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 Burning Leaves • MAEL & BALDWIN

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Eastern Highlands

▷ MESSAGES : 632
▷ INSCRIPTION : 18/03/2013
▷ LOCALISATION : Avec mes hommes, que ce soit sur mes terres ou sur un champ de bataille.
▷ ÂGE : 33 ans


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Ensiferum


MessageSujet: Burning Leaves • MAEL & BALDWIN   Sam 6 Juil - 21:45

« Burning leaves,
Black ashes on my eyes,
Cross my fears,
Why ?
Burning leaves,
That path that reach to the sky,
The flame within me is gone. »
Ensiferum



màel & baldwin


► L I S T E N

Mes pupilles scrutaient l'horizon ; elles étaient lasses de ce paysage. Elles ne l'aimaient plus, ou du moins, plus autant qu'avant. Décrochant le regard de la fenêtre, un soupir s'évada d'entre mes lippes tandis que j'écoutais les bruits alentours. Les sons de cette vie quotidienne qui continuait de défiler malgré la mort qui sévissait dehors, malgré les désastres qui s'abattaient sur nous, malgré l'existence elle-même. Quelque chose manquait au tableau de ma propre vie ; nombres de personnages s'en étaient effacés, balayés par le temps ou rongés, voir arrachés. Leur absence formait un trou béant en mon être qui s'évertuait pourtant à tenter de les recoudre. Mais il échouait. Toujours, il échouait. Comme s'il était voué à subir l'échec cuisant de son impuissance face au destin. Posant délicatement ma dextre sur les pierres d'un des nombreux couloirs du château, je remarquai une irrégularité toute particulière ; elle semblait n'être qu'un coup de plus parmi tant d'autres, une difformité naturelle même peut-être. Mais elle était la trace d'un passé que je regrettais amèrement ; elle était les vestiges d'une bataille plutôt animée entre un des mes aînées et moi-même. Nullement comparable à notre dernier conflit ; juste un entraînement, un jeu même, qui était censé réveillé en moi un certain instinct guerrier, une fois que j'avais refusé de me prêter à l'art militaire au profit d'un recueil empli de contes et légendes. Mes frères me manquaient, peut-être plus que de raison. Je n'étais que leur cadet, le dernier bambin d'une fratrie qui avait toujours été unie, telle une meute de loups. Ce qui s'était montré le plus ardu à apprendre, c'était d'avancer sans eux ; j'étais devenu un animal solitaire, sans plus de confrères vers qui me tourner. Certes, j'étais entouré de nombreux hommes, dont certains étaient les plus compétents des Eastern Highlands mais ils n'étaient pas liés à mon sang, à ma chair. Puis, il y avait cette raison que je n'osais confier à personne d'autres qu'à mon propre être ; je n'étais pas le meilleur laird qui puisse être pour les Menzies. Grim l'aurait été. Il état notre aîné à tous, celui qui, d'une main de fer soigneusement rangée dans un gant de velours, aurait mené le clan à une prospérité sans équivoque. Jamais un des membres de notre clan - ni même de ceux voisins - n'auraient osé remettre son autorité en question. Par contre, en ce qui concernait la mienne, combien de fois la plaquaient-ils sur le sol, me rappelant, non sans une pointe de regret dans la voix que j'étais le dernier vestige d'une lignée ruinée, pourrie à la racine ? Alors je devais lever la voix et le poing ; leur montrer que malgré la place que j'avais un jour tenue, malgré ce passé que je traînais derrière moi, j'étais aujourd'hui bel et bien leur chef. C'était ce qu'il leur fallait car en ces instants, ils se rappelaient alors que, contrairement à certains lairds, j'avais dû gagner mon titre à leurs yeux, ne pouvant plus jouir pleinement des privilèges de l'hérédité. Le respect qu'ils nourrissaient envers ma personne n'en était alors que plus grand, plus fort, et ils étaient prêts à me suivre. Il arrivait juste qu'un rappel à l'ordre soit nécessaire et sans doute était-ce une bonne chose, une façon de les rassurer peut-être.

Régulièrement, je me montrais hors de l'enceinte du château, indiquant ainsi muettement à mes sujets que j'étais auprès d'eux et que jamais je ne les abandonnerai, même en temps de guerre, même devant tous les cataclysmes du monde. Beaucoup me saluaient, tandis que d'autres m'observaient de loin, se demandant encore quelle drôle de folie avait traversé l'esprit de mon père alors que quelques uns continuaient à m'assassiner d'un regard tranchant ; ils n'y croyaient pas. J'étais un homme de la pire espèce pour eux, ayant anéanti ma propre famille afin de prendre les reines du clan ; quelle curieuse idée. Si je pouvais seulement me décharger de toutes mes responsabilités, il y aurait longtemps que je l'aurais fait. Personne ne m'avait préparé à une telle destinée ; c'était comme si l'on m'avait arraché du chemin que j'apercevais tout tracé devant moi pour me coller sur une route lugubre emplie d'embuches et de démons ; je devais déjouer les pièges tout en luttant contre d'horribles monstruosités que j'avais hélas parfois bien du mal à chasser. Heureusement, j'étais entouré d'hommes aussi braves que compétents dans ce monde sombre, ils m'apportaient leur lumière et en ces instants, je sentais que, finalement, ma place était bel et bien celle que j'occupais.

