Quoi qu'il en soit, Lady Dunegan ne sourcilla pas un seul instant, écoutant mon histoire avec une patience d'or. Quelle que soit la version, mon histoire me paraissait peu intéressante mais Eanna semblait boire mes paroles, tentant peut être d'y trouver un détail intéressant, des indices... Mais il n'y avait rien à souligner, à remarquer, mon histoire ne différait pas vraiment de celle des autres dans le fond, pas en temps de guerre. Pourtant elle soutenait le contraire, vraisemblablement aussi obstinée que sa fille... C'était donc à mon tour de l'écouter avec attention, prenant garde de ne rien laisser de côté afin de débusquer tout piège éventuel. Je ne savais toujours pas où cette conversation menait, je n'avais pas la moindre idée du but de tout cela et je devais donc rester prudent. Et ce même si le plus dur était sûrement derrière moi: elle m'avait cru. Il faut dire aussi que c'était ma véritable histoire qui été la invraisemblable, cette version était d'une logique sans faille! Je ne serai jamais qu'un bâtard, bloqué au rang de moins que rien par le sang impur qui coulait dans mes veines. Pas de chevalerie, pas de noblesse et une trace physique pour bien me rappeler qui j'étais vraiment: Le «bâtard» inscrit sur mon poignet, à peine visible sous le bracelet de cuir que je m'étais improvisé. Elle ne pouvait que me croire et j'en étais moi-même venu a préféré cette version, j'aurais eu moins de sang sur les mains, je ne me serais pas transformé en lâche ou en déserteur...   

Quel que soit mon passé, le fait qu'elle me trouve l'étoffe d'un chevalier restait un honneur incroyable. Ces hommes représentaient tant de choses, tant de perfection! Malheureusement certaines personnes ternissaient leur image mais la chevalerie restait le modèle ultime, l'honneur le plus absolu. Je lui lançais donc un sourire sincère et plein de reconnaissance. Elle m'avait écouté et, comme sa fille, elle ne voyait pas que le bâtard en moi. Même quand j'étais chevalier, les gens ne voyaient que cela: je n'étais qu'un bâtard en armure, un bâtard avec un titre qu'il ne méritait pas. J'avais encore subit les quolibets sauf que cette fois je pouvais y répondre en croisant le fer... Chose dont il n'était plus jamais question sauf si la vie de quelqu'un en dépendait, la vie d'Eireen surtout. Il n'était d'ailleurs pas nécessaire de le cacher à sa mère qui je manqua d'ailleurs pas de le relever, posant ensuite une main rassurante sur la mienne. Le contact électrisa quelque peu mais cela ne m'empêcha pas de la laisser capturer mon regard. Tout comme sa fille, elle était honnête et ne le cachait pas. Mon sourire se fit plus franc mais ma main resta immobile sous la sienne, je ne voulais pas faire de faux pas, pas maintenant.

    « Je ne sais comment vous remercier pour votre compassion et j'espère de tout mon coeur que votre fille ne regrettera jamais son geste. »

Me protéger lui a déjà coûté, mais je fais tout pour mériter son attention, son sacrifice. Je n'ai jamais refusé de lui apprendre quelques gestes de combat, j'ai toujours était présent quand elle avait besoin de moi, quand elle voulait parler ou se détendre. Un ami exemplaire, le meilleur que je puisse être même si le battre contre elle le coûte aussi: je dois contrôler ma force, ne pas trop faire ressortir mes connaissances de chevalier pour ne pas éveiller ses doutes. Car elle connait bien nos méthodes, surtout grâce à son frère... Un danger constant mais que je ne regrette pas le moins du monde. Elle mérite tellement de sacrifices, tellement plus! Je ne comprends toujours pas les hommes qui la fuis, ils ne savent vraiment pas ce qu'ils ratent, la chance qu'ils ont de pouvoir prétendre à sa main... Mais voilà que je m'emporte à nouveau, une chance qu'Eanna soit là pour le remettre sur le droit chemin.  

    « Même si je le regrette, je sais à quel point cette attitude peut être néfaste aux yeux des autres et je ne me permettrais jamais de la mettre en danger. Je ne peux malheureusement pas vous garantir sa sécurité mais sachez que je fais de mon mieux pour la protéger et pour tenter de la mettre en garde. Vous savez mieux que moi qu'elle n'en fait qu'à sa tête alors je ne peux qu'éviter de lui donner envie de faire plus... »

