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 Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates

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Northern Highlands

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I wish I could be that kind of girl. You know, a sword in one hand, a spear in another. Charging with a huge scream that could afraid the trees. But I am not. I want to change. But I don't know how.



JE NE CROIS PAS A LA GUERRE.
MAIS JE CROIS AUX GUERRIERS.

MessageSujet: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Dim 28 Juil - 17:03

Le vent glacé soulevait ma longue et lourde cape de fourrure et fouettait mes joues, dont la peau trop fine et trop blanche était déjà écarlate. La neige fraîche tourbillonnait autour de moi et des sabots de ma monture comme une danseuse gracieuse et habile. Mes cheveux formaient une auréole brunie autour de mon visage grimaçant. Il me semblait que mes doigts, tétanisés par le froid, ne pourraient se détacher des rennes de ma jument si l'envie m'avait prise de les lâcher. Le voyage jusqu'à la demeure des Forbes n'était pas bien long et ce n'était, certes, pas la mer à boire. Pourtant, le chemin me semblait interminable. Pourquoi moi, Blair Kincaid, devait me rendre à une réunion de vassaux pour discuter de l'opaque sujet qu'était la guerre des Quatre ? Devant moi, mon père, Tasgall Kincaid et mon frère aîné, Connall chevauchaient en silence. Leur voix grave brisait quelquefois la bise glaciale pour marmonner des phrases que je ne comprenais pas. Plus j'y pensais, plus je craignais de comprendre la raison de ma présence requise. Je mordis mes lèvres gercées par le froid à cette simple idée. Je n'étais pas bête. Père et Connall pensaient surement que j'étais loin de me douter de toute cette mascarade. A demi-mots, ils m'avaient avouée, il y avait un certain temps, que mon union avec Fillan Forbes était envisageable et plus que probable. Sans que j'y sois conviée ou que l'on ait daigné m'en parler, les négociations pour le moins obscures avaient été lancées. On m'avait marchandé comme un morceau de pain. Non pas que je n'y sois pas préparée, je savais que c'était ce qui m'attendait. Le mariage... Au moins, je n'épouserais pas un inconnu. D'ailleurs, moi qui me pensait si réfractaire aux épousailles et craintive des hommes, avait été étonnée du calme avec lequel j'avais accepté la situation. Fillan n'était pas n'importe quel homme. Non. Avec lui, j'oubliais la Blair timorée et maladroite. Pourtant, j'étais à la fois morte de peur à l'idée de faire mauvaise impression sur la famille Forbes et de rencontrer des gens que je ne connaissais pas mais je tâchais également de ravaler la joie qui me faisait presque sourire.

La nuit dernière, j'avais mis plusieurs heures à m'endormir et mon sommeil anarchique fut interrompu un nombre incalculable de fois par des cauchemars qui me réveillait en sursaut. Si bien qu'aujourd'hui, mes yeux sombres étaient boursouflés et cernés. Je m'imaginais déjà débarquer sur les terres des Forbes et franchir les portes de leur demeure, rougeaude, décoiffée, glacée jusqu'aux os et grelottante. Surement pas le meilleur moyen de se présenter de manière convenable... Je tâchais d'aplatir mes cheveux fous d'une main rigide et à moitié frigorifiée. Entre deux claquements de dents, je réussis à articuler la célèbre et enfantine phrase :

_Père, quand arriverons-nous ?

Je vis sa carrure imposante se tourner vers moi et il haussa les épaules. Je renflouais un grognement de mécontentement et repartis dans mes sombres pensées.

Le paysage commençait peu à peu à se transformer. Après plusieurs heures, je remarquais avec une certaine appréhension que les arbres s'espaçaient de plus en plus pour finir par complètement disparaître. A l'horizon, des grandes plaines nues s'étiraient de tout leur long. Quelques fumerolles au loin laissaient présager la position d'un village. Ici, la neige fondait déjà sous les quelques rayons d'un soleil timide, jusque là dissimulé derrière une épaisse couche de nuage sombre. L'appréhension m'attaqua de nouveau le cœur et la gorge et je manquais de m'étrangler avec ma propre salive. Oh, j'avais si peur ! Comment tout cela allait-il finir ? Peut-être me faisais-je des idées ? Peut-être que Père et Connall me faisaient tourner en bourrique pour rire un bon coup ? Ce n'était pas impossible. Mais c'était loin d'être probable. Je raffermis la prise sur mes rennes, talonna la jument qui partit au trot et me plaçais à côté de mon frère. Derrière nous, nos deux hommes de main firent de même. Ils étaient restés silencieux tout le long du trajet, vigilants au moindre bruit suspect, au moindre bruissement de feuille qui puisse éveiller leur méfiance. Ils n'étaient pas prudent de voyager seul, surtout un lord, son fils héritier et sa fille par les temps qui courraient. Je pinçais mes lèvres gelées et un nœud se forma instantanément au creux de mon estomac. Faire bonne impression. Faire bonne impression. Faire bonne impression. Voilà l'unique chose à laquelle je pensais alors que nous parcourions les derniers miles qui nous séparaient de la demeure des Forbes. Tremblante, je flattais l'encolure de la jument qui commençait à ressentir mon angoisse. Elle piaffait et commençait à s'agiter.

Enfin, j'arrêtais de plisser les yeux pour réussir à distinguer le château. Il se dressait fièrement devant nous. Sombre, d'apparence extérieure froide et austère, il semblait être là depuis plusieurs siècles. Bref, la typique demeure d'un lord des Highlands. Tout allait très bien se passer, n'est ce pas ? Je franchis les murailles et débouchais dans une petite coure intérieure où quelques vassaux, à peine arrivés, posaient juste pied à terre. Assise sur ma jument, je m'encourageais mentalement et me forçais à descendre de ma monture. Dire que j'étais angoissée était un euphémisme. J'étais terriblement angoissée.


Dernière édition par Blair Kincaid le Lun 29 Juil - 9:19, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Dim 28 Juil - 20:30

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Blair and Fillan


Le Destin pouvait être curieux. Certes Fillan Forbes n’avait jamais songé à douter de la volonté du Seigneur mais sa vie actuelle lui semblait être une farce. Une farce dont il était le dindon. Que faisait-il là ? Droit comme un i dans la grande salle. Vêtu de l’une de ses plus belles tuniques et de braies flambantes neuves. Il portait même son lourd manteau doublé de petit vair maintenu par une broche d’argent. Son regard se posa sur la tête du cerf taillé dans le métal. L’animal lui-même semblait se rire de lui. « Toi ? Toi le tout petit, le garçon fillette, le chanteur, le faible. Celui qui préfère regarder les femmes broder, celui qui n’aime que les animaux, celui qui a besoin de son frère pour le protéger au combat. Regardez le donc aujourd’hui si propre sur lui. Un parfait petit héritier ? Ridicule. » Fillan détourna la tête de l’animal, symbole de sa famille, qui pourtant le narguait. Ses bottes avaient beau être confortables il n’en pouvait plus. Il alla se poser près d’une fenêtre, guettant l’arrivée des vassaux. Fergus Forbes avait convoqué ses bannerets afin de parler encore et encore de la guerre et des batailles à mener. N’en avait-il pas assez de la guerre ? Ne lui avait-elle pas arraché assez d’hommes ? La guerre avait pris son fils chéri, son héritier, si beau et si fort. Celui-là même qui portait son propre prénom. Fergus Forbes junior, soleil étincelant du Nord. La gloire de son père. Fillan se sentait comme un imposteur. Il ne méritait pas de prendre sa place, il ne méritait pas le titre d’héritier, lui qui n’était que l’ombre de l’ombre de Fergus.

Pourtant il le devait. Les domestiques l’appelaient messire et courbaient l’échine devant lui. Les hommes du clan l’écoutaient et lui obéissaient. Son père même posait parfois sa lourde main sur son épaule comme pour dire « Oui, ceci est mon fils, mon sang, mon héritier. Le seul qui me reste. » Le seul qui demeure. Le seul qui vit encore. Et c’était pourquoi il devait accepter ce que son père lui demandait. Parce qu’il était la seule chose qu’on ne lui avait pas encore prise. Ce qu’il avait de plus cher, sa terre, son clan et son nom, il allait devoir lui léguer. « Il n’a même pas daigner choisir mon prénom. Il ne s’est jamais soucié de moi.» songea le jeune homme. Il se jura de ne jamais se comporter de la sorte avec ses enfants. Car dans son tendre cœur il avait la tendresse et l’amour qui manquaient si souvent. Ou alors les pères avaient-ils oublié comment s’y prendre, à force de toujours se comporter en guerrier ? Un père il le serait peut-être bientôt. La guerre n’était pas le seul sujet que Fergus Forbes voulait aborder. Il voulait officialiser les fiançailles de son fils. Soit. Fillan avait accueillit la nouvelle avec prudence, son père trépignait de le marier à une grande famille. Mais faute d’alliance prometteuse il s’était retranché sur ses vassaux. Le clan Kincaid avait une fille. En entendant ce nom Fillan n’avait pu s’empêcher de sourire. Blair. La douce et charmante Blair. Fragile et gracile comme un flocon de neige. Ils s’étaient rencontrés une fois, une seule fois, au cours d’un banquet il y a déjà plusieurs années. Mais il s’en souvenait encore avec netteté. Alors c’était elle sa fiancée ? Pouvait-il espérer plus merveilleuse alliance ? Fergus Forbes peut-être mais pour Fillan s’était un rêve qui s’accomplissait. Il avait la chance d’épouser une femme qu’il aimait d'ores et déjà.

Une voix le tira de sa rêverie. Les vassaux venaient d’arriver dans la cour. Le clan Kincaid était parmi eux. Fillan se leva et suivit son père jusque sur le parvis. Du haut des marches il cherchait lady Blair. L’apercevant enfin il eut envie de sourire et de lui faire un signe. Mais il se mordit la lèvre pour contenir son enthousiasme. Avait-elle changé depuis leur dernière rencontre ? D’un regard il interrogea son père qui l’autorisa en hochant la tête. Plus vif qu’il ne le devait, Fillan s’avança à grandes enjambées vers la demoiselle.

« Ma dame. Votre venue illumine notre triste forteresse. Puis-je vous aider à descendre de votre monture et vous conduire auprès d’un feu réconfortant ? »

Joignant le geste à la parole il tendit ses bras vers elle.


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Lun 29 Juil - 9:18

L'agitation autour de moi me mettait un peu mal à l'aise. D'un coup d'œil circulaire, je me rendis compte que j'étais la seule femme de la petite assemblée. Je n'aurais pas dû être étonnée. Quel était le but et l'intérêt d'une présence féminine à une réunion remplie de testostérone pour parler de guerroyer et de conflits ? Aucun. Moi, j'étais simplement ici pour que Père officialise l'union qui lui tenait tellement à cœur. La famille Kincaid n'était qu'un vassal peu important de la famille Forbes, autrement plus puissante. Lorsque Père avait eu vent des souhait du chef de clan Forbes de marier son fils, il avait sauté sur l'occasion. C'était une aubaine à ne pas louper. Je ne savais pas encore ce qu'il allait gagner, concrètement, de mon mariage avec Fillan. Autre qu'une plus grande renommé, il allait peut-être hériter de terres et d'un afflux d'hommes. Notre petit armée n'était pas bien nombreuse. Des soldats en plus, des écuyers et des pages étaient toujours bon à prendre. Mais cela valait-il la dote avec laquelle j'étais envoyée ? J'avais l'impression de faire parti d'un lot à gagner, enturbannée dans un gros paquet cadeau.

Ma jument se mit à mâcher son mors et tira sur les rennes, comme pour me demander ce que nous faisions ici. La pauvre bête n'était pas mieux que moi. Je décoiffais sa crinière blanche pour la rassurer. D'ailleurs, une fois à terre, que devrais-je faire ? Suivre Père et Connall comme un chien bien dressé et rester muette comme une carpe ? Devrais-je patiemment attendre que Fergus Forbes daigne recevoir ma famille ? Je n'en savais rien.

Je trouvais réponse à mes interrogations lorsque je vis Fillan s'approcher à grandes enjambées de moi et de ma pauvre monture. Mon cœur rata un battement et ma bouche devint pâteuse. Il avait bien grandi depuis la dernière -et la première- fois que je l'avais vu. Sa carrure était devenue plus imposante, sa mâchoire plus carrée. Ses cheveux châtains étaient en bataille à cause du vent et je faillis sourire à cette vue. Au moins, je n'étais pas la seule. D'ailleurs, tout comme moi, on l'avait enroulé dans des vêtements trop formels, histoire de nous rendre plus attrayant l'un envers l'autre. Comme si ce n'était que la qualité des tissus et des broderies qui importaient... Tout de même, il était très élégant. Même si nous avions l'impression d'être deux gros présents enroulés de jolis papiers. Pour ma part, Père avait fait commander une robe spéciale pour l'occasion. Une toilette avec laquelle il était impossible de se mouvoir correctement, une fois engoncée entre le taffetas et le velours émeraude.