Ce jour-là, quand je fus de retour au sein du château, je soupirai rapidement en remarquant un garde s'approcher, l'air grave, me préparant à recevoir de terribles nouvelles ou toutes autres choses aussi agréables à entendre. L'envie de devoir me confronter à divers problèmes n'était pas présente en mon être - à vrai dire, elle s'était enfuie violemment, préférant déguerpir, me laissant seul avec mes désirs de rêvasserie et de tranquillité. Mais le discours de l'homme me sembla bien loin de toutes les calamités que j'avais pu imaginer, m'étonnant moi-même de la légèreté soudaine de la situation : un voleur avait été attrapé. Fort bien. Mon interlocuteur sembla étonné de mon air surpris, autant qu'il le fut de ma réponse. « Eh bien, coupez-lui la main. La dextre, l'autre, je n'en ai que faire à vrai dire. La loi n'a pas été modifiée à ce que je sache. » J'avais prononcé cela avec l'évidence de toute la Terre ; eh bien quoi, cela était vrai. Certes, je devais être mis au courant de tout ce qui se passait sur les terres des Menzies, celles que je m'efforçais à gouverner, mais être dérangé pour si peu me rendit soudainement las ; mes hommes étaient-ils vraiment si dépendants de ma personne ? A vrai dire, certains d'eux devaient l'être, tandis que d'autres se porteraient très bien sans chef. Une histoire de dominants et de dominés très certainement, un peu à la manière de ces canidés sauvages peuplant nos forêts et hurlant à la pleine lune. Observant la silhouette du garde rejoindre un de ses confrères, j'écoutai un instant leur conversation, scrutant leurs êtres s'éloigner. « C'est presque cruel. »  « C'est la loi. »  « Non, pas ça. Je veux dire... Ce gars a déjà la gueule ravagée, maintenant qu'on va lui couper la main, il risque de crever là. »  « Sans doute l'a-t-il cherché. »

Ce ne fut qu'après quelques instants de recherche que je tombai sur mon fidèle bras droit, Brynjolf, qui se trouvait entrain de débattre sur quelques tactiques militaires avec deux autres chevaliers. J'ouvris la bouche afin de lui faire part d'une nouvelle qui me semblait importante mais, à l'instant même où mes lippes se séparèrent, rien ne sortit de ma bouche tandis que mes pupilles se dilatèrent, surprises par l'écarquillement soudain de mes paupières. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, laissant crédules les trois hommes, je partis en courant, cavalant comme pour ma propre vie, leur hurlant que ce n'était rien, qu'il fallait que j'arrange un problème personnelle de la plus haute importance. Gueule ravagée ! Ça ne m'avait pas effleuré l'esprit, non, pas à l'instant, tout cela était trop loin, encré dans mon passé, derrière moi. Mes foulées étaient amples, mon souffle court de ce soudain changement d'allure mais il fallait que je me presse, espérant de tout mon être que celui qui devait se charger du châtiment de l'homme soit plus lent qu'un escargot, qu'il prenne son temps - qu'il le frappe un peu même avant, l'humilier peut-être, mais pas de sentence trop rapidement infligée, j'en suppliais les dieux.

En misant sur les cachots, j'avais deviné avec succès où ce bougre de voleur avait été amené, sans doute enfermé un moment en l'attente de mon consentement pour que son châtiment soit décidé et infligé. Ouvrant la porte des lieux à la volée, j'arrivai à point nommé, apercevant l'exécuteur une lame en main, s'apprêtant à saisir le bras du coupable étant maintenu par deux autres gardes. « LACHEZ CET HOMME ! » hurlai-je subitement, satisfait de l'effet de surprise que j'avais causé pour interrompre cette action qui promettait d'être sanglante. Reprenant mon souffle, je répétai mon ordre, observant le bourreau tout à fait abasourdi, à la manière de toutes les autres personnes présentes. « Je vous l'ordonne, lâchez-le... Je... je dois en avoir le cœur net. » finis-je par déclarer, redressant l'échine tandis que mon souffle sifflait encore, trop rapide qu'il était. Le cœur battant autant à cause de ma course que de la pression qui me tint soudainement à la gorge, je m'approchai du malheureux prisonnier que mes hommes redressèrent sans ménagement, comme le criminel qu'il était. Mes pupilles se mirent alors à scruter ce visage qui, en effet, était ravagé, marqué par les flammes à vie. Cela ne pouvait être que lui. Il n'avait pas tellement changé depuis ces années et, à vrai dire, sa cicatrice n'était semblable à aucune autre. Je sentis ma poitrine se soulever sous l'effet de l'émotion, mes yeux s'attendrirent et mon visage précédemment crispé se détendit. J'humectai nerveusement mes lèvres, venant doucement déposer ma dextre contre l'épaule de cet homme, comme pour m'assurer qu'il était bel et bien réel. Il l'était, son corps, solide sous mes doigts, tenait bien devant moi, dressé dans mes cachots. Je n'étais pas certain qu'il soit réellement là, que ce soit réellement lui, que ce soit... « Màel ? »