C'était vrai, j'avais souvent tenté de refuser les entraînements et nous parlions pas mal de tout cela mais rien ne pouvait calmer ses ardeurs. Elle ne voulait pas être une lady, elle ne voulait pas être réduite aux corvées, entravée par le machisme ambiant. Mais il fallait vivre avec son époque, ne pas trop montrer sa différence... Que pouvais-je faire de plus, moi qui n'avait jamais pu lui dire non? Je n'étais rien face à elle, jamais, toujours trop envoûté. J'avais besoin d'elle plus qu'elle n'avait besoin de moi et j'avais donc égoïstement préféré céder à ses exigences: un minable du début à la fin, s'était sûrement générique... Seulement j'étais aussi un homme de parole et le premier qui touchera à un cheveux d'Eireen ne pourra plus jamais rien toucher, j'en fais le serment.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Ven 23 Aoû - 8:18

L'approbation d'une mère.
Eanna & Ciaran


Écouter les gens avait toujours été une de ses plus grandes vertues. Il fallait savoir écouter pour mieux pouvoir conseiller. Une oreille attentive valait toujours mieux qu'une oreille trop hâtive, une oreille. Eanna croyait en l'homme qui lui faisait face, Ciaran semblait être quelqu'un de noble même s'il estimait ne pas être digne d'être un chevalier. Tous les hommes pouvaient l'être : qu'importe leur condition. Malheureusement ce n'était pas vrai dans la société, beaucoup de chevaliers n'avaient pas l'étoffe de porter ce titre et pourtant ils l'étaient tout de même. Le forgeron ne semblait pas trouver son histoire intéressante : il était à la fleur de l'âge. Il ne comprenait probablement pas que chaque passé était unique et de ce fait intéressant. Tout du moins aux yeux d'Eanna qui était la principal concernée étant donné le lien qui unissait l'homme assis à ses côtés et sa chère et tendre fille. Le sourire de Ciaran valait tous les sourires et il trouva écho puisque le visage de la dentellière s'illumina en même temps. Voilà qu'il avait retrouvé le sourire : ce qui était une bonne chose. C'est sûrement ce sourire qui poussa Eanna à poser sa main sur celle du jeune damoiseau, comme un mère l'aurait fait à son fils. Si jamais il venait à épouser Eireen, alors il serait considéré comme tel par la dentellière.

« Vous n'avez pas besoin de me remercier. Je pense que ma fille n'a pas pour habitude de regretter ses actes car je sais que malgré son âge elle se garde bien de dire quelque chose qu'elle ne pense pas. Ses paroles sont toujours vraies, comme le sont ses actes. Vous le découvrirez bien assez tôt. »

Conclut-elle sur le ton de la plaisanterie. Eanna n'était pas dupe, elle savait que sa fille apprenait l'art de la lame. Si elle désapprouvait en public, son statut de mère était apaisée : au moins sa fille pourrait se défendre si jamais elle venait à être attaquée. Oui. Eireen pourrait se défendre. Ciaran lui assura qu'il ferait tout pour la protéger, parole que la dentellière était tentée de croire. Ce n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde vous pouvez en être sûr

« Ne perdez pas votre énergie, votre temps à la raisonner. Cela est inutile. Me voilà tout de même rassurée de savoir ma fille si bien entourée. Eireen est la prunelle de mes yeux, au même titre que l'est Eremon. »

Son regard se fit d'un coup plus dur, sa voix plus froide :

« Retenez cela preux chevalier: s'il arrive quoique ce soit à ma fille alors que vous étiez à ses côtés, je vous promet de vous faire regrettez le jour de votre naissance et je pense que mon époux se fera une joie de me soutenir. »

Puis, elle retrouva son sourire et sa voix se fit de nouveau plus légère. Maintenant que les points étaient mis sur les i, la discussion pouvait continuer.

« Je pense que vous devriez rencontrer Esras, si vous survivez à cette rencontre : alors vous pouvez être sûr que la main de ma fille vous sera acquis. »

Un sourire amusé prit place au précédent sourire qui était timide. Eanna n'était pas dupe, elle les avait déjà vu ensemble, elle avait vu le regard de Ciaran et elle le connaissait que trop bien. Il lui rappelait Esras au début de leur relation, puis de leur union.



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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Dim 1 Sep - 10:05




« A mother who is really a mother is never free. »


Raisonner Eireen était un peu comme donner des coups d’épée dans l’eau : parfaitement inutile et potentiellement dangereux... Je m’y essayais pourtant parfois, lui suggérant d’éviter certaines situations ou détourant subtilement son attention de certaines personnes. Pas très efficace, je l’admettais volontiers, mais ne dit-on pas que c’est ’l’intention qui compte’ ? Sans compter que j’avais la chance de pouvoir garder un œil sur la jeune femme assez souvent, ce qui me rassurait beaucoup. Même si ces nombreuses visites à la forge constituaient aussi une distraction dont chacun de mes membres se passeraient volontiers ! Car non, un forgeron ne se brûle pas tant que ça, pas s’il garde bien ses deux yeux sur son travail ! Minable, mais au moins je pouvais tenir la promesse que je venais de faire à voix haute pour la toute première fois. Ce n’était d’ailleurs peut-être pas la meilleure idée du monde dans la mesure où mon interlocutrice n’était autre que sa mère, mère et femme de chevaliers face auxquels je n’avais pas la moindre petite chance de survie... Trop tard pour faire demi-tour et Eanna me le fit très bien comprendre... Un peu trop bien même, si bien que je ne pu me retenir de déglutir le plus discrètement possible.