Le jeune homme se planta devant moi et tendit une main confiante. Lorsqu'il me complimenta, je ne sus quoi répondre. Se moquait-il ? Ma nuit avait été si terrible que je craignais que mes yeux ne roulent hors de mes orbites, tellement la fatigue pesait sur mes paupières. Mes cheveux, bien que peignés et re-peignés avant notre départ, devait ressembler à un nid d'oiseau posé sur le sommet de mon crâne. Bref, je ne devais pas être belle à voir. Ou alors, Fillan était foncièrement aimable. Je ne pensais pas qu'il soit aveugle donc, en toute logique, il était naturellement gentil. J'osais orner mes lèvres d'un sourire un peu gêné, le premier depuis notre petit voyage. Je voulus prendre sa main mais me ravisa en tournant ma tête vers Père qui observait notre échange d'un œil attentif. Il m'encouragea d'un coup de tête et Connall acquiesça. J'inspirais profondément et attrapais les doigts tendus de mon promis avant de me laisser glisser à terre. Je bénis intérieurement les gants qui recouvraient mes mains. Je n'aurais pas voulu rendre le contact avec ma peau glacée inconfortable pour Fillan. Je fus ravie quand il proposa d'aller nous installer près de l'âtre d'une cheminée. J'étais complètement frigorifiée et je retenais mes dents de claquer. Je pinçais mes lèvres frémissantes qui devaient avoir revêtu une jolie couleur bleue.

_V-Vous êtes bien aimable, mon Seigneur, réussis-je à articuler. Je vois que vous vous portez bien, j'en suis ravie.

Pour la deuxième fois en moins de cinq minutes, j'osais laisser flotter l'ombre d'un sourire sur mon visage. Il était certain que Fillan n'avait plus rien à voir avec l'adolescent que j'avais vu, il y avait de cela bien longtemps. C'était étrange mais, je m'étais attendue à le revoir tel qu'il avait été. Pour moi, il était resté figé dans le temps. Le voir si changé me troublait un peu.

_Devrions-nous assister à ce... conseil de guerre ? Enfin, deviez-vous ? Je songe bien que ma présence est exclue.

Je déglutis et mordis l'intérieur de ma joue pour contenir mes grelottements. Je ne voulais décemment pas assister à ce genre de réunion.

Je me rendis compte que je tenais toujours fermement la poigne chaude de Fillan et voulut la retirer. Mais je me ravisais. Après tout, ce n'était pas si désagréable.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Lun 29 Juil - 13:00

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Emmitouflée dans ses fourrures, lady Blair semblait fluette. Mais c’était désormais une femme qui se tenait devant lui et non plus la timide adolescente qu’il avait connu. Une femme ravissante. Et ni ses joues rougies par le vent, ni ses lèvres mordues par le froid n’altéraient sa beauté. La véritable beauté n’avait nul besoin d’artifice pour se montrer. La jeune fille esquissa un sourire timide et son visage s’illumina. Fillan en eut le souffle coupé. Déjà son esprit poétique imaginait mille et une histoires parlant d’une fée dont les sourires pouvaient réchauffer les terres glacées. Blair aimerait-elle l’entendre raconter ses contes ? Ou le trouverait-elle ridicule ? Père n’avait jamais aimé l’entendre chanter, jugeant cette activité trop peu virile. Que dirait-il si jamais il apprenait que son fils passait son temps à écrire des contes ? Il préférait ne pas y penser.

Blair se tourna vers son père et son frère. Après quelques regards et hochements de têtes elle lui tendit sa main. Fillan la saisit et l’aida à descendre. Il remarqua alors les cernes sous ses ravissants yeux de biche. La nuit n’avait pas dû être clémente pour la jeune fille.

« Je vous remercie ma dame. Comme dans mon souvenir vous êtes une compagnie des plus agréables. »

Le chevalier rendit son sourire à la jeune fille. Pendant un bref instant il oublia le froid mordant de l’hiver et la foule qui s’activait autour d’eux. Le temps sembla suspendu laissant aux deux jeunes gens le loisir de se tenir la main et de se regarder dans un silence absolu. Blair reprit la parole, l’interrogeant sur le déroulement du conseil.

« Si vous y tenez ma dame vous pouvez assister au conseil et je vous donnerais même mon siège. Mais si je puis me permettre je pense que vous serez plus à votre aise dans votre chambre. Je vous vois épuisée et frigorifiée. Entrons vite à l’intérieur. »

Tenant toujours la main de Blair et résolu à ne pas la lâcher tant qu’il le pourrait, il emmena la jeune fille dans le château. Son regard croisa celui de son père avant de le voir s’avancer vers le seigneur Kincaid et son fils. Il avait oublié leurs noms. Une erreur qu’il devrait vite corriger. Ces hommes seront bientôt des membres de sa famille. Apercevant une servante il l’interpella.

« Veuillez apporter une boisson chaude pour lady Blair je vous prie. »

Il guida ensuite Blair vers la cheminée de la grande salle. Il saisit au passage une chaise afin que la demoiselle puisse s’asseoir.

« Une servante se chargera de vous conduire à votre chambre. Avez-vous encore besoin de moi ma dame ?»

Déjà les vassaux suivaient le seigneur Forbes. Leurs pas résonnaient sur les dalles de pierre, se mêlant aux cliquetis des cottes de mailles. Le conseil allait commencer.


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Mar 30 Juil - 20:42

Un souffle de vent glacé me fit grelotter. Mes jambes flageolantes semblaient à peine me porter. Heureusement que Fillan serrait ma main. M'écraser dans la boue le jour de l'annonce de nos fiançailles n'aurait pas vraiment fait bonne impression. Père m'aurait probablement sermonnée et Connall se serait bien moqué. Il l'aurait raconté à Graham et Archie. J'aurais entendu cette histoire des années durant. Peut-être m'auraient-ils trouvé un surnom. Je n'osais même pas y penser. J'aurais été la reine des ridicules. Je raffermis ma prise sur les doigts de mon futur époux. Et moi qui avait voulu retirer ma main, il y avait à peine quelques minutes...

Lorsqu'il me proposa de siéger au conseil à sa place, je ne pus qu'imaginer la scène incongrue qui se serait déroulée. Moi, débout dans une salle remplie de guerriers de de chef de clans, à côté de Fergus Forbes. J'aurais donné mon avis sur des tactiques et des machinations de terrains pour tromper l'ennemi, gagner des terres ou que savais-je encore. Les hommes auraient bu mes sages paroles. Tout cela était absurde. Je retins un rire.

Le plus beau moment de la journée vint lorsqu'il proposa d'entrer dans sa demeure. Sans rechigner, je le suivis, sentant déjà la chaleur d'un feu bien fourni sur mes doigts et ma peau froide. Un pur bonheur. Je me retournais vers mon père et mon frère qui commençaient à discuter avec le chef de clan Forbes. D'ailleurs, Fillan ne cessait de lui jeter des coups d'œil inquiets. J'espérais que rien de grave ne se tramait. Je ne me sentais pas d'attaque à un retournement de situation. Je souris à mon frère qui ne me vit pas pénétrer dans la forteresse. Mon promis me guida d'un pas vif et assuré à travers le dédale de couloirs gris que je ne connaissais pas. Si jamais je devais retrouver mon chemin, je n'étais pas sûre d'en être capable. Espérons juste que ma présence ne soit pas requise dans l'immédiat et que l'on ne m'oublie pas au détour d'un virage.

Alors que nous nous dirigions dans la demeure, Fillan arrêta une servante pour lui demander quelque chose de chaud à me donner. La femme s'empressa de trottiner et de disparaître à l'extrémité du couloir. Avant que je n'ai pu dire la moindre petit chose, nous entrâmes dans un large hall que je supposais être la grande salle. Les suivants y étaient en effervescence. Ils devaient préparer le repas du soir. Le dîner allait être gargantuesque. Uniquement composée d'homme hors la famille Forbes et moi-même, la tablée sentirait probablement la viande, la bière et le gras. Je laissais mon regard courir sur la grande table installée en forme de u. Cela serait un supplice. Je détestais ce genre de chose. Si Père me le permettait, je resterais dans mes quartiers. Sauf si je me devais de faire une apparition. Je ne voulais pas partager mon dîner avec des brutes épaisses ne pensant qu'à chanter des chansons paillardes, à se hurler dessus et à se cracher des gerbes de postillons et d'alcool dans la barbe. Nous n'étions pas de barbares, si ? Pourquoi les hommes ne pouvaient-ils pas montrer un peu de distinction et de raffinement ? Je ne demandais pas qu'ils mangent avec le petit doigt relevé, mais tout de même... Peu savait danser, apprécier les traits d'esprit et encore moins si ceux-ci venaient des femmes. J'en avais l'expérience. Mes frères riaient toujours, quoique je dise, quoique je fasse. Mon Père me considérait comme une fillette incapable dont il fallait toujours s'occuper. C'était peut-être le cas. Mais je n'aimais pas qu'on me le fasse ressentir.

Fillan m'attira vers une chaise sur laquelle je me laissais tomber. Les flammes léchant l'âtre de la cheminé chauffaient déjà mes genoux et mes jambes, à travers les lourds tissus de ma robe. Je retirais mes gants avec délicatesse avant de tendre mes doigts blafards vers le feu. La chaleur se propageant sur ma peau me fit soupirer d'aise.

Des bruits de pas et de métal me firent froncer les sourcils. Mon futur époux m'annonça qu'on me guiderait jusqu'à ma chambre et que lui partirais, si sa présence ne m'était plus nécessaire. Je ne voulais pas le retenir. Il avait d'autres choses à faire que de me regarder assise dans mon fauteuil. Sa demande si abrupte me fis craindre d'avoir été désagréable. Désirait-il donc déjà fuir ma personne ? Je posais mes mains sur mes genoux et serrais mes gants jusqu'à en faire blanchir mes jointures.

_Je vous en prie, mon seigneur. Je ne voudrais pas vous importuner. Le conseil vous attend, lui dis-je d'une voix qui s'apparentait plus à un souffle.

Je ne relevais pas la tête vers lui, prétextant ma fascination pour les flammes rougeoyantes qui dansaient en projetant des gerbes d'étincelles contre la pierre. Je retins mon souffle durant plusieurs secondes avant de le relâcher d'un coup.

_Je vous remercie pour la boisson. C'est très prévenant de votre part. Ne vous inquiétez pas pour moi, je ne suis pas en porcelaine.

Je le congédiais d'un sourire poli. J'avais tâché de radoucir mon ton. Ma nature méfiante et inquiète envers les étrangers et envers cette chère gente masculine était difficile à combattre. Je ne voulais certainement pas faire mauvaise impression. Fillan n'était pas comme les autres. Il me fallait faire des efforts mais j'étais épuisée. Je voulais m'enfouir sous trois immenses plaids et sommeiller un peu. Juste un peu.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Dim 4 Aoû - 16:43

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Réchauffée par la chaleur de l’âtre lady Blair reprenait des couleurs. Les flammes embrasaient ses cheveux bruns de reflets auburn. Dans ce cadre pourtant simple elle était fort jolie. Il s’autorisa une seconde d’admirer sa toilette de velours émeraude. Une couleur qui lui seyait à merveille. Une adorable fiancée. Il n’avait aucune envie de la quitter pour rejoindre le conseil. Rester avec elle au coin du feu et lui parler était une activité bien plus plaisante. Il se voyait déjà, une fois mariés, la retrouver le soir et discuter avec elle. Peut-être serait-elle en train de broder ? Il avait toujours aimé observer les femmes broder.

Fergus Forbes haussa le ton. C’était une façon de l’appeler sans prononcer son nom. Etait-ce si difficile pour lui de l’appeler fils ? Fillan lui jeta un coup d’œil puis reporta son attention sur Blair. Cette dernière lui conseillait également de rejoindre son père. Cependant elle ne le regardait pas. Le jeune se demanda s’il avait fait quelque chose de mal. L’avait-il blessé d’un quelconque manière ?  

« Vous ne m’importunez nullement ma dame. Il me pèse de devoir vous laisser seule. »

Ses remerciements et son sourire l’apaisèrent. Non il devait se tromper, Blair ne lui en voulait pas.

« Reposez vous bien ma dame. La journée est encore loin d’être terminée. »

Il lui accorda un dernier sourire avant de rejoindre les guerriers. Son père le regarda un instant sans un mot puis annonça l’ouverture du conseil. Fillan prit place à ses côtés. Les seigneurs planifièrent des stratégies militaires puis abordèrent les conditions des fiançailles. Les Forbes accordaient plusieurs hommes aux Kincaid ainsi que de nouvelles terres. Il écoutait avec attention mais son esprit ne cessait de s’évader pour penser à Blair. Il se demandait ce qu’elle pouvait faire en cet instant, si elle prenait un repos amplement mérité ou si elle s’inquiétait pour le banquet de ce soir. Dans son souvenir la jeune Blair n’était guère à l’aise au milieu d’une foule d’hommes, surtout quand ces derniers avaient avalé plusieurs pintes de bière. Mais ce soir elle ne serait pas seule. Il resterait à ses côtés et dialoguerait avec intelligence. Il l’inviterait à danser et peut-être même, aurait-il assez de courage pour lui chanter une chanson.