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Eastern Highlands

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BURN. BURN. BURN.
On prend un enfant de deux ou trois ans, on le met dans un vase de porcelaine plus ou moins bizarre, sans couvercle et sans fond, pour que la tête et les pieds passent. Le jour on tient ce vase debout, la nuit on le couche pour que l’enfant puisse dormir. L’enfant grossit ainsi sans grandir, emplissant de sa chair comprimée et de ses os tordus les bossages du vase. Cette croissance en bouteille dure plusieurs années. A un moment donné, elle est irrémédiable.

MessageSujet: Re: Burning Leaves • MAEL & BALDWIN   Mer 10 Juil - 14:22

Froid. Faim. Soif. Ah quelle misère que de trainer sa pauvre carcasse en dehors de la belle chaleur d'un foyer. En ais-je seulement déjà eu un ? Une très bonne question en perspective. De mes souvenirs, il ne reste que de vieilles ruines tapissées par de belles toiles d'araignées gigantesques. L'on s'acoquine un jour ou l'autre de la forêt, des arbres, de l'herbe. Je suppose. Pourtant en plus d'une vingtaine d'années à frôler ces terres, je ne suis pas encore habitué aux coups assez rudes du temps. Hier une tempête, en ce jour ? Je pourrais me qualifier de chanceux. Pourtant, mon estomac hurle à l'infamie, à l'injustice de n'avoir rien avalé depuis quatre lunes au moins ! Je l'entendrais presque se plaindre avec une voix plus que stupide. Le froid quant à lui, j'aime à croire qu'il dévorera mes doigts et une fois arrivé face à une demeure, ils tomberont devant la personne parfaitement ébahie, ou bien dégoutée, à voir selon ses habitudes. Alors plus rien ne se voit vraiment, outre l'horizon neigeux qui peine à se finir. Horriblement je ne sens même pas la fin s’immiscer dans ma peau, ce n'est pas pour maintenant. Demain, d'ici quelques années, mais là, c'est mon coeur qui s'amuse à se battre malgré cette fatigue aussi insupportable qu'une vile torture. Pour une fois, le qualificatif de pauvre me va à ravir. Sans argent, sans rien entre les dents, c'est tout juste si mon esprit ne me jouerait pas de sales tours. Une odeur au loin, un animal cuisant au dessus d'un feu doux. Inspirant un long moment, tout en grimaçant pour cause d'un vent m'arrachant quelques lambeaux de chairs, cette fois-ci, mon ventre se roule, me fait mal. Tirant un peu plus sur le morceau de cuire qui tient mon cher destrier - ou plutôt ce vieux canasson -, lui aussi mérite sa petite minute de gloire. Des couleurs grisâtres au loin, qui pourtant me rappellent cette sensation que rien n'est jamais perdu. Passant une main sur ma cape pour l'ajuster sur mon visage, je m'avance d'un pas pressé vers ce qui me parait être des êtres réellement humains. Il est vrai qu'à force de passer des nuits à l'extérieur, parler à un lapin est d'un naturel déroutant. Une immense porte en bois ouverte, et l'existence se trouve là. Quelques regards jetés sur mon corps, des enfants qui cessent de jouer. Me prennent-ils pour le cavalier de la mort ? Ce titre me conviendrait, à vrai dire je le porterais même avec la plus grande fierté. Accrochant mon cheval à une attache en bois, là vient le moment d'analyser son endroit de prédilection. Des poches ouvertes, des fruits, de la viande, même quelque chose d'à moitié rongé pourrait me suffire. C'est avec une certaine admiration que mes yeux se perdent sur l'immense bâtisse plus loin. Tout est formé ainsi, un simple petit village, une forteresse et pour finir la demeure du grand homme, ou de la grande femme qui dirige ce morceau de bonne populace. L'envie passe son doigt vicieux sur le bout de mes mains. Ce serait mentir que de dire que je n'ai jamais ne serait-ce qu'une fois, envié l'un de ces grands hommes qui ne manquent de rien. Je ne suis ni capable de m'en plaindre, ni d'en avoir mal. Mon sac d'horreurs est sur mon dos, je dois le porter avec fierté. Après tout, cette vie, je n'ai pu que la choisir, l'accepter avec ses défauts, ses qualités, tout ce qui en rapporte. Frottant un peu mes paumes pour les réchauffer, maintenant il s'agit de trouver bonne âme charitable qui saura m'offrir, me prêter sa bourse durant une durée encore indéterminée. Pinçant ma lèvre inférieure, j'hausse les sourcils. Une femme, un vieil homme, une petite fillette cachée derrière de beaux vêtements. Sans conteste mes outils me servant à mon méfait, se glissent indéniablement dans la ceinture du vieil hagard. Pourtant, aussi furtif soit-il, son regard croise le mien et je sens ce pétillement qui me présage la fin. Je n'arrive pas à cerner ce qu'il baragouine dans sa barbe grisâtre, pourtant son nez crochu bouge, à ne pas en douter par les frissons qui me traversent, il hurle au vol.