Tout à l’heure, quand elle avait évoqué la franchise de sa fille, je m’étais contenté de sourire largement, prouvant mon amusement et le fait que je sois déjà parfaitement conscient de tout cela. Oui, Eireen était une femme honnête qui ne se forçais jamais à faire ce qu’elle ne souhaitait pas faire - bien que cela ne soit pas nécessairement dans les meurs de notre époque... Un comportement que j’admirais sincèrement mais que je craignais aussi beaucoup car je savais qu’il pouvait lui attirer les pires ennuis de ce bas monde... Mais que faire ? Elle était têtue comme une mule et ne changerait jamais, sa mère et moi étions de simples spectateurs : seulement capables de faire quelques tentatives désespérées et inefficaces, n’ayant pour seule alternative que de veiller sur elle de loin, sans qu’elle ne s’en rende compte. Car si jamais elle apprenait ma ‘surveillance’, de quelque manière que ce soit, j’aurai sûrement droit à une sacrée mascarade ! Elle me dira sûrement qu’elle sait très bien se défendre, qu’elle n’a pas besoin de moi, qu’elle n’est plus une enfant et des tas d’autres choses encore, sans doutes moins polies... L’idée m’aurait bien fait sourire si je n’étais pas face à une menace de mort susurrée avec un sourire...

    « Je ferai de mon mieux Milady, toujours. »

Je ne savais pas quoi répondre de plus, mon visage était un peu plus sérieux, conscient de la sincérité de ces dires... Eireen était aussi la prunelle de mes yeux, jamais je ne laisserais qui que ce soit la toucher, mais je ne pouvais pas me permettre de pousser les aveux aussi loin. Et pourtant Eanna n’eut pas besoin de cela, suggérant d’elle-même que mes sentiments pour sa fille pouvaient dépasser la simple amitié. Mon cœur tomba comme une pierre au fin fond de mon estomac alors qu’elle suggérait que je puisse demander la main d’Eireen. Non pas que l’idée ne m’ait pas plusieurs fois traversé l’esprit mais... Eireen était totalement contre l’idée de mariage et moi... Moi je n’étais qu’un simple forgeron, pas assez ‘noble’ pour prétendre à la main de cette femme. De nos jours, les classes ne se mélangent pas et quelqu’un comme moi peut -au mieux- épouser la fille d’un paysan. Chose que je ne souhaitais pas vraiment, hors de question d’épouser quelqu’un sans sentiments, hors de question de briser inutilement un cœur ou pire, faire semblant. Mieux valait rester seul plutôt que de rendre une femme malheureuse même s’il y avait sûrement pire que d’être mariée à un forgeron plutôt bonhomme et plein de respect envers la gente féminine... Mon visage était sûrement blanc alors que je luttais pour prendre un sourire flatté. Tenir le coup, jouer le jeu, je n’avais vraiment pas le choix cette fois !

    « Ce serait un immense honneur madame mais je ne peux pas prétendre à la main de votre fille... Aussi noble puisse être mon esprit, je n’ai pas le rang requis pour cette alliance et je doute que dame Eireen voit cela d’un très bon œil. »

Respirer, ne surtout pas oublier de respirer ! Comment avait-t-elle pu deviner ? J’avais tout fait pour rester neutre, pour prétendre n’être que son ami... Un ami proche certes, mais plus un frère qu’un potentiel prétendant ! Même si Eireen semblait m’apprécier il était parfaitement inconcevable qu’elle puisse imaginer quoi que ce soit me concernant ! Elle était contre le mariage, et moi ? Moi je n’étais que son ami, son confident au mieux ! Je n’étais qu’un pauvre bâtard et même si j’étais éperdument amoureux d’elle, je ne pouvais pas l’épouser et je ne devais même pas y penser au risque de me prendre de mauvais coups de sa part. Je tentais de paraître détendu, presque amusé par cette étrange proposition et l’idée de voir la tête d’Eireen en entendant ça m’aidait beaucoup : Je l’imaginais avec de grands yeux choqués et les oreilles fumant sous le coup de la rage... Elle, épouser quelqu’un ? Hors de question ! Et un homme du peuple en plus ? Plutôt mourir ! Quoi qu’elle n’était pas vraiment du genre à distinguer les classes, notre simple amitié en étant la preuve... Quelle histoire ! Sans compter que son père ne devait pas vraiment me porter dans son cœur alors lui aussi risquait d’assez mal réagir face à tout cela... Si je ne mourais pas dans l’heure, j’étais probablement immortel.