Lorsque le conseil s’acheva le jeune homme bondit sur ses pieds. Mais il fut retenu par son père.

« Reste avec moi. Le seigneur Kincaid va amener sa fille pour sceller les fiançailles »

Fillan suivit donc son père dans la grande salle. Ils attendaient en silence que les Kincaid fassent leur entrée. Enfin la fiancée arriva et la voix forte de Fergus Forbes résonna dans la pièce.

« Peuple des Northern highlands, c’est avec une grande fierté que je vous annonce l’union de mon fils et héritier Fillan Forbes avec la demoiselle Blair Kincaid.»

Le fiancé offrit sa main à sa promise avec un large sourire.


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Lun 5 Aoû - 9:19

Je sais que cela n'aurait pas dû faire enfler mon cœur comme ces femmes, dans les chansons, qui recevaient une déclaration d'amour aussi idiote qu'enduite de miel pour lui donner un goût agréable. Pourtant, les mots de Fillan me rassurèrent. Le sentir aussi réticent que moi à toutes ces histoires de guerres, de conflits et de sang versé me rassura dans le choix de Père et de Connall. Jamais je ne me serais vue au bras d'un homme enclin à se jeter à corps perdu dans de meurtrières batailles où les têtes volaient. Toutes ces choses me répugnaient au plus haut point. Je comprenais bien que le Nord avait besoin d'asseoir son autorité face aux régions belliqueuses et rebelles. Mais enfin, pourquoi ne pas accepter la Reine Merida ? Tout ce qu'elle faisait, elle les faisait pour le bien de tous, pour le bien de son peuple. Je ne comprenais pas comment l'on pouvait s'opposer à telle souveraine. Il fallait croire que le soif de pouvoir de certains était sans limite. Peu importait les morts, les blessés, les veuves, les orphelins et la mise à feu et à sang des campagnes. Obnubilés par le trône et les conquêtes, ils ne voyaient pas le plus important. Je ne pouvais même pas les prendre en pitié. Ils étaient simplement aveugles. Aveugles et fous.

Fillan tourna les talons lorsque son père haussa sa grosse voix bourrue. Je me retournais pour le voir disparaître à l'angle de la porte. De quoi les hommes pouvaient-ils bien parler dans ces conseils ? De tactiques ? De stratégies ? D'armes et de défenses ? En bref, des choses qui me dépassaient. D'ailleurs, je n'avais nullement envie de les connaître et de fourrer mon nez dedans. Je n'étais qu'une femme, après tout. Faible et sans intérêt. Enfin, jusqu'au besoin de la marier et d'en faire la mère de petits héritiers. Père s'était bien arrangé. J'étais toujours passée, non pas au second plan, mais au quatrième plan, dans la fratrie Kincaid. Je ne pouvais guère espérer mieux, étant la dernière née après trois vigoureux frères. Je ne m'en étais jamais plainte, la situation était acquise pour moi, dès la naissance. J'étais l'amusement, le divertissement que l'on sortait durant les banquets pour jouer de la harpe, la sœur à qui l'on racontait ses craintes, la fille qui surveillait son père de loin. Quand Voirrey m'avait annoncée qu'on la fiançait, je sentais que l'échéance pour moi était proche. Sauf que moi, j'avais déjà Fillan alors que mon amie n'avait qu'entendu parlé du sien. Et pas en bien. Père languissait de me marier et la chose se faisait de plus en plus pressante à mesure que la guerre s'amplifiait. Des lettres avaient été envoyées, des chefs de clans rencontrés. Je devais bien avouer qu'il s'était démener comme un beau diable pour me trouver un époux digne de ce nom. Oh, pas n'importe qui, non. Pas le premier lord qui passait le pas de notre porte, cela aurait été trop facile. Père cherchait une alliance politique et militaire assez puissante pour lui confier de nouveaux hommes et terres. Il fallait bien défendre son territoire, après tout. Alors que le seigneur Forbes s'était montré intéressé, Père jubilait. Forbes était âgé, la guerre lui avait pris deux fils. Il voulait marier son dernier né avant de mourir. Histoire de s'assurer une descendance. Même si Père faisait la fine bouche, sentant Fergus Forbes encore plus pressé que lui, le pacte avait déjà été scellé. Et voilà où j'étais. A me reposer devant un feu dans la demeure de la famille dont nous étions les vassaux depuis des générations pour me marier à leur fils.

Je n'avais aucunement envie de me lever. Mes jambes engourdies par le froid l'étaient maintenant par la douce tiédeur de l'âtre. Je ne pensais pas à ce qu'il allait se passer ensuite. Des pas retentirent dans le couloirs menant à la salle où je me trouvais. Sans me retourner pour voir le visage de mon visiteur, je sus qui il était. La démarche était lourde, pesante. Les enjambées grandes et vive. Malgré sa stature imposante, Père se déplaçait avec vitesse et force. Il appela mon nom d'une voix rauque. Sans qu'il ait besoin de me dire de quoi il s'agissait, je compris à l'éclat d'excitation dans ses yeux. Oh, alors Fergus Forbes avait certainement dû céder à ses demandes. Je me levais à contre-cœur et lissa avec application les plis de ma robe. Bon, un peu de courage, que diable ! Mais je ne pus retenir la bouffée d'appréhension qui s'écoula lentement, sinueuse, dans les membres de mon corps. D'une main tremblante -non plus à cause du froid-, je saisis fermement le bras de mon père. Nous nous redressâmes tout deux d'un même mouvement et il adapte sa foulé à la mienne, plus timide. Il me guida en se retenant de sautiller de joie vers une nouvelle porte qu'il poussa d'un geste. Nous pénétrâmes dans une salle, plus grande encore que celle où je m'étais trouvée, quelques secondes auparavant. Je constatais avec gêne que toute une petite troupe s'y trouvais déjà. Les autres vassaux des Forbes ? Probablement. Ils me fixaient tous, de leurs grands yeux à la fois surpris et sérieux. Une nouvelle fois, j'avais l'impression d'être une bête de foire. Le quartier de viande que l'on jetait dans le fosse aux lions. Je me cramponnais au coude de Père qui ne cilla pas en continuant d'arborer un sourire éclatant. Pour ma part, je n'arrivais pas à étirer mes lèvres en une chose s'apparentant à un sourire. Je faisais déjà de mon mieux pour ne pas paraître terrorisée, alors...

_Peuple des Northern highlands, c’est avec une grande fierté que je vous annonce l’union de mon fils et héritier Fillan Forbes avec la demoiselle Blair Kincaid, tonna Fergus Forbes.

Oh, par toutes les créatures qui peuplaient la forêt, je voulais m'enfuir à toutes jambes. Mon père m'amena vers Fillan qui me tendit une main rassurante. Je délaissais la poigne familière du chef de clan Kincaid pour saisir celle de mon futur époux. Les tremblements de mes doigts cessèrent.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Jeu 8 Aoû - 15:17

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Fillan n’avait jamais été aussi fier. La dernière fois qu’il avait ressenti pareille joie, il n’était qu’un enfant. Dix ans à peine. Debout sur une table autour d’une foule de clans vassaux. Il avait chanté de sa voix légère et claire. Pour faire plaisir à sa mère et à ses frères Fergus et Finn. Le soleil et la lune. En cet instant il était devenu presque aussi brillant que ses frères. Une étoile filante, une comète illuminant le ciel. Les mestres disaient que les étoiles filantes étaient des corps en chute s’embrasant dans le ciel. Les comètes passaient dans le ciel mais ne revenaient pas. Du moins leur trajet était trop long pour qu’un homme puisse voir deux fois dans sa vie la même comète. Pourtant en ce jour la comète Fillan Forbes était revenue. Une nouvelle fois il sentait la joie et la fierté dans son cœur. Et il ne brillait plus seule. Il avait trouvé pour compagne la plus charmante des étoiles.

Le couple se tourna pour faire face à la foule sous les applaudissements. Main dans la main, ils marchèrent jusqu’au bout de la grande salle. Les domestiques devaient installer les tables afin de pouvoir servir le repas. Ils avaient encore du temps avant de devoir rejoindre les convives. Sans un regard vers l’assemblée Fillan sortit de la grande salle, emmenant Blair avec lui.

« Auriez vous pu imaginer tout cela, la première fois que nous nous sommes rencontrés ? » demanda-t-il avec un sourire.

Jamais il n’aurait cru que Blair et lui seraient fiancés. Ils n’étaient que des adolescents à l’époque et marier Fillan était loin d’être une priorité. Fergus était encore en vie et c’était lui qu’il fallait marier. Ce à quoi Fergus répondait toujours par un grand éclat de rire qui résonnait sur les pierres sombres et anciennes. « Quand la guerre sera fini peut-être, Père, pas avant. Autrement mon épouse n’aurait jamais le loisir de me voir. » Fillan pouvait encore entendre ce rire.

« Avant que le repas ne soit servi, je voudrais vous montrer ma pièce favorite. Il y fait bon et vous serez à votre aise. »

Fillan lui indiqua l’escalier à leur droite. Il fallait gravir quelques marches étroites mais il tenait fermement quoique doucement la main de la jeune fille. Il ouvrit ensuite une porte et dévoila la salle qui occupait une place de choix dans son cœur. La bibliothèque.

« C’est ici que je passe le plus clair de mon temps. Et c’est ici qu’il faudra me chercher si vous ne me trouvez pas. »

Des rouleaux, des parchemins et des livres de toutes tailles étaient abrités sur des étagères. Fillan en prenait soin comme à la prunelle de ses yeux. Plus qu’à la prunelle de ses yeux à dire vrai. Il invita Blair à s’asseoir sur une chaise.

« Je travail sur ce livre depuis plusieurs mois et cela commence à prendre forme. »

Le jeune homme avait entreprit un travail d’enluminure afin d’illustrer les chroniques du clan Forbes. La guerre interrompait trop souvent son travail à son goût mais il avait déjà terminé les pages concernant ses deux frères. Celles de son père était encore incomplète, tout comme celles des aïeux car les sources manquaient. La page le concernant était vierge, il ne se sentait pas capable d’écrire sur lui-même. Il le faudrait pourtant. Une autre page était destinée à son épouse.  

« Lorsque nous serons mariés je pourrais faire votre portrait. Juste sur cette page ci. »


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Dernière édition par Fillan Forbes le Mar 27 Aoû - 16:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Lun 26 Aoû - 15:09

Je fus tirée de ma léthargie pour les applaudissements résonnant dans la grande salle. Agrippant fermement la main de Fillan, je fis face aux vassaux. Certains nous offrant une moue réjouie, osant même sourire sous leur barbe hirsute. D'autres gardaient un visage froid comme la pierre, fermé à tout excès de joie. Pourquoi auraient-ils été heureux, d'ailleurs ? Cela ne les concernait pas vraiment. Enfin, en un sens, peut-être étaient-ils rassurés de voir la lignée Forbes perdurer. Je mordillais frénétiquement ma lèvre inférieure quand la pensée de ce que perdurer signifiait. Je chassais bien vite la perspective de ma tête. Les éclats de Père supplantaient les autres. Ses yeux clairs pétillaient de joie et ses dents blanches émergeaient de sous sa toison faciale. Il semblait réellement ravi. Probablement plus pour ce que ce mariage signifiait pour lui et pour les Kincaid plutôt que pour moi, mais cela avait peu d'importance. L'essentiel était que cet arrangement convienne à tout le monde. Malgré tout ce que j'avais pu en dire, je ne me considérais pas comme étant malheureuse. Les choses auraient pu être pires. Bien pires. Connall également semblait rayonnant. Je lui adressais un hochement de tête. Il me le rendit. A cet instant précis, je ne ressentais aucune honte. Dressée devant tous ces hommes, sujette à toutes les médisances, je remontais l'allée centrale, presque fière de tenir la main de Fillan. Cet homme que je n'avais vu qu'une fois. Cet homme qui semblait si différent.

Il m'entraîna rapidement hors de la salle et hors de la vue des autres vassaux, ce dont je lui étais reconnaissante. Me pavaner n'était pas dans mes habitudes et était loin de le devenir.

_Auriez vous pu imaginer tout cela, la première fois que nous nous sommes rencontrés ? Me demanda-t-il en souriant.