Courir, pour sa survie. Courir pour se donner une raison de se lever, de voir le soleil se coucher. Mon coeur s'emballe, j'entends derrière moi le tintement d'armures argentées. Nom d'un chien, le pire dans cette histoire doit être que ces idiots bon à faire les animaux sont bien rapides. Vite, mon cheval. Mes pas frôlent à une vitesse folle la terre froide, pourtant, rien ne se passe comme prévu. Si je me vois déjà en dehors sans rien dans les poches, ne revenant certainement jamais dans ces lieux. Rien ne se fait, rien ne se cache. Même le destin n'envoie pas des signes que tout sera fait à l'avance. Les mains jointes, tiré en arrière, l'un d'eux m'arrache sans ménagement la cape qui menace de se déchirer. Ils se marrent, se bidonnent, tout juste s'ils ne se rouleraient pas par terre. « Tu croyais nous avoir ? T'vas payer d'avoir voulu voler sur les terres Menzies ! » Ne laissant qu'un soupir traverser mes lèvres, je vois un coup de tête de la part du jeune homme. Il doit toucher les vingt ans, si ce n'est un petit peu plus. Il devrait avoir plus de respect pour ses aînés. Pris au piège dans un monde que je ne connais guère, je suis vite emmené dans un lieu loin d'être enchanteur. Une odeur de pisse, de bouffe en train de pourrir, et des cris un peu plus loin. Une lourde grimace vient s'installer sur mon visage, je suppose que l'on ne s'habitue jamais au malheur des autres. Si encore il n'avait été qu'une histoire de cachot, enfermé dans une cage, non pourtant, le sort qui m'est réservé est bien pire. Tiré par les cheveux pour me jeter presque sur une table, c'est une vue plus que sinistre qui s'offre à mes yeux. Du sang séché depuis quelques jours certainement, une odeur ferreuse, et plus loin, plantée, trônant dans toute sa splendeur, un couteau assez gros pour vous arracher une jambe. Ils ne me laisseront certainement pas le choix de quelle main couper, la gauche ou à la droite ? A choisir, je pourrais dire la gauche, je ne m'en sers que trop peu. Bien que j'aimerais avoir les deux pour pouvoir survivre en dehors. A ne pas oublier que le traitement de faveur est pour les bons, quitte à me couper quelque chose, autant ne pas soigner, laisser pisser le sang jusqu'à ce que je me vide tel un cerf égorgé. Je ne sais pas ce qu'ils trament, ils doivent attendre les ordres du chef des lieux. C'est à en rire. A croire qu'ils ne sont capables de rien s'ils n'ont pas ces quelques mots de faire ceci, ou bien cela. « Qu'est-c'que t'attends pour m'trancher ? » Impatience ? Je crois dire que oui. S'il doit me faire subir une ignoble torture, autant la finir de suite. Avec une gueule aussi ravagée par le temps, par le passé, j'aime à croire qu'avec un membre en moi, certaines bonnes gens me prendront en pitié. A la monnaie des pauvres, autant se poser sur d'autres arbres pour pouvoir bien respirer. Un hochement de tête venant d'un autre, vient l'instant où parait-il une partie de son existence glisse sous nos propres yeux. Même les mauvais moments, quand tout les instants se glissent, l'on parle de la mort. Là, ce n'est qu'à moitié que je compte crever. Malpropre, gueux, je ne peux pas affronter cette malheureuse idée. Alors mes paupières se ferment, le rêve laisse place au cauchemar, la douleur confuse à celle infuse qui parcourt mes veines. Mon sang tape contre mes tempes alors que tout mes organes menacent de se dégager par ma bouche. La peur. Quel étrange sentiment. Combien de temps ais-je eu l'audace de l'oublier ? Peut-être que depuis que Callum n'est plus. Déglutissant difficilement, j'aimerais hurler pour qu'il abatte son instrument du diable sur ma chair. « LACHEZ CET HOMME ! » Pardon ? Serait-ce donc une mauvaise blague ? Une fourberie ou un être totalement fou pour s'interposer entre ma peau et l'objet coupant ? Je n'y crois guère. Il doit vouloir me préparer pire, soyons imaginatifs, coupons lui la tête ! Pourtant, il répète sa phrase alors que je me met à rire sous le coup des nerfs qui se mettent doucement à relâcher cette pression palpable. Je pourrais gueuler au bourreau de bien écouter son maître et dieu dans cette demeure, pourtant, je n'y fais rien. Par la colère un homme perd le contrôle, ne se modère plus. « Je vous l'ordonne, lâchez-le... Je... je dois en avoir le cœur net. » Là pourtant, je comprends mieux. Sûrement pour voir le sale visage de celui qui a osé frôler l'argent d'un vieillard. Se moquer ? Qui saurait le dire. C'est pourtant avec l'estomac serré, que cette voix me rappelle quelque chose. Fronçant mes sourcils, toujours plongé dans le noir le plus complet et redressé comme un modeste jouet.