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MessageSujet: Re: L'approbation d'une mère. || Ciaran   Lun 30 Sep - 17:10

L'approbation d'une mère.
Eanna & Ciaran

Eanna aurait parfois aimer que ses enfants héritent de son tempérament calme, calculer et posé, mais ils avaient tous les deux prient le caractère de leur père. D'un autre côté, Lady Dunegan aimait ce côté de leur personnalité, ils étaient uniques. Eireen devrait se marier un jour, tôt ou tard, qu'elle le veuille ou non et la mère qui était en elle espérait de tout son cœur qu'elle épouse quelqu'un qui à sût gagner son cœur. Esras et elle se plieront à son désir, bien que couper le cordon ne sera pas chose aisé : il le fallait tôt ou tard. Il est évident qu'il serait plus facile de laisser partir sa précieuse fille si cette dernière était satisfaite de son futur mari. D'après les deux hommes de sa vie : il y à une complicité flagrante entre Ciaran et Eireen. Eanna à donc toute de suite placer ces espoirs en cet homme au passé mystérieux. Le rencontre enfin était une grande joie : elle pouvait ainsi se faire sa propre opinion et contrairement à ce que lui avait le papa protecteur Dunegan : ce n'était en rien un démon ou elle ne savait quoi. Il semblait être un homme droit et loyal : deux traits importants chez un jeune homme. La dentellière avait sût percer à jour le jeune homme et prenait presque un malin plaisir à le pousser à bout constamment. Sa technique était mille fois plus douce que si Esras avait prit les choses en mains et il semblerait que Ciaran l'ai comprit. A ne pas s'y méprendre : Eanna pouvait également montrer les dents et ses doigts de fée pouvaient aisément coudre les lèvres du jeune forgeron. Ayant mit en garde le prétendant de sa fille, elle sourit en le voyant déglutir : chez une femme cela peut passer inaperçu mais pas chez un homme.
Ciaran lui assura qu'il fera toujours de son mieux pour la protéger. Ce n'était pas tomber dans l'oreille d'une sourde : absolument pas. Eanna saurait au moment venu utiliser ces paroles. Elle savait manier l'art de la parole et ne se gênait pas pour mettre en valeur ce petit don qu'elle espérait avoir transmis à ses enfants. Art qu'elle allait exprimer, car venait le moment délicat de la conversation. Elle ne pouvait pas demander la main de sa fille à la place du forgeron qui semblait n'avoir d'yeux que pour Eireen. Les quelques couleurs qui éclairaient son visages partirent rapidement pour laisser place à une pâleur cadavérique ne faisant que certifier ce qu'Eanna pensait. Satisfaite de son intuition, elle écouta calmement Ciaran. Elle retrouve alors un sourire maternel et très doux :

« Je perçois deux problèmes distincts dans ce que vous venez de me dire. D'une part il faut que vous sachiez que Sir Esras et moi-même étions de classe bien inférieur à celle que nous avons aujourd'hui. Nous n'avons pas oublier d'où nous venons, même si les règles de notre royaume sont strictes, ce ne sont pas les titres qui font la valeur d'un homme. »

Avant d'aborder le second sujet, elle décroisa ses jambes et se leva gracieusement :

« Quant au second problème que vous avez exposé, ce n'en ait pas un. Qu'importe ce que pense Eireen, elle devra un jour se marier et je pense que vous comme moi ne voulons que son bonheur. Je pense qu'elle est contre l'idée de mariage tout simplement parce que cela l’enchaîne à un homme, elle pense probablement qu'elle perdra sa liberté. A vous de la rassurer. »

Eanna regarda le ciel, s'emmitoufla dans son manteau de fourrure avant de se tourner vers Ciaran :

« Quoique vous fassiez, sachez que vous aurez mon soutien. Je pense que vos sentiments pour ma fille sont sincères, mon instinct maternel me dit de vous faire confiance et je vais le suivre. Ne le décevez pas au risque de recevoir mon courroux, si Esras est dangereux : je le suis tout autant. Néanmoins votre cœur est noble, une qualité qui me suffit. Le titre n'est pas sans importance certes, néanmoins nous trouverons un moyen d'y remédier. J'y veillerai. »

Lady Dunegan fit une révérence :

« Je vous souhaite une excellente fin de journée. Merci encore pour l'arme de mon époux, je suis persuadée qu'elle conviendra. »



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L'approbation d'une mère. || Ciaran

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