Je me replongeais quelques instants dans mes souvenirs d'antan. Le buffet où je l'avais vu pour la première fois. Une stupide réception où je n'avais pas voulu mettre les pieds. J'avais lutté comme une diablesse et tenu tête à Père, complètement opposée à son idée que j'y apparaisse. J'y aurais été inutile, de toute façon. Pourquoi avait-il voulu m'imposer cela ? Je commençais peut-être à comprendre, maintenant. Il voulait faire voir mon visage, me faire connaître, dans l'espoir que je touche le cœur d'un homme à marier. Je ne savais si je devais le remercier pour cela. Le fait était que c'était grâce à lui que je connaissais mon futur époux avant de partager sa couche. J'avais bien fait de l'écouter, ce qui n'était pas toujours le cas. Fillan n'était encore qu'un adolescent, à cette époque. Tout comme moi, d'ailleurs. Deux enfants maladroits et horriblement timides. Je n'avais pas cessée de l'être, mais j'aimais à penser que les choses s'étaient arrangées avec le temps. Il avait raison de me poser cette question. Aurais-je songer, ne serait-ce qu'un seul instant, que Fillan Forbes deviendrait mon mari ? Surement pas. J'avais d'autres préoccupations. Comme «comment me soustraire à cet horrible et ennuyant buffet ?» ou encore «cette viande est-elle assez cuite ?». Bref, loin des projets de mariage et d'épousailles en tout genre. Cependant, je ne pouvais pas dire que le garçon qu'était le dernier fils Forbes m'avait laissée indifférente. Sa sensibilité m'avait effleurée et j'y avais souvent repensé par la suite. Il était ce genre de personne qu'on oublie pas facilement.

_Pas vraiment, lui répondis-je le plus honnêtement possible. J'étais plutôt tournée sur la comestibilité des mets, avouais-je en rougissant. Mais on ne peut pas dire que cela soit une mauvaise chose. Tout cela, je veux dire. Le fait que nous allons nous marier.

Je dissimulais un sourire discret en baissant la tête. Il m'indiqua ensuite qu'il m'emmenait vers sa pièce préférée. Piquée par la curiosité, je me laissais conduire. J'espérais juste qu'il ne s'agissait pas de la salle des armes. Bien que cela parusse étonnant de la part de Fillan. Après un passage dans un escalier étroit qui semblait si long que je craignais qu'on ne débouche au dessus des nuages, il ouvrit une porte, arrivés au sommet. Une bibliothèque ? Je savais que j'aurais dû paraître plus surprise. Après tout, je ne connaissais pas vraiment Fillan. Pourtant, cela lui ressemblait. Des dizaines et des dizaines de livres plus ou moins vieux, s'entassaient sur les étagères de bois clairs. La pièce était plutôt lumineuse. Je m'y sentis instantanément à l'aise. Il m'invita à m'asseoir alors qu'il partait en quête d'un livre qu'il écrivait. Tout cela me fascinait. J'aimais la lecture. Malheureusement, trop peu de récits divertissants existaient. Je voulais découvrir des légendes, lire les vies des anciens et des nouvelles sur les dieux, mais dans la petite bibliothèque des Kincaid, nous ne possédions qu'une majorité de recueil sur les guerres et autres choses sanglantes qui me répugnaient.

Il déposa l'épais ouvrage devant moi pour que je puisse observer les pages déjà réalisées. Oh, un livre sur sa famille. Je reconnaissais les illustrations de ses frères aînés dont les noms m'échappaient. Comme Fillan, je ne les avais vu qu'une fois, au banquet. Ils se ressemblaient autant qu'ils étaient différents. Je ne réussissais à les qualifier. Grands, beaux et confiants, peut-être. Les dessins étaient d'une précision impressionnante. Je laissais courir mes doigts sur les pages. Fillan semblait beaucoup apprécier ses frères. La représentation de son père, Fergus, n'était pas encore terminé. En ce qui le concernait, mon futur époux avait laissé une page vierge. Il me proposa de faire mon portrait en désignant une page. Surprise, je levais les yeux vers lui.

_Mon portrait ? Ne vous sentez pas obligé. Ce que... mon visage n'est pas des plus gracieux. Je ne voudrais pas ternir votre travail. Tout est si appliqué et détaillé. C'est... époustouflant. Ce que vous faîte là est très minutieux.

Je me replongeais dans la contemplation du visage de ses frères.

_Vos frères sont très beaux. Je ne me rappelle pas vraiment d'eux. Ils me paraissaient être aimables. Sans cette guerre...

Je retins mon souffle avant de me rendre compte de mon erreur. J'entortillais mes doigts, nerveuse.

_Oh, je suis tellement navrée ! Je ne voulais pas parler de cela... Ces batailles et cette guerre nous ont tous pris quelqu'un. Enfin, mes frères sont...

Sentant que je m'embourbais dans mes pardons et mes explications, je restais muette, cherchant, en vain, mes mots. Que pouvais-je faire pour me rattraper ? J'avais été indélicate. Tellement rude. Je m'administrais une magistrale gifle mentale.

_Mes frères et mon père sont constamment en train de guerroyer, commençais-je lentement. Je m'inquiète énormément. Alors, vous savoir, à votre tour en train de lutter pour votre vie...

Ma gorge se serra. N'étais-je réduite qu'à cela ? Ne pouvais-je faire que cela ? Me faire un sang d'encre pour les seules personnes que j'aimais ? Pourrais-je supporter de savoir ma seule famille et mon époux, épée en main à mater la rébellion ? Je n'en savais rien. Je ne voulais pas encore l'imaginer.

_Si tout pouvait s'arrêter... murmurais-je. Ne croyez-vous pas que cela serait pour le mieux ? Serez-vous obligé de vous rendre au cœur des batailles ? Ne pourrions-nous pas laisser couler, tout simplement ? Je ne voudrais pas que l'on m'arrache quelqu'un d'autre.

Je me montrais atrocement égoïste. J'en avais conscience. Mais la perte de ma mère m'avait rendue méfiante et peureuse. Je n'étais pas prête à être orpheline une seconde fois. Je n'étais pas prête à être veuve. Mon pessimisme était légendaire, selon Archie. Ce n'était pas ma faute. Je craignais toujours le pire.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Mar 27 Aoû - 18:28

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Blair était certes une jeune fille timide mais elle n’en était pas moins franche. Son esprit était donc accaparé par son repas lors de leur première rencontre ? Intéressant. Et amusant surtout.

« Je vous le garantis le repas de ce soir pourra être consommé en toute tranquillité. »

Volontairement il ne fit aucune remarque sur le reste de ses paroles. Il ne savait que répondre. Non ce n’était pas une mauvaise chose pour lui mais qu’en était-il d’elle ? Elle devait bien avoir une opinion tranchée sur la question. Sur le mariage en général et sur son mariage. Il la savait réservée et parfois même fuyante à l’égard des hommes. Et aujourd’hui elle était fiancée et elle savait que le mariage serait imminent. La guerre et la vieillesse de Fergus Forbes accélérait le projet. Oui ce mariage était une bonne chose leurs clans respectifs. Et Fillan était ravi d’épouser Blair. Déjà il lui avait réservé une page dans les chroniques familiales et il n’imaginait pas une autre femme qu’elle. La timidité et la gêne de sa promise le fit sourire.

« Allons Blair ne soyez pas si modeste. Vous êtes ravissante. Vous le savez, non ? »

Il se demandait sincèrement si elle le savait. Elle ne jouait pas les fausses modestes, ce n’était pas son genre. Mais elle voyait chaque jour l’harmonie de ses traits, la douceur de ses yeux, la finesse de ses lèvres. Il se sentit habité par un étrange sentiment tandis qu’il l’observait. Elle rougissait tout en portant toute son attention à son travail. Elle l’avait qualifié de minutieux, appliqué et détaillé mais surtout époustouflant. C’était elle qui était époustouflante mais oserait-il lui dire ? Oserait-il faire ce que son esprit désirait ? Il avait envie de l’embrasser mais il se mordait les lèvres pour ne pas le faire.

L’évocation de ses frères le fit sourire. Oui ils étaient vraiment beaux. Mais Blair s’empourpra en parlant de leur mort. Fillan la regarda avec surprise. Il voulut la rassurer mais elle parlait avec tant d’empressement et maltraitait ses pauvres doigts qu’il ne sut au départ comment s’y prendre. Finalement il s’assit à côtés d’elle.

« Blair... Ce n’est rien. Mes frères sont morts mais ils sont en paix et moi aussi. Vous pouvez parler d’eux sans craindre de me causer de la peine.» Il sourit et son regard se perdit dans le lointain. « Ils était tellement beaux que mes dessins d’enfant ne seraient le reproduire. Je les appelais le Soleil et la Lune. »

Un soupir s’échappa de sa bouche. Dans cette bibliothèque il oubliait tout le reste. Il se sentait en sécurité, loin de tous les tracas. C’était toujours avec un immense regret qu’il quittait cette pièce. Il voudrait pouvoir y vivre à jamais, garder cette porte close. Et garder Blair à ses côtés. Ils vivraient en paix dans cette bibliothèque. Il écrirait des contes et il lui ferait la lecture. Aimerait-elle l’écouter ? Il pourrait aussi dessiner des enchanteresses qui auraient le même regard que la jeune fille. Aimerait-elle les regarder ?

Blair non plus ne voulait pas de cette guerre. Elle aspirait comme lui à la fin des batailles et des tourments.

« Je voudrais moi aussi cesser de me battre. Mais... La reine... Je me dois d’être à ses côtés, de me battre pour elle. Pour le moment c’est l’hiver, nous pouvons nous reposer. Quand viendra le printemps alors nous verrons ce qu’il en est. »

Il se rapprocha d’elle. Des idées étranges venaient le titiller. Il porta la main à son visage et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Sa peau était douce.

« Nous pouvons penser à nous…»

Il s’approcha encore plus près. Son cœur battait la chamade. Sa furieuse envie de l’embrasser était revenue de plus belle.

« Blair... Etes-vous heureuse de m’épouser ?»


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Mer 28 Aoû - 16:43

Personne ne m'avait jamais dit que j'étais jolie. Personne ne m'avait dit que j'étais belle. Et encore moins ravissante. J'avais le teint si pâle que j'aurais aisément pu passer pour un cadavre, sur le champs de bataille. Mes veines bleutées apparentes n'avaient rien de gracieux. Mes cheveux trop sombres, hérités de Père, encadraient mon visage blafard et me donnaient constamment un air triste et morne. Si, au moins, avais-je eu les yeux de glace de mon géniteur... Mais je me devais d'avoir quelque chose de Mère. Il se trouvait que ses prunelles d'ébène étaient également les miennes, mélancoliques et trop grandes. Deux lacs d'ombre qui dévoraient mes pommettes saillantes. Petite et mince, presque maigre, je n'aimais pas croiser mon reflet dans un miroir. On me donnait un air malade. Trop frêle pour mon âge. Un jour, ma vieille nourrice m'avait comparée à une grenouille maladroite, engoncée dans une de mes robes couleur de vase. Mes frères n'avaient pas tardé à reprendre l'idée. Depuis, ils me surnommaient la « Petite Grenouille ». Sans être incroyablement laid, le batracien était loin d'être élégant. Je ne m'en étais jamais offusquée. C'était leur façon à eux de me donner un petit surnom affectueux. Je savais bien qu'ils ne pensaient pas à mal. Et Père n'aurait jamais osé me faire un compliment. Il était tout aussi maladroit que moi dans le domaine.

Fillan devait bien être le premier à me qualifier de la sorte. Étrangement, je n'osais croiser son regard après cela. Mon cœur rata un battement avant de propulser à nouveau un sang nouveau dans mes veines. Mon visage dû prendre une couleur cramoisie à la sensation de chaleur que je sentais se dégager de mes joues. Je détestais cela. Incapable de contrôler mes réactions. J'étouffais cette nouvelle sensation dans ma poitrine en reportant mon attention sur les enluminures du livre. Encore rongée par la honte d'avoir parlée de ses frères décédés, je sentis Fillan s'asseoir à mes côtés. Il m'expliqua avec douceur que cela n'était pas grave. Une bouffée de soulagement m'envahit. La dernière chose que je souhaitais était de le mettre dans une situation inconfortable. Il me dit qu'il les appelait le Soleil et la Lune. Des surnoms autrement plus poétiques que « Petite Grenouille ».

_Vous n'auriez pas pu trouver plus adapté,
soufflais-je. Cela leur va bien.

En regardant les pages illustrées de la reliure, je devinais aisément qui était l'astre du jour et qui était celui de la nuit. Je me mis à me demander comment ses frères avaient bien pu l'appeler. Fillan était différent. Il avait quelque chose de plus. Peut-être était-ce l'éclat doré de ses yeux ou ses grandes mains qui inspiraient confiance et sécurité. Tout son être irradiait la chaleur et la vie. Il devait être un enfant de l'été. Moi, née en plein cœur de l'hiver, avait la neige pour peau et les bois morts pour cheveux.