« Màel ? » Et c'est à ce moment précisément, que mes prunelles daignent croiser celui qui a certainement donné l'ordre de me faire subir un tel affront. Sans ménagement, mon souffle s'est coupé. Un fantôme vient d'apparaitre dans mon horizon, un souvenir aussi vieux qu'une belle journée d'été. Des rires crétins, des paroles loin de paraitre bien intelligente, un gamin maigre menaçant de se faire toucher par le vent de la famine. Je n'ai jamais su son nom. Seulement son prénom. Baldwin. Ce vieux compère. Cette troisième roue qui nous a offert durant l'espace de quelques jours, un peu de baume au coeur. Lui offrant des connaissances que seuls nous deux, pauvres idiots, connaissions. Sujet préféré des railleries sans précédent de Callum, c'est un large sourire qui vient s'installer sur mon maigre visage. De mon oeil droit, je peux y voir maintenant, quelqu'un de grand. Avec une puissance sans égale. Non pas la fierté, mais la joie d'enfin retrouver ce que l'on croyait perdu. Comme étant gosse, quand tout se résumait à chercher des feux follets dans les coins sombres des vieilles maisons, dans les forêts macabres. « Baldwin ! » A en juger par le silence qui nous entoure, c'est l'étonnement qui a touché les gardes, ceux qui sont à sa merci. Pourtant, j'ai cette chance de le connaitre depuis assez longtemps pour le considérer tel un proche, et ne pas avoir besoin de lui donner ce titre de Laird, non pas ce blond qui était souvent dépité en nous entendant moi et mon compère nous débattre sur des sujets futiles. Tant de mystères autour d'un seul être, à le voir ainsi, je pourrais imaginer de folles histoires. Assassinat, héritage, prise ? Je ne saurais le dire. Si les hypothèses se calent dans un coin douillet de mon crâne, mon rire résonne à nouveau contre les murs froids et épais. « Alors comme ça, c'toi qui a donné l'ordre de m'couper l'poing ? » Haussant les sourcils, pour à mon tour me donner le mot d'ordre d'être outré au complet. Un petit coup d'épaule suffit pour que la pression des mains dégoutantes des hommes me relâchent, je sens pour autant leur attention me traverser le corps. Qu'importe ce qu'ils diront, ils ne peuvent plus rien me faire maintenant. Un pas, puis deux. Baldwin n'a guère changé. Si ce n'est une tignasse bien plus longue et cet air toujours aussi dur coincé dans le regard. Bleus sont ses yeux, bien des fois il m'a rappelé ceux qui ont voulus nous arracher à nos origines. Ces vikings sanguinaires aux boucliers bien difficiles à briser. Ces légendes, ces personnes venant des endroits froids, supportant les lacs et mers gelés. Cette force il doit la détenir de ces gens-là, sans avoir pourtant cette animosité maladive qui les caractérisait jadis. « J'm'attendais pas à un accueil aussi musclé venant d'ta part. » Mes dents ne font que se montrer un peu plus. Je crois que rien n'est perdu au bout du compte. Que même si Callum me fixe de là-haut, arrive à vivre à travers le collier en fer que j'ai autour du cou, peut-être ne suis-je pas totalement maudit au bout du compte. Si Baldwin a survécu à tout ce que nous avons pu endurer, bon nombre des voyageurs croisés doivent encore parcourir les étendues de neige. Même si le destin a voulu que la poisse me colle, que la malchance s'abatte sur ma tête, parfois pourtant, elle peut m'offrir de ces moments qui restent uniques et posent cette petite plante, cette décoction sur ma pauvre dégaine meurtrie.

_________________
Beautiful scar.
Tu as dit "Dieu est cruel" de la même façon qu'une personne qui a vécu toute sa vie à Tahiti pourrait dire "la neige est froide"… Sais-tu à quel point Dieu peut être cruel, David ? D'une cruauté fanatique ? Parfois il nous laisse vivre.
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MessageSujet: Re: Burning Leaves • MAEL & BALDWIN   Jeu 11 Juil - 12:18




màel & baldwin


► L I S T E N

Inspirant profondément, expirant lentement l'air s'étant engouffré en mon être, j'observais ce visage que jamais je n'aurais pu oublier. Régulièrement je repensai à lui, à eux. Màel était un fantôme du passé dont l'ombre hantant mes pensées éclairait parfois mes pas. J'aimais me souvenir des quelques instants que j'avais passés auprès de ces deux hommes, Màel et Callum, ces deux vagabonds, voyageurs de l'éternel, arpentant les terres de l'Ecosse, défiant les riches de leurs mains expertes et de leurs jambes exercées à la fuite la plus rapide. Cela ne faisait pas vraiment longtemps que j'avais été chassé de mon foyer quand ma route croisa la leur ; raillant mon être sans même sembler être conscient de ma présence, j'avais d'abord cru qu'ils voudraient me livrer avant de me rendre peu à peu compte qu'ils étaient loin de se douter que j'étais le fils Menzies dont la tête était mise à prix. Restant méfiant, j'avais accepté qu'ils s'approchent tandis qu'ils remarquaient avec un certain amusement que malgré ma maigreur affolante je restais debout. Proie farouche que j'étais, j'avais finis par baisser les armes, incapable de résister et désireux d'un peu de soutien dans ce monde cruel où l'on m'avait jeté. Les quelques vivres que Runi m'avait généreusement mis à disposition sur l'échine de la jument m'accompagnant étaient épuises depuis hélas trop longtemps et, ne possédant pas d'arc, la chasse se révélait être un exercice des plus ardus. Je m'étais rabattu sur l'idée de la pêche pour survivre quelques instants de plus mais dans cet art là non plus, je n'excellais pas vraiment. Mon enfance passée à courir en-dehors du domaine de notre famille m'avait au moins valu que je ne meurs pas de suite, tout de même habitué à la nature sauvage de nos contrées malgré mon titre. L'apparition de ces deux gaillards dans mon existence m'avait parue être comme un don des dieux ; ils avaient réussi à les diriger vers mon être en péril, m'accordant la possibilité de me relever après les multiples coups qui m'avaient été assénés, tenant peut-être de récupérer la folie des hommes en épargnant ma vie. Peu importait ce qu'ils avaient désiré ; le fait était que ces deux hommes m'étaient finalement apparus comme des compagnons de fortune qui partagèrent généreusement l'entièreté de leur savoir. Leur simplicité me fit du bien ; là où les grands hommes aimaient se prendre à la gorge pour des histoires de guerre et d'honneur, ils en restaient à se piquer l'un l'autre au sujet de quelques broutilles et autres futilités de la vie. Je m'étais pourtant bien gardé de leur livrer mon nom ; juste Baldwin, c'était excellent. Ils n'avaient pas besoin d'en savoir plus, ce n'était pas nécessaire. Car, malgré une certaine confiance que je leur avais accordée, une peur éternelle d'être retrouvé me rongeait les entrailles, me réveillant trop régulièrement durant la nuit dans un sursaut effrayé, prêt à transpercer de la lame que je gardais tout près de moi, n'importe quel intrus. Mais, alors que je recouvrais mes esprits, je les apercevais tout deux avant de soupirer et d'être apaisé ; je n'avais rien à craindre de désastreux avec eux. Chaque jour je tentais de m'en persuader, ne supportant pourtant pas qu'ils se trouvent dans mon dos ou qu'ils discutent sans que je ne perçoive le sujet de leur conversation ; la crainte me consumait. Mon propre père m'avait trahi, comment pouvais-je espéré que ma conscience accepte deux inconnus aux bonnes intentions ? C'était une continuelle confrontation entre la joie d'être avec eux et les tensions animant mon être. Car, après quelques temps seulement, mon cœur s'était agrippé à ces deux êtres, me rassurant en me murmurant que dans ce monde, tout n'était pas sombre et blessant.  