Jamais je n'avais pu penser un jour que j'aimerais l'hiver. Je grelottais dans cesse devant la cheminée de ma chambre, enroulée dans plusieurs châles, désespérée à l'idée que le soleil ne revienne jamais. Il faisait toujours si froid, dans les châteaux, lorsque le vent fouettait la lande. Pourtant, il était synonyme de trêve lorsque les hommes étaient en guerre. Synonyme de paix. De paix, bien qu'elle soit temporaire. Cela était mieux que rien. Les choses pouvaient prendre le temps de se tasser. Les querelles pouvaient s'évaporer avec la glace lorsque le printemps repointerait le bout de son nez. Fillan disait vrai. Fillan disait juste. Bien sûr qu'il fallait protéger le royaume. Il n'aurait pas pu en être autrement. Il était un homme. Son devoir était d'abord pour la Reine. Je me sentis idiote d'avoir abordée le sujet. Évidement que le clan Forbes ne pouvait pas déclarer forfait. Ce n'était pas un jeu. Des vies dépendaient de l'issue des batailles.

Le cours de mes pérégrinations mentales fut interrompue par la main de Fillan contre ma joue. La sensation de sa peau sur la mienne éteignit d'un seul coup toute pensée et mon cerveau cessa de répondre. Je n'avais pas remarqué son rapprochement. Il replaça délicatement une mèche fuyarde derrière mon oreille. Ce genre de contact m'était inconnu. Les coups de coudes et les croches-patte de mes frères étaient plus familiers. Incapable de prononcer le moindre mot, je ne pouvais qu'observer, à la fois éberluée et terrifiée, le visage de Fillan, trop proche du mien. Je pouvais presque sentir son souffle sur mes joues blanches comme la mort. Je sentis mes cheveux se dresser sur ma nuque. Dans ses yeux dansaient une lueur dont le sens m'était inconnu. A quoi pensait-il ? Qu'allait-il me faire ?

Sa question me ramena violemment sur terre et ma tête fut ressoudée avec le reste de mon corps. Les mots affluèrent trop vite jusqu'à ma bouche et je ne réussis qu'à balbutier d'incompréhensibles syllabes.

_J-Je... Les choses...

Je me tassais au fond de ma chaise, désireuse d'échapper à ses prunelles déstabilisantes. Que pouvais-je lui dire ? Que diable allais-je lui répondre ? Je ne savais pas moi-même quoi en penser. Étais-je heureuse ? Difficile à déterminé. Mais j'étais certaine d'une chose : je n'en étais pas malheureuse. Moi qui craignais le mariage comme un démon aurait pu avoir peur de l'eau bénite, j'étais étonnée de ne pas y être plus réticente. J'avais accepté la perspective avec une facilité déconcertante. Peut-être parce que c'était Fillan. Peut-être parce que c'était lui et personne d'autre.

_Sont compliquées. L-Les choses sont compliquées, repris-je dans un souffle. Il n'y a aucune peine dans mon cœur mais...

Un toc-toc à la porte me fit sursauter et interrompit ma tentative de justification. Je me levais d'un bond, les jambes en coton, et inspirais profondément. Un suivant nous fit part de l'avancement du dîner. Les tables et le repas n'attendaient plus que nous. Moi qui, d'ordinaire, exécrais ce genre de buffet, voilà que j'accueillais celui-ci avec soulagement. Sauf que, cette fois, mes soucis ne seraient plus à propos de la cuisson du rôti.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Jeu 29 Aoû - 16:56

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Crétin ! Mais quel idiot d’avoir poser cette question ! Il s’en voulait déjà de l’avoir demander alors même que les mots sortaient à peine de sa bouche. Et la réponse lui fit l’effet d’une douche froide. Imbécile tu croyais qu’elle allait répondre « oui bien sûr » peut-être ? Déjà la voix du cerf recommençait à se moquer de lui. Garçon fillette tu es le plus ridicule crétin de cette terre. Tu n’es rien. Tu es lâche, stupide, en dehors des réalités. Tu n’as rien pour séduire une femme aussi belle et désirable que Blair Kincaid. Regardes elle part déjà loin de toi. Elle préfère la compagnie d’une foule bruyante que ta compagnie. Tu l’ennuies garçon fillette, tu l’ennuies terriblement.

Si au moins Mère pouvait l’aider. Mais sa santé était si fragile. Lady Forbes agissait comme une balance. Alors que la mort de Fergus avait complètement anéanti laird Forbes, elle s’était montré forte tandis que son époux se morfondait dans son lit. Puis le laird avait vu en Fillan son héritier et l’avenir brillant qu’il lui réservait. Alors il avait retrouvé sa vigueur et il avait laissé à sa femme le loisir de pleurer. Sa mère s’affaiblissait de jour en jour. Même en cet instant de fête elle devait garder le lit.

Blair marchait dans les couloirs, suivant le domestique. Pour lui la réponse était claire. Il n’y avait aucune complication. Devait-il lui dire ? Devait-il déclarer à quel point elle comptait pour lui ? Il n’avait pas envie de rejoindre le groupe. Il voulait reste seul avec elle, lui parler, lui dire ce qu’il avait sur le cœur.

« Nous trouverons le chemin seuls, merci. »

Le regard qu’il jeta au domestique devait être significatif de son humeur car le pauvre homme s’inclina et prit ses jambes à son coup.

« Blair moi… moi je suis heureux de vous épouser je ne voudrais personne d’autre que vous. »

Voilà il l’avait dit. Est-ce qu’il se sentait mieux ? Non il se sentait stupide. Stupide de l’embêter avec ses histoires, elle si délicate et spirituelle il venait la troubler avec ses désirs terrestres. Il avait envie de lui parler, de la toucher, de lui prendre les mains, de caresser sa joue, de passer sa main dans ses cheveux. Et terriblement envie de l’embrasser. Parbleu était-il finalement comme tous ces hommes qui n’ont que cette chose à l’esprit ? Ne pouvait-il pas se taire ? Se contenter de l’aimer sans exiger d’elle quoi que se soit ? Il pouvait sans doute vivre sans être certain de son amour pour lui. Le pouvait-il ? Il se mit à rire nerveusement.

« Je vous embête avec toutes ces histoires n’est-ce pas ? Je ne suis qu’un imbécile, pardonnez moi ! »

Il lui tourna le dos, incapable de soutenir son regard. Les larmes lui montaient aux yeux mais il les ravala. Il avait besoin qu’elle réagisse. Qu’elle lui dise quelque chose qui l’apaiserait.

« C’est juste que…»


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Ven 30 Aoû - 20:11

Mes pas résonnant dans le hall glacial et silencieux n'avaient rien à voir avec le rythme de mon cœur. Là où mes pieds martelaient le sol d'un rythme lent, presque morne, mon palpitant, erratique, convulsait au creux de ma poitrine. Ses soubresauts étaient si rapide qu'il me faisait presque mal. J'aurais voulu pouvoir l'arracher et le jeter par terre. L'angoisse et la culpabilité auraient enfin cessé de me tourmenter. Fillan s'attendait-il a une autre réponse ? Je craignais que oui. Ses yeux étincelants s'étaient immédiatement ternis, à peine avais-je finis ma tremblotante réponse. Aurais-je dû répondre autrement ? Sur le coup, je n'avais pas vraiment réussi à former distinctement ma phrase, mes pensées trop emmêlées pour que ma réponse soit fluide. Je sentais que j'avais fait une terrible erreur. Les pas silencieux de Fillan semblaient hurler sa déception. Tout comme son mutisme. Il marchait en silence, quelques pas derrière moi. Je n'osais me retourner pour regarder son visage. Les choses étaient compliquées. Je n'avais pas menti. J'avais toujours été terriblement honnête. Comment étais-je censée réagir ? Je n'étais pas préparée à ce genre de chose. Aurais-je dû l'être ? Je n'en savais rien. Mère n'avait pas vécu assez longtemps pour m'expliquer les profondeurs de l'âme féminine et la complexité des sentiments humain. Père, lui, en avait été bien incapable. Je ne lui en voulais pas. Comment l'aurais-je pu ? Il n'était qu'un homme, après tout.

L'atmosphère qui emplissait le couloir semblait devenir de plus en plus épaisse. Irrespirable. L'air semblait peser une tonne dans mon poumons et je n'arrivais à réguler mon souffle. Je plaignais le pauvre valet qui nous accompagnait. Je mordillais ma lèvre avec acharnement, les sourcils froncés et les méninges lancées à plein régime. Que devrais-je faire ? Que devrais-je faire ? Que devrais-je faire ? Oh, par tous les Saint, si le Créateur existait, qu'il me vienne en aide ! Je détestais ce genre de situations inconfortables. Surtout lorsque je savais que leur cause était due à mon incapable petite personne à socialiser. Je me devais de rattraper les choses. Mais enfin, comment étais-je censée m'y prendre ? Par un mot ? Un geste ? Un coup de baguette magique ? Me connaissant, je ne ferais qu'empirer les choses. Bravo, Blair ! Me félicitais-je. Voilà comment bien commencer les choses ! Creuser un trou pour s'y cacher était-il toujours envisageable ? Si oui, mes ongles étaient prêt à casser même la plus dure des roches.

Une nouvelle pensée, plus rassurante cette fois, me traversa l'esprit. Peut-être dramatisais-je un peu trop les choses ? J'étais la reine dans ce domaine, sans vantardise aucune. Je partageais d'ailleurs ce trait de caractère avec mon frère aîné, Connall. Ce qui avait le don d'énerver Graham et Archie au plus au point. Se pourrait-il que Fillan ne soit que surpris de ma réponse ? Ou alors, était-il un de ses hommes lunatiques ? Cependant, cette hypothèse ne semblait pas juste. Même si j'essayais de refouler mon implication dans le changement soudain de Fillan, je savais que j'en étais la seule responsable.

Lorsqu'il ouvrit la bouche pour la première fois depuis de trop longues minutes, je me tendis d'un seul coup, comme réveillée d'une interminable transe. Il congédia le serviteur qui s'empressa d'obéir. L'ambiance était si intenable que cela ? Je l'aurais parié. Une vague de panique me submergea à nouveau quand je me rendis compte que je serais de nouveau en tête à tête avec le jeune homme. Même après avoir réfléchi, je ne savais toujours pas quoi lui dire. J'allais surement rester muette comme une carpe, incapable de faire venir les mots sur ma langue. Cela m'était arrivé plusieurs fois, lorsqu'il m'avait été donner l'occasion de discuter avec quelqu'un du sexe opposé. Autant dire que les conversations (bien souvent des monologues) avaient tourné court.

Je ne trouvais pas la force de me retourner. Je restais immobile, plantée en plein milieu du corridor en sachant ce qui allait arriver. Fillan allait me montrer la grandeur de sa déception et la hauteur de mon impolitesse et ingratitude. Je ne pourrais l'en blâmer, il aurait parfaitement raison. Le contraire m'aurait étonnée.

Cependant, je fus surprise. Surprise par la façon dont mon prénom résonnait dans sa bouche, formulé par sa voix. Le son plat du «B» et le disgracieux «R» ne semblaient plus si laids. Mais ce qui me souffla le plus vint ensuite. Je suis heureux de vous épouser je ne voudrais personne d’autre que vous. Etait-il sérieux ? Au timbre de sa voix, je sus que oui, il l'était. Et il semblait si blessé, si triste que je fus incapable de lui répondre. Pensait-il vraiment que j'étais la femme qui conviendrait à son bras ? Pour lui, j'imaginais une épouse souriante, chaleureuse, avec ses yeux aimants qui semblent répandre la chaleur. Ce qui était loin d'être mon portrait craché. J'aurais voulu m'asseoir. Mes jambes coupées semblaient vouloir flancher sous mon poids.

Ce fus son ricanement qui me força à me retourner. Moi qui n'avais pas voulu affronter son visage en fus encore plus troublée. Ses excuses parvinrent à mes oreilles comme des abominations. Comment osait-il me demander pardon ? Comment osait-il ? Alors que j'étais la seule fautive. Il n'avait rien fait de mal. J'étais celle qui faisait tout aller de travers. Cette fois, ce fut lui qui fit volte-face et interrompit sa dernière phrase dans un murmure. Ne plus voir ses traits me dérangea d'autant plus.

_Je ne pense pas que se sont des histoires, répondis-je. Je ne pense pas non plus que vous soyez un imbécile, Fillan Forbes.

Mon propre aplomb me remua. Depuis quand ma voix était-elle si ferme ? Depuis quand les bégaiements avaient-ils disparus ? Mais à peine venais-je d'y repenser que ma gorge se serrait déjà.

_Je pense que... Je pense que vous êtes l'homme le plus aimable, le plus compréhensif et le plus extraordinaire que j'ai jamais rencontré.

Je fus heureuse de ne pas avoir à croiser ses yeux alors que je soufflais cela. Cependant, munie d'un courage nouveau, je me plaçais face à lui pour affronter le visage de celui que j'appellerais bientôt mon époux. D'un main chaste et légère, je posais ma paume frissonnante sur sa joue, le temps d'une demie-seconde, avant de la laisser tomber sur sa main droite.