Quand nos chemins s'étaient brutalement séparés à cause d'un vol à la tire magistralement échoué, j'avais d'abord tenté de les retrouver, errant aux alentours avant d'abandonner mes recherches ; ils devaient être loin, partis, évaporés. Après quelques jours, l'idée que je refusais d'accepter finit même par me persuader du pire ; ils s'étaient faits prendre. Alors j'avais prié mes dieux, les suppliant de leur venir en aide, ne fusse qu'un peu. Ils le méritaient bien plus que de nombreux hommes. Grâce à eux j'étais non seulement resté en vie mais j'avais surtout appris à survivre. Tout ce qu'il me restait du duo était un arc que Màel m'avait taillé de ses mains et qui trônait quelque part dans mes appartements. Quand quelqu'un me questionnait sur l'origine de cette arme, je leur offrais une vague réponse, n'appréciant que très peu m'étaler sur le passage noir de mon exil, me contentant le plus souvent d'un mystérieux « Pour que je n'oublie jamais. » dont le curieux devait se contenter. L'arc était comme une boîte où j'avais enfermé mes souvenirs, sa simple vue éveillait en moi une certaine mélancolie et le doute s'immisçait en mon être au sujet de ceux qui furent un jour mes compagnons. Avaient-ils survécu ? Cette question revenait à chaque fois que mon esprit se souvenait de leur mémoire. Mais jamais je n'aurais cru un jour retomber sur l'un d'eux, maintenant que j'avais quitté ma vie de vagabond, reprenant les reines de ce clan en perdition, blessé par son propre dirigeant. Je l'avais redressé et aujourd'hui, ce peuple m'avait accepté comme laird et m'appréciait assez que pour me laisser là où j'étais sans tenter d'aller chercher un lointain parent afin de me remplacer. Et en ce jour, Màel avait ri, par nervosité ou par désespoir ; il ne s'était pas montré assez rapide ou assez prudent, qu'importe, il allait se faire punir pour toutes ces années, pour tous ses méfaits. Sans doute avait-il peur, à en croire ses yeux clos. Je craignais également, pas de la même façon, certes, mais la peur me rongeait également. Celle que ce ne soit qu'un doublon, une pâle copie, comme si une nouvelle déception me guettait. Mais son rictus me rassura et fit naître un de ses semblables sur mes propres traits. Mon prénom résonna soudainement dans ce silence perplexe ; qu'avais-je donc encore inventé là ? Mes hommes étaient habitués à mes fantaisies, remarquant parfois avec un certain dépit que jamais je n'avais été éduqué dans l'optique d'être laird, bien que je m'évertuais souvent à tenter de l'être pour le mieux. Mais la phrase qu'il prononça ensuite fit évanouir ce sourire, me rappelant soudainement la gravité de la situation, jetant un coup d’œil au bourreau qui semblait presque perdu de ce soudain changement de situation. Cependant ce qu'il ajouta m'arracha une risette, un petit rire s'échappant soudainement de ma gorge. Mes pupilles se posèrent alors sur son visage, le mirant, le scrutant, comme pour se rappeler, comme pour s'assurer qu'il n'était pas qu'un mirage survenu dans les cachots de la bâtisse que j'habitais, comme un démon à la mâchoire décorée de mille crocs prêts à lacérer ma chair.  « Je ne m'attendais pas à ce que tu sois attrapé. » lui déclarai-je en lui adressant une petite moue déçue.  « Tu sais, connaître le laird d'une terre sans vraiment le savoir n'excuse pas un crime, surtout quand il est un échec. » Mes traits s'étaient raidis ; si je ne me montrais pas à la hauteur de la situation, mes hommes douteraient de moi. Je me tournai vers l'un d'eux dont la stupeur le fit répondre après un court instant de réflexion profonde.  « Qu'est-ce que cet homme a dérobé ? » « Rien, mylaird, il n'en a pas eu le temps. » Surpris par l'étonnement, mes pupilles circulèrent entre le garde et le prisonnier, incrédule. « Vous m'aviez décrit l'affront d'une toute autre manière. Je croyais à tort que ce vieillard s'était fait détroussé d'une façon bien plus conséquente. » Il haussa lentement les épaules en jetant un regard vers le collègue qui m'avait averti de la situation dont le visage rougit rapidement, percevant soudain mon regard le transperçant et le poids de l'accusation reposer sur ses épaules. Je soupirai longuement avant de redresser l'échine, préparant avec précaution les mots que j'allais utiliser ; comment expliquer clairement la situation à mes hommes pour qu'ils comprennent ?  « Messieurs, si je suis aujourd'hui devant vous, sachez que cet homme y a fortement contribué. » commençai-je d'une voix forte, m'adressant à l’entièreté des personnes présentes.  « De plus, son crime ne vaut plus que, dans le pire des cas, quelques heures au piloris. Néanmoins, lui étant redevable, je pense que nous pouvons épargner cet homme pour cette fois. » J'avais parlé, ils m'avaient écouté. Leurs pavillons s'étaient grand ouverts, à mon écoute, analysant chacune de mes syllabes, tendus qu'ils étaient par la situation. Je les laissais songer, gardant un œil sur Màel, préférant d'abord m'occuper de mes hommes afin d'éteindre un feu qui risquait d'être ravageur si je ne le calmais pas dés l'instant. Ce que je craignais arriva pourtant, entendant la voix d'un jeune garde retenir férocement.« Un voleur reste un voleur, il devrait payer ! » Mais ce qui suivit ensuite eut le don de m'étonner ; devant l'impétueux bougre s'était dressé un de ses aînés dont le visage était marqué par le temps. Son regard était noir et, sans ma présence, sans doute aurait-il abattu sa main contre la joue de l'énergumène. « Le geste de cet homme est justifié par sa peau qui ne couvre que ses os, pas par avarice ou toute autre forme de vice. Tu ne connais pas la faim, tu devrais donc te taire au lieu d'insulter notre laird en te perdant dans de telles âneries. » Me jetant soudain un coup d’œil comme pour vérifier ma réaction, l'homme fut heureux de recevoir un signe de tête approbateur de ma part ; ses mots étaient justes et il avait correctement remis à sa place ce jeune quidam qui n'en menait désormais pas large. J'étais satisfait ; l'erreur de ce garnement n'était due qu'à son jeune âge, étant donné la réaction d'un de ses compagnons plus âgés dont le jugement s'avérait bien plus juste. J'ordonnai qu'on libère le prisonnier de ses fers avant de remercier mes hommes de leur compréhension ; si quelques uns continuaient à pester, les autres finiraient par les convaincre ; il fallait que je me montre juste. Couper la main d'un homme qui, au final, n'avait rien dérobé et à qui j'étais redevable n'était pas un geste respectable. Accepter de l'épargner, par contre, faisait de moi quelqu'un de réfléchi et dont la parole était sûre ; ainsi leur estime de moi-même n'en serait qu'améliorée. Seulement, cet étranger qui à mes yeux ne l'était pas réellement restait un potentiel danger, voleur qu'il était ; ils le surveilleraient et à la première occasion, lui trancheraient la gorge - certains n'attendraient même pas mon consentement.