_Je ne pense pas non plus que cela soit à vous de vous faire pardonner... Je... suis la seule à blâmer. Je me suis montrée... indélicate. Je suis tellement... Terriblement désolée. Veuillez, je vous en prie, acceptez mes plus plates excuses.

J'inclinais la tête, mordant férocement l'intérieur de ma joue pour me punir.

_Si mon pardon est accordé... commençais-je d'une voix mal assurée, peut-être pourriez-vous finir votre précédente phrase ?

Fillan avait dit au suivant que nous trouverions notre chemin seul. A présent, je craignais qu'il ne pense que l'on ne se soit perdus. Mais cela importait peu.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Mar 3 Sep - 11:29

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Fillan Forbes tu es un horrible égoïste. De quel droit demandes-tu à être aimé ? L’amour ne se demande pas, il se donne et se reçoit. Et toi garçon fillette, tu demandes à une femme de t’aimer ? Pas n’importe quelle femme. La ravissante Blair Kincaid. Tu crois avoir trouvé en elle ton âme sœur ? Qui pourrait être l’âme sœur d’un garçon fillette ? Non, gardes tes rêves enfantins pour toi. Tu possèdes déjà ce que tu ne devrais pas posséder, ce que tu ne mérites pas.

Et pourtant. Pourtant Blair affirma qu’il n’était pas un imbécile. Il était au contraire « l’homme le plus aimable, le plus compréhensif et le plus extraordinaire ». Ces paroles ne pouvaient être que sincères dans la bouche de Blair. Jamais elle ne pourrait mentir de la sorte. Fillan se sentit rassuré. Au moins elle ne le détestait pas, ne le méprisait pas. Il ne la laissait pas indifférente. Elle lui fit face et posa sa paume sur sa joue. Par tous les saints il ne pouvait imaginer plus doux contact. Son cœur cessa de battre jusqu’à ce que la main de Blair se pose sur la sienne. Et elle s’excusait. Parbleu elle s’excusait ? C’était à ne plus rien comprendre. Peut-être tout simplement n’y avait-il pas de fautif dans cette affaire ?

« Nous sommes jeunes et inexpérimentés. Je crois que nos erreurs de ce soir sont pardonnables. »

Que connaissaient-ils des règle de l’amour après tout ? Avait-il déjà courtisé une femme auparavant ? Il savait faire des compliments car ils étaient toujours sincères, mais plaire à une dame était un art plus subtil sans doute. Et elle, si timide, avait-elle été courtisée par un jeune homme avant ? Ils n’étaient que des débutants, lui plein de bons sentiments et de fougue, elle pleine de candeur et de réserve. Il prit sa main dans les siennes et la posa contre son cœur. Courage Fillan, tu peux le faire.

« Blair vous êtes ma promise et dans peu de temps vous serez ma femme. Je porte en haute estime le mariage et je pense que les époux se doivent une confiance et un respect mutuels. Je veux que vous sachiez dès aujourd’hui que vous pouvez être honnête envers moi. Et j’espère pouvoir l’être envers vous. »

Il souriait, tout soulagé et heureux de lui parler librement.

« Croyez vous aux âmes sœurs ? »

Le reste semblait si lointain. La fête qui les attendait, les convives qui devaient s’impatienter, le valet qui s’était enfuit en courant et qui était surement en train de tout raconter à Fergus Forbes. Rien de cela ne comptait. Il était avec elle, avec Blair, celle qui faisait battre son cœur. Celle qui lui donnait envie de vivre toute une vie à ses côtés. Toute une vie et même au-delà.


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Jeu 12 Sep - 20:06

Ma main glacée recouvrait une chaleur que je pensais à jamais perdue au contact de la paume chaude de Fillan. D’ailleurs, avais-je déjà ressenti pareille sensation ? Je ne pensais pas. Et je n’aurais jamais cru que mon coeur chancelant puisse battre de la sorte. Bien sûr, il avait battu la chamade à de nombreuses reprises. Lorsque je m’étais retrouvée debout face à un horde d’invités ou encore lorsque Fergus Forbes avait annoncé nos fiançailles, à Fillan et moi. Cependant, tout cela n’avait rien à voir avec les frissons qui ébranlaient maintenant mes os, ma chair et la moindre petite parcelle de ma peau. Je ne savais dire si cela était agréable ou non. C’était juste étrange. Très étrange. Mon estomac ne cessait de se contorsionner lorsque mes prunelles sombres croisaient celles, si lumineuses, de mon futur époux. Je devrais surement en parler à quelqu’un. Peut-être étais-je malade ? Un de ces maux inconnus qui vous rendent toute chose sans que vous sachiez en expliquer la raison ? C’était peu probable, j’avais toujours eu une solide santé, malgré mon corps qui pouvait sembler malingre et ma voix fébrile. Mais cela n’était pas impossible.

Fillan avait raison. N’étions-nous pas tous les deux un peu maladroit ? Pour ma part, j’avais mis les pieds dans le plat de façon magistrale. J’avais toujours été un cas désespéré pour les relations sociales. Mes frères se plaisaient souvent à me le répéter. Ils n’avaient pas tord, d’ailleurs. J’étais probablement la plus grosse des incapables, lorsqu’il s’agissait de mes faire des amis. Le simple fait d’entretenir une discussion avec un inconnu était un véritable calvaire pour ma petite personne. Alors, je ne m’imaginais aucunement faire des étincelles en ce moment précis. Dès le moment où Père m’avait annoncée que nous nous rendions chez les Forbes, je savais que je finirais bien, à un moment ou à un autre, par faire une bêtise. Après tout, il était tout bonnement impossible que tout se passe comme sur des roulettes. Surtout avec moi comme protagoniste.

En un sens, même si ce n’était pas très noble de ma part, j’étais également rassurée par l’inexpérience de Fillan (qui était tout de même loin d’avoisiner la mienne). Nous n’étions que deux enfants, après tout. Deux enfants qui voulaient jouer au grands.

Il enveloppa mes doigts entre les siens et amena avec lenteur ma main contre sa poitrine, à l’endroit exact ou était son coeur. Je sentis mes joues s’embraser à ce contact. Etait-il raisonnable de toucher un homme à cet endroit ? Je ne pus cependant pas esquisser le moindre geste de recul surpris. Fillan me tenait fermement. Hé puis, après tout, voulais-je vraiment retirer ma paume des siennes ? Les traits de son visage, fermés et concentrés, laissait présager à un nouveau flot de paroles. Je craignais soudainement qu’il ne me pardonne pas. Qu’il me traite d’horrible femme sans coeur. Qu’il rompe les fiançailles. Qu’on me renvoie chez moi, honteuse, déshonorer et triste comme les pierres éparpillées dans les landes venteuses. Il aurait bien raison. Comment pourrais-je lui donner tord ? J’avais été ridicule. Exécrable. J’éprouvais alors un terrible malaise. Je ne m’imaginais soudain plus capable de partager ma courte existence avec quelqu’un d’autre que lui. Quel autre mari aurait pu être comme Fillan ? Non. Quel autre mari aurait pu être Fillan ? Personne. J’aurais voulu le supplier de se taire. Que je m’en irais sur le champs, s’il le souhaitait. Je ne voulais pas qu’il parle. Je ne voulais pas qu’il me renvoie. Je ne voulais pas qu’il me dise qu’il ne voulait plus jamais me revoir. Je savais pertinemment que je ne le méritais pas. D’ailleurs, qui aurait mérité une femme telle que moi ? Surement le plus laid, le plus ingrat et le plus rustre des hommes. Et encore, celui-ci se trouverait bien malheureux de me voir tous les jours. Je mordillais mes lèvres avec acharnement pour oublier la boule qui enflait dans ma gorge et mes jambes devenues aussi molles que du coton.

Mais ce qui vint fut autrement plus agréable. Par tous les diables, il ne m’en voulait pas ? J’aurais voulu exploser en sanglot. Non pas de tristesse. Mais de soulagement. Un grand poids s’envola de mes épaules et je retrouvais une respiration normale. Il sembla en être de même pour Fillan dont le visage retrouvait une expression sereine.

_Vous... Vous me pardonnez mes offenses à votre égard ?

Ma voix était si faible que, moi-même, je croyais avoir rêvé les mots qui sortaient de ma bouche. J’étais si heureuse de l’entendre m’appeler sa femme pour la première fois que je m’en sentais toute retournée. Encore ces drôles de sensations. Vraiment, il faudrait que cela cesse. Ou on me prendrait pour une simplette. Ou une éberluée.

_Je ne peux qu’approuver vos paroles, mon seigneur, souris-je. Celles-ci ont beaucoup d’importance pour moi. J’ai toujours pensé que le mensonge était la plus terrible des choses. Je puis vous assurer que jamais, jamais, vous n’aurez à craindre la fausseté de mes mots.

C’était en général ce que disait tout le monde. Même les menteurs. Mais enfin, on ne pouvait imaginer un homme se vantant de mentir comme il respirait. Cela n’aurait plus de sens. J’espérais réellement que Fillan comprendrait que je n’étais pas ce genre de personne. J’avais beaucoup, énormément de défauts, mais je pouvais dire que le mensonge n’en faisait pas parti.

Sa dernière question me désarçonna un peu. Alors que je commençais à reprendre confiance et que mes jambes se faisaient plus stables, il dévastait à nouveau le champs de bataille. Croyais-je aux âmes soeurs ? Ma vieille nourrice m’avait contée plusieurs légendes à ce sujet. Des coeurs nés ensembles, séparés dès la naissance avant de finir par se retrouver. Un homme et une femme dont l’essence était la même, leurs âmes cousues ensembles. De longues et interminables histoires d’amour auxquelles je ne croyais aucunement. En général, je n’appréciais pas ce genre de contes. Enfin, je les avais appréciés étant petite fille. En grandissant, j’en étais arrivée à ne plus supporter le héros masculin, souvent atrocement loin de la réalité. Je n’avais jamais cherché à voir plus loin.

_A vrai dire, je n’y ai jamais vraiment réfléchi, mais... soufflais-je.

Je restais un instant muette, à chercher les bons mots.

_Je suppose que oui. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais je pense que oui, répétais-je. Et vous ?

Le temps resta suspendu quelques minutes. J’osais regarder Fillan, sondant ses yeux, dans l’espoir d’y voir une quelconque satisfaction quant à ma réponse. Peut-être allait-il me trouver stupide à croire en de telles choses. Mais après tout, pourquoi pas ?

_Ne devrions-nous pas nous rendre au buffet ? Je crains qu’on ne s’impatiente en nous attendant...

Et rien n’est plus mauvais qu’un homme affamé, n’est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Dim 15 Sep - 13:32

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Ho elle était si froide. Sa main frêle semblait faîte de neige. Si jeune, si belle mais si froide. Elle frissonna et il se retint de la prendre dans ses bras. C’était trop tôt, il ne pouvait se permettre d’être si familier avec elle. Ils ne se connaissaient pas encore. Pas au point de pouvoir la prendre dans ses bras. Blair était timide et mal à l’aise avec les hommes. Il le savait. Et il tenait trop à elle pour la brusquer. Il devait se montrer patient, la laisser prendre confiance et ne pas se montrer égoïste. Il ne pouvait supporter l’idée qu’elle lui soit hostile. Aussi sa question le fit sourire.

« Je ne pourrais supporter l’idée de vous en vouloir. Et il serait honteux de ma part de vous reprocher votre honnêteté. »

Il écouta attentivement la promesse de la jeune fille. Il voulait retenir chaque mot. Non pas dans le but de lui reprocher ses paroles mais parce qu’ils les réciterait intérieurement pour se rassurer. Jamais elle ne serait fausse à son égard, il devait se le rappeler à chaque instant de doute.

« Vos paroles me vont droit au cœur ma dame. Et mon cœur est une petite chose si fragile. »

Il lui suffisait de la voir, d’être auprès d’elle et de lui parler pour que son jeune cœur s’emballe. Lorsqu’il croisait son regard il se sentait habité par un souffle nouveau, plus fort, plus frais, plus puissant. Rien ne lui semblait impossible. Ses rêves les plus fous paraissait moins fantasques. Il y avait de la magie dans l’air quand elle était près de lui. Comme s’il n’était qu’une âme vieille attendant la venue d’un nouvel espoir. Alors il reprenait vie, il était jeune à nouveau et désireux de parcourir le vieux monde avec elle. Fillan se sentait revivre lorsqu’il était avec Blair. Exactement comme ces contes où deux âmes étaient façonnées ensemble, amoureuses l’une de l’autre. Mais elles étaient séparées et cherchaient à se retrouver. Dans l’imagination fertile du garçon fillette, ces histoires étaient les plus belles. Et il espérait dans son cœur frémissant qu’elles étaient réelles. Et qu’un jour il trouverait son âme sœur.