Invitant Màel à me suivre une fois qu'il fut défait de ses entraves, je me dirigeai vers mes propres appartements ; là, nous serions tranquilles pour nous retrouver, pour s'assurer que l'un était tout aussi réel que l'autre, pour nous rappeler peut-être ce temps qui était déjà si loin mais qui me sembla soudainement si proche. Me tournant vers lui avec un certain sourire amusé au coin des lèvres, je lui adressai ces quelques mots. « Si tu tiens à la vie, reste à mes côtés, je crains que mes hommes ne soient prêts à t'empailler dans le cas contraire. Ils sont... » Je cherchai un instant le mot exact avant de le lâcher, satisfait. « Vigilants. A vrai dire, ils ont de nombreuses raisons de l'être. » Les quelques paroles que j'avais ajoutées me firent froncer subtilement les sourcils tandis que mon regard se perdait au loin ; mes gardes avaient peur pour ma vie, ayant connu les mêmes désastres que les miens mais sous un autre angle. J'éclairai rapidement à nouveau mon visage assombri d'un mince rictus avant de reprendre la parole. « Tu dois mourir de faim, de soif, de fatigue, de tous les maux qui peuvent te faire crever, en vain. Voler mes terres n'était en soi pas très malin, tu sais. La réputation violente des Menzies n'est en rien une légende crois-moi. » Notre blason parlait de lui-même ; la tête ensanglantée sans corps derrière elle le décorant ne mentait pas sur nos intentions ; celui qui s'en prenait aux Menzies le payait cher, terriblement cher. Mais mes paroles n'étaient pas en soi une menace, au contraire, elles se révélaient plutôt être une mise en garde bienveillante car je désirais tout ce qu'il avait de mieux pour Màel. Pour Màel et Callum. Ce dernier n'était pas aux côtés du premier ; sans doute avaient-ils dû se séparer, une fois de plus. Après avoir pénétré au sein de mes appartements et d'en avoir clos la porte, je demandai à une servante d'apporter de quoi nourrir un homme avant de me retourner vers cet invité improvisé. Je l'observais un instant, incertain, mille questions me venant à l'esprit mais un seul geste triompha dans la bataille intérieur qui s'était insinuée en moi. M'avançant vers lui, écartant les bras, je vins me saisir de son corps abîmé et maigre, le serrant tout contre mon être. Ce n'était pas un leurre ; Màel était bien là. Il était là, ce visage ravagé mais surout ce cœur que j'avais trouvé tendre. Je n'eus pas besoin de mot, non, je voulais profiter de cet instant, de cette retrouvaille inespérée à laquelle je n'avais que trop peu songé. Les paupières closes, le souffle lent et apaisé, je finis tout de même par interrompre cette étreinte spontanée, me reculant, une unique question me brûlant les lèvres plus que toute autre ; « Alors quoi, tu as abandonné Callum en cours de route ? »

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Burning Leaves • MAEL & BALDWIN

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