« Lorsque je suis avec vous, il me semble vous connaître. Comme si je retrouvais une personne depuis longtemps disparue. Je me dis alors que les anciens avaient peut-être raison quand ils parlaient de se souvenir de sa vie dans l’Ancien Monde. Peut-être vous ai-je déjà connu dans mon Ancienne Vie et c’est pourquoi vous me semblez si proche. »

Il n’aurait jamais osé partager cette pensée si elle n’avait pas affirmé croire elle aussi aux âmes sœurs. Si elle n’avait pas plonger son regard dans le sien, il n’aurait pas dévoiler ses rêves.

« Le buffet oui ! Ho je suppose que les invités ne nous ont pas attendu pour commencer à boire mais ne les faisons pas attendre davantage. Ils doivent être affamés et des guerriers affamés…»

Il sourit d’un air entendu. Elle était la dame d’un clan, elle connaissait tout comme lui, la vie des guerriers. Des guerriers qui rugirent en les voyant arriver. Des rugissement de joie mais terriblement violents aux oreilles. Fillan tenait la main de sa douce promise, refusant de la laisser seule affronter l’allégresse générale. Il souriait tout en marchant vers la grande table. Il aida la jeune fille à prendre place à ses côtés. Fergus Forbes lui lança un regard rempli d’interrogation mais la fête était trop belle pour que le jeune homme perde son enthousiasme. L’amour lui donnait des ailes, l’amour lui redonnait sa voix. Il avait envie de chanter à nouveau et surtout de chanter pour elle. Il fit un signe à un serviteur et lui chuchota quelques mots à l’oreille. Ce dernier s’éclipsa et réapparu tout aussi rapidement. Il tendit une harpe au jeune chevalier. Debout au milieu de la foule en liesse, il déclara d’une voix forte et assurée.  

« Aujourd’hui est une jour de fête. Le seigneur mon père et le seigneur Kincaid me font le plus beau et le plus précieux des présents. Je suis l’homme le plus heureux de la terre en ce jour. Je dédie cette chanson à notre invitée d’honneur, lady Blair Kincaid, ma promise et votre prochaine dame. »

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Ven 27 Sep - 22:03

Je me trouvais horriblement, honteusement stupide. J’avais l’impression d’être une parfaite potiche. Une cruche de premier ordre. J’étais de nouveau une enfant de cinq ans, trop naïve et insouciante pour comprendre le monde des adultes. Je ne pouvais compter le nombre de fois où mes frères avaient rit à gorge déployée de ma petite personne et de mes pensées trop candides. Je scrutais le visage de Fillan intensément, cherchant à y déceler le moindre début de sourire moqueur. A tout moment, je m’attendais à ce qu’il s’esclaffe. J’avais conscience que j’avais répondu trop rapidement. Peut-être même mes paroles étaient immatures. Il aurait tous les droits de me trouver bête. Mais j’étais une horrible menteuse et, de toute façon, je ne pouvais être qu’honnête, envers lui. Tant pis si je me tournais en ridicule.

_Je doute que votre coeur soit une petite chose fragile, mon seigneur. Pour moi, vous êtes autrement plus brave que tous ceux qui se précipitent en première ligne sur le champs de bataille.

J’omis volontairement le fait que je les prenais plus pour des imbéciles que pour des héros, mais j’étais franche en ce qui concernait mon opinion sur le jeune homme. Il était vrai que je ne le connaissais encore que très peu et je n’aimais pas m’avancer sur le terrain glissant de la psychologie masculine, mais l’intelligence et la douceur dans ses yeux semblaient guider ma route et délier ma langue, moi qui d’ordinaire m’enfermais dans le mutisme. Pour moi, il avait vraiment l’étoffe d’un grand chef de clan. Attentif et sensible et non pas simplement guidé par la soif de sang et l’ardeur des combats.

Inquiète, j’attendais tout de même sa réponse à ma propre question. Je ne voulais pas qu’il me prenne pour une petite ingénue tout juste tombée de son nid. Ce n’était pas ce que j’étais. Et ce n’était pas l’image que je voulais dégager. Surtout pas avec lui. Devant sa réponse, je restais muette de stupeur. Mon coeur en travers de la gorge, je restais à l’observer avec de grands yeux ronds. Je n’avais pas su mettre les mots sur ce que je ressentais, en ce moment. J’avais cet étrange sentiment qui papillonnait follement au creux de mon estomac et qui me faisait frissonner par moment, sans que je sache pourquoi ni comment. Pourtant, Fillan réussit avec une habilité déconcertante à trouver exactement les bons termes pour décrire ce qu’il et ce que je ressentais. L’Autre Monde... Peut-être que toutes ces histoires n’étaient pas des sornettes, après tout. Peut-être que ma vieille nourrice avait dit vrai. Peut-être que j’étais dans l’erreur, avant. J’espérais que je n’y étais plus, maintenant. Emue, je resserrais ma paume autour de la sienne, à la fois fébrile et fiévreuse. J’avais émis l’hypothèse que nous devions nous rendre au buffet, dans un élan de panique et désireuse de changer de sujet, il y avait à peine quelques minutes. Mais j’avais tout oublié de cela. J’aurais voulu restée debout, ici, dans se couloir glacée, avec Fillan. J’aurais voulu lui parler. Lui dire des choses que je ne saurais expliquer.

J’ouvris la bouche, mais la refermais bien vite lorsqu’il adhéra à ma proposition précédente. On devait nous attendre, en bas. A contre-coeur, je le suivis à travers le dédale de la maisonnée Forbes. Mon angoisse mua une nouvelle fois. Ma nature inquiète ne me laisserait-elle jamais tranquille ? Surement pas quand la perspective de vous retrouver face à d’illustres inconnus se profilait à l’horizon. Mes doigts agrippèrent ceux de Fillan avec fermeté.

Lorsque nous pénétrâmes dans la salle de réceptions, un brouhaha cacophonique fit écho à travers toute la salle. On applaudit bruyamment, tapait des pieds et mugissait pour hurler son approbation. Je me sentais minuscule, à côté de cette assemblé trépignant d’impatience. Je sentis toute couleur s’enfuir de mes joues. Je cherchais ma famille. Heureusement, je les repérais bien vite, assis à la table d’honneur pour mon père et proche de celle-ci pour mes trois frères, côte à côte. Ils s’exclamaient aussi, le sourire aux lèvres. Abasourdie et, je devais bien l’admettre, un peu émerveillée par toute cette agitation, je laissais Fillan m’amener jusqu’à nos places respectives. Je restais quelques secondes à embrasser le regroupement du regard. Je ne m’étais occupée que de moi-même et de mes propres petits sentiments, sans penser à ce que les hommes des Forbes pouvaient penser de moi. Comment me percevaient-ils ? J’allais être leur dame, après tout. Cette pensée m’envoya une nouvelle décharge d’adrénaline à travers les veines. Oh... et s’ils me détestaient ? Me voyaient-ils comme une femme incapable de faire prospérer leur clan ? Comme un mauvais ajout au tableau ? Ils semblaient relativement heureux, à en juger au bruit qu’ils faisaient... Mais peut-être étaient-ils simplement content de pouvoir assister à une réception pour profiter de la nourriture et de l’alcool.

La voix tonitruante de Fillan me fit sursauter. Il ne m’avait jamais paru plus sûr de lui qu’à cet instant précis. Ses hommes s’étaient tus, attentifs à ses paroles. Les couleurs qui avaient quitté mes joues revinrent en flots vigoureux. Je remarquais la harpe, coincée sous son coude alors qu’il déclamait. Où diable l’avait-il prise ? Je n’avais rien remarqué.

Il ouvrit la bouche, mais ce n’était plus pour parler, cette fois. Il se mit à chanter. Pas un de ces chants paillards et rauques que les guerriers chantaient au fond d’une taverne obscure et imbibés d’alcool, non. C’était une mélodie légère, si belle, si harmonieuse, que j’en eu des frissons. Soufflée par la beauté de sa voix, je ne pus rester qu’immobile, n’y croyant pas mes oreilles. Une nouvelle fois, les mystérieux papillons revinrent à la charge tandis que ma gorge se serrait à nouveau. Tout était si parfait. Je ne pouvais m’y résoudre. Chantait-il réellement pour moi ? Blair Kincaid ? Le texte, les paroles étaient si délicates que je ne pus retenir quelques furtives larmes de s’accumuler dans le coin de mes yeux.

A cet instant précis et pour la première fois de ma vie, je me sentis réellement aimée et chérie pour ce que j’étais.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Jeu 10 Oct - 18:19

Bonded as soul mates
Blair and Fillan


Quel dommage que le temps ne puisse rester suspendu. Fillan aurait tant aimé rester dans ce couloir, les mains de Blair dans les siennes, parlant des âmes sœurs et de l’Autre Monde.

« Ne sous-estimez pas le pouvoir que vous avez sur moi, Blair. Vous pouvez me détruire si l’envie vous en prenez. Ou faire de moi le plus heureux des hommes. »

Quel mystère que l’amour. Comment pouvait-il être aussi fou de cette femme qu’il n’avait vu que deux fois. Le simple fait de penser à elle le transportait de joie. Il avait envie de crier au monde entier son bonheur de l’épouser. Mais il préférait le chanter. Et il aurait souhaité pouvoir chanter le reste de ses jours, chanter pour sa belle et la voir rougir avec ravissement. Le Seigneur exauça peut-être sa prière car le temps lui parut suspendu tandis qu’il la regardait avec tout l’amour qu’il éprouvait. Elle avait les larmes aux yeux et il lui souriait plus rayonnant que jamais. Puis les bruyants applaudissements l’arrachèrent à sa contemplation.

« Je pourrais chanter le restant de ma vie pour ma dame. Quel homme chanceux je suis, j’ai trouvé ma muse éternelle. Mais nous autre humains sommes incapables de vivre uniquement d’amour et d’eau fraîche. Aussi je préfère laisser nos invités se régaler de nourriture moins spirituelle. »

Cette nouvelle fut accueillie avec des cris de joie. Les domestiques entrèrent alors dans la grande salle et distribuèrent les plats. Fillan regagna sa place aux côtés de son père et de Blair.

« J’espère ne pas vous avoir ennuyé ma dame. Je connais votre inclination pour la discrétion et je la respecte. Mais nous ne rencontrons notre âme sœur qu’une seule fois dans une vie. » dit-il à voix basse, pour être entendu d’elle seule.

Blair était d’une beauté surprenante. Il lui semblait qu’à chaque nouveau regard elle devenait plus ravissante. Plus les heures passaient et plus elle était belle. Depuis son jeune âge Fillan était doué avec les mots. Ils venaient avec aisance sur ses lèvres pour exprimer avec précision et poésie ses pensées. Et pourtant en cet instant il ne trouvait pas les mots. Il restait sans voix devant la grâce de la jeune fille. Alors il laissa les actes parler pour lui. Il prit lui-même le soin de la servir en nourriture et en boisson. Attentif aux moindres de ses désirs, il agissait rapidement. Mais il attendait surtout avec impatience l’occasion de danser avec sa fiancée. Le repas toucha à sa fin. Quelques mots glissés à l’oreille d’un domestique et les musiciens entamèrent une douce mélodie, loin des chansons paillardes qui rebutaient la douce jeune fille.

« Ma dame.» murmura-t-il. « Désirez vous danser ? Vous me combleriez de bonheur si vous m’acceptiez comme partenaire.»


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Jeu 24 Oct - 19:57


   
   
   

Alors que je voguais entre deux eaux, à la fois transportée de joie et mystérieusement envoutée par la voix de Fillan, je fus brusquement ramenée à la réalité lorsque le chant mourut sur les lèvres de mon futur époux, dans un souffle presque inaudible, et que l’assemblée se mit à applaudir. Le bruit était si gênant, si disgracieux à mes oreilles après avoir écouté pareille merveille, pareille beauté dont s’enveloppaient les notes sorties de la bouche de jeune héritier Forbes. La magie fut brisée en un instant, miroir éclatant en morceaux sous mes yeux encore ébahis. Rapidement, je chassais les larmes traitresses qui menaçaient des strier mes joues rosies. Je rabrouais les frémissements qui remontaient lentement, mais vicieusement le long de mon échine, jusqu’à dresser les minuscules cheveux sombres sur ma nuque. Je me redonnais une contenance en me redressant sur mon siège et en me joignant aux applaudissements de la foule. Je ne pus réfréner le tremblement de mes mains. Fébrile, les émotions se bousculaient dans ma tête, dans mon coeur et dans mon corps. Je pinçais mes lèvres pour retenir le hoquet entremêlé de ridicules sanglots sentimentaux qui ébranla ma gorge.

Quand ses yeux se posèrent sur moi, je m’immobilisais dans mon geste, les mains jointes, en proie au plus terrible tiraillement, se renforçant au creux de mon estomac. Sa déclaration fut accueillie avec joie par ses gens et m'embarrassa pour ma part. Déjà, je me sentais m’empourprer. Je devais ressembler à une grosse framboise. Une bouffée de chaleur m’envahit et mon rythme cardiaque s’accéléra.

Un instant de répit me fut accordé lorsque les domestiques firent une entrée en fanfare, acclamée par les plus affamés de la salle, emportant avec eux une odeur de volaille grillée. Je fronçais le nez, mais me rendis compte que j’étais morte de faim, moi aussi. Fillan descendit de son piédestal et rejoignit notre table.

_Vous ne m’avez pas du tout ennuyée, chuchotais-je sur le même ton que lui. C’était... fabuleux. Vraiment fabuleux.

Ma voix frémissait plus que d’ordinaire et j’espérais qu’il comprenne que c’était l’émotion qui me rendait toute chose. Heureusement, il cessa de me troubler par ses mots et s’adonna exclusivement à satisfaire mes désirs. Je tentais bien de ne pas le déranger, mais il semblait savoir -avant même que je le sache- de quoi j’aurais besoin. Je mangeais à ma faim sous le regard brulant de Fillan que je n’osais croiser.

Lorsque le repas se termina, je vis mon futur époux adresser quelques paroles discrètes aux musiciens qui entamèrent une douce mélodie qui me fit sourire. Je préférais de loin ces airs tranquilles aux chants de tavernes. Certains penseront surement que j’étais une jeune femme timorée et fébrile. Ils n’avaient peut-être pas tord. Mais j’étais celle que j’étais et même si je voulais améliorer mes travers, il y avait des choses qui ne changeraient jamais. Une main passa dans mon champs de vision. Je sursautais. Fillan m’invitait à danser. Je fronçais les sourcils et mordillais ma lèvre inférieure en songeant aux quelques pas de danse que je connaissais.

_Bien sûr, finis-je par lui répondre dans un timide sourire. Avec joie. Cependant, je dois vous prévenir... Cela fait quelques années que mes pieds ne se sont pas entraînés à ce genre d’exercice.

Doucement, je glissais ma main dans la sienne et le laissais m’attirer au centre de la grande salle. Nous attendîmes le bon moment pour nous lancer au rythme de la musique et commençâmes à osciller, lentement. Malgré le bruit, malgré les cris, malgré les quelques paires d’yeux braqués sur nous, je tentais de rester sereine. Sentir Fillan si proche, sentir sa chaleur m’irradier, à travers ses bras serrés autour de moi me fit sourire comme une petite idiote. J’oubliais de me concentrer sur mes jambes qui semblaient muées d’un instinct propre, m’empêchant d’écraser les pieds de mon partenaire. Dans un élan audacieux, je laissais même ma tête reposer contre son torse si large et fermer les yeux pour profiter de cet instant. De cet instant que je n’avais jamais connu auparavant. Tout était si... Je ne trouvais aucun mot pour qualifier cela. J’avais l’impression d’avoir quitté la demeure des Forbes. J’avais l’impression que plus personne n’était autour de nous. Il n’y avait que Fillan. Fillan et l’incroyable lumière qu’il dégageait. Je m’enveloppais dans sa chaleur. Moi, Lune trop pâle, reprenait vie et couleurs après du Soleil qu’il était. Relevant les yeux vers lui, je m’autorisais à croiser son regard brun.

Muette, je n’osais prononcer le moindre mot, la moindre syllabe, de peur que le moment, que l’illusion ne se brise comme celui d’avant. J’aurais aimé que les choses durent ainsi pour toujours.
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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Lun 28 Oct - 16:15

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Blair possédait réellement une emprise sur le jeune Fillan. Le moindre de ses gestes, de ses mots provoquait la joie ou la détresse. Mais d’où pouvait-elle bien tenir ce pouvoir ? Les fées se seraient-elles penchées au dessus de son berceau pour lui offrir ce don ? Elle avait apprécié sa chanson. Allant même jusqu’à la qualifier de fabuleuse. Il n’en fallu pas davantage pour gonfler son cœur de joie. Il se sentait léger, flottant sur un petit nuage, capable d’affronter les pires dangers pour l’entendre encore une fois le complimenter.

Encore une fois il pria pour que le temps demeure à jamais suspendu. Il se serait parfaitement contenté de ces instants où il s’occupait de nourrire Blair. Anticiper le moindre de ses désirs et l’observer à la dérobée, la voir sourire timidement sans oser le regarder. Oui il pourrait tout à fait vivre ainsi le reste de ses jours. Juste être auprès d’elle. Mais le temps, irrémédiablement, continuait sa course. Il ne s’arrêterait pour rien au monde. Même pour le bonheur de deux amants. Alors il fallait profiter de tous ces instants de bonheur. Ils étaient un don précieux qu’il fallait apprécier, vivre et chérir. Blair sourit timidement et accepta son invitation à danser. Fillan lui accorda un sourire amusé en entendant sa remarque. Ainsi elle n’avait pas dansé depuis plusieurs années. Depuis combien de temps n’avait-il pas dansé ? Peut-être était-ce le même jour ? Ce fameux jour où ils s’étaient rencontrés la première fois. Le château des Forbes était encore plein de joie, illuminé par la présence de son frère aîné. Oui sa dernière danse devait remonter à ce jour.

« Rassurez vous ma dame, nous sommes tous deux dans le même cas. Mes pieds ont davantage pratiqué la course que la danse depuis ces dernières années. Je suis heureux de reprendre cet exercice avec vous. »

En ce jour de fête, ils apportaient à nouveau la lumière dans ce château trop longtemps assombri par le deuil. Les vieilles pierres pouvaient de nouveau entendre les rires, les cris de joie et la musique s’élever dans les airs. Fillan esquissa un sourire avant de lui prendre la taille. Passer son bras autour de sa belle lui procura un frisson de long de son échine. Il ignorait d’où lui venait ce calme olympien alors qu’elle posa sa tête contre son torse. Son esprit était troublé mais son corps demeurait passible. Ils dansèrent comme s’ils étaient les seuls êtres dans la grande salle. Plus aucun regard, aucun rire, aucune voix ne vinrent les troubler. Ils étaient dans cet Autre Monde dont parlaient les anciens. Le Seigneur dans son infinie bonté les avait réunis. Deux âmes façonnées ensemble et destinées à se retrouver sur terre. Ce n’était pas un conte pour bercer les rêves des enfants. Il s’agissait de la pure vérité, Fillan le sentait au plus profond de son être. Rien ne semblait plus réel. Rien ne semblait plus vrai que le regard de Blair plongé dans le sien. Seigneur qu’elle était belle. Plus belle qu’aucune autre car il l’aimait de tout son cœur. S’il avait possédé des ailes, il se serait envoler avec elle au plus haut des cieux. Il ne prononça pas un mot. Mais ses yeux parlaient pour lui. Ils exprimaient tout l’amour qu’il ressentait pour elle. Et il ne doutait pas qu’elle le comprenne. Un regard comme celui là ne laissait aucun doute.

Et tous ceux qui assistèrent à leur danse le comprirent également. Certains convives les avaient rejoints et peu à peu leurs voix brisèrent l’enchantement. Mais Fillan maintenait son bras autour de Blair. Ils continuèrent de danser, volontairement insensibles aux autres danseurs. Fillan entendit la voix forte de son père. Il ne saisit que quelques mots ou plutôt des prénoms. Fergus et Finn. Même le jour de ses fiançailles il fallait que son père parle de ses frères. Le jeune homme reporta son attention sur sa fiancée.

« Vos joues sont rouges ma dame.  Désirez-vous sortir un instant pour reprendre votre souffle ?»


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MessageSujet: Re: Fillan & Blair ♣ Bonded as soul mates   Ven 22 Nov - 21:57



   
   
   

Il y avait quelque chose chez Fillan de vraiment extraordinaire. Bien évidement, je ne saurais expliquer quoi. Peut-être était-ce la douceur de son sourire ? L’angle parfaitement dessiné de ses mâchoires ? La précaution avec laquelle ses mains m’effleuraient ? Tout son être semblait m’appeler, me chérir pour ce que j’étais. Le plus déstabilisant était probablement l’éclat fauve de ses prunelles. En les fixant, j’avais l’impression de plonger de deux lacs d’or et de m’y noyer sans chercher à échapper à mon sort. Alors que la musique résonnait dans la salle, je n’arrivais plus qu’à entendre les battements erratiques de mon coeur, tambourinant dans ma poitrine frémissante. Surprise par ma propre audace, j’arrachais mon regard au sien et prit enfin conscience de la réalité. Cette redescente abrupte sur la terre ferme me fit vaciller et je manquais de lui écraser les pieds. Mes doigts dans les siens devinrent tremblants et je m’empourprais de voir tous les regards de la salle concentrés sur nous. Un furtif coup d’oeil à ma famille m’indiqua qu’ils ne manquaient rien du spectacle. Sans savoir pourquoi, j’en fus mortifié. J’avais l’impression d’être observée, épiée par un tas d’inconnus dans un moment qui relevait de l’intimité et du personnel. Comment avais-je pu me laisser aller ainsi ? J’étais une fille de bonne famille, élevée comme il le fallait. Et les démonstrations publiques d’affection n’étaient pas quelque chose à faire. Pas ici. Pas maintenant. Je baissais la tête, fixant honteusement mes pieds qui me parurent soudain daigne d’un intérêt tout particulier.

Je me relaxais un peu lorsque je constatais que d’autres couples venaient partager le morceau sur la piste. Le charme était brisé depuis quelques minutes déjà, je devais me faire une raison. Et les nouveaux venus étaient là pour me le rappeler. A la fois dépitée et soulagée, je reportais mon attention sur Fillan.

_Oh, c’est prévenant de votre part... souris-je. Il me semble que la tête me tourne un peu. Je pense que vous avez raison et qu’un grand bol d’air frais me fera le plus grand bien.

Je ne mentais pas. Bien sûr, j’avais envie d’échapper à la foule et à cette pièce surchauffée, mais je me sentais également un peu faible. La journée n’avait pas été de tout repos, après tout. J’avais voyagé de chez moi jusqu’ici, rencontré mon futur époux et j’en passais... Les émotions se bousculaient au portillon et le souffle me manquait.

Avec toute la bonne grâce du monde, il me conduisit jusqu’aux portes du château, s’adaptant à mon rythme incroyablement lent, sans me brusquer. Lorsque l’air glacial, vivifiant caressa mes joues brulantes, je soupirais d’aise. J’avais vraiment besoin de la bise nocturne. La nuit était tombée depuis quelques heures maintenants et, malheureusement, les nuages gris masquaient le ciel étoilé. C’était ainsi, en Ecosse. Le dicton ne disait-il pas : quand vous voyez la colline, c’est qu’il ne pleut pas encore, quand vous ne la voyez plus, c’est qu’il pleut à verse ? Nous devions nous estimer heureux de pouvoir profiter de l’extérieur sans avoir à s’abriter pour échapper aux gouttes. Malgré la brume, la clarté fantomatique de la lune perçait le brouillard et illuminait les landes grisâtres de blanc. Les bruits de la fête, étouffés par les murs épais de la demeure des Forbes, furent vite remplacés par les bruissements de la vie nocturne. Après quelques pas en silence, je me sentis requinquée.

_Je me sens beaucoup mieux, articulais-je. Ce devait être la chaleur de la salle. Ou toutes ces... émotions. Mon pauvre coeur n’est pas habitué à tant de chamboulements.

L’ombre d’un sourire flotta un instant sur mes lèvres. Je n’osais toujours pas regarder Fillan.

_Je m’excuse pour tout à l’heure. Je n’aurais pas dû vous embarrasser devant tous vos hommes. Je me suis un peu laissée emportée.

Les mots étaient bien vite sorti de ma bouche, mais je tenais à le faire. La femme d’un seigneur ne se montrait pas si passionnée devant les vassaux de son mari. Cela relevait de l’impolitesse et de la rudesse. Je ne voulais pas faire mauvaise impression. Surtout pas maintenant. Je décidais de changer de sujet, trop gênée par celui-ci.

_Le paysage de chez vous est magnifique. Surtout de nuit. Vous savez, étant enfant, je me disais que les esprits se réunissaient les soirs de pleine lune pour faire la fête. Je restais des heures à ma fenêtre pour en apercevoir un.

Je m’esclaffais doucement à ce souvenir. Que j’étais sotte ! Malgré tout, je continuais de croire aux vieilles légendes. Comme une enfant ayant grandie trop vite. Je fus pourtant coupée lorsqu’une fine bruine s’abattit sur nous. Je masquais une grimace.

_Nous devrions aller nous abritons, mon seigneur, proposais-je.

Cependant, je n’avais pas envie de rentrer. Pas encore.

_Dans les écuries ? Je n’ai pas encore vu vos chevaux.

L’excuse était un peu pauvre, je devais bien l’admettre. J’espérais que le rougissement qui empourprait mes joues était masqué par l’obscurité ambiante. Mais j’aimais les chevaux, alors cela était une bonne occasion. L'air frais me fit frissonner. De plus, à force de rester au contact de l’air humide, mes cheveux risquaient de friser. Mes frères se moquaient toujours en me disant que je ressemblais à un mouton égaré. Je ne voulais pas que Fillan voit ça.